mai 2008 — ÉDITION IMPRIMÉE    
 
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Solutions d'affaires en matière de technologie

Les tribulations de l’intégrationMichael Burns

Par Michael Burns

L’intégration demeure le problème numéro 1 de bon nombre d’entreprises ayant besoin de plus d’un système interne. Il peut s’agir de sociétés dotées d’un système de facturation et d’un système CRM distincts, des systèmes financiers non connectés à leurs systèmes de production ou d’un système d'entrepôt non connecté à celui de traitement des commandes, etc. Des entreprises paient très cher pour faire intégrer leurs systèmes et maintenir cette intégration en cas de modification d’un de leurs systèmes. Beaucoup d’autres ressaisissent l’information pour leurs propres besoins, ce qui peut causer des erreurs et s’avère inefficient. L’intégration peut être difficile à réaliser pour un certain nombre de raisons :

  1. Les données peuvent être inaccessibles en raison de bases de données propriétaires.
  2. Il se peut que l'on ignore comment sont définies les données. On aura alors besoin d’un dictionnaire de données comprenant notamment le nom des champs et le type des données (alphabétique, numérique, etc.).
  3. Il se pourrait que les deux systèmes aient des structures de données différentes, d’où la nécessité d’effectuer une mise en correspondance pour pouvoir convertir les données.
  4. Il n’est pas recommandé de mettre à jour un système à partir d’un fichier externe, sans procéder à des contrôles de validation et d'intégrité, car le système risque de se trouver corrompu. Par exemple, il se pourrait que l’on importe un code de stock non défini dans le fichier des stocks.
  5. L’intégration peut être plus compliquée que l’ importation d’un fichier de détail, comme une facture. Elle pourrait aussi supposer une synchronisation de fichiers maîtres comme un fichier-clients entre deux systèmes.

Heureusement, les outils d’intégration disponibles se sont améliorés. Il est plus facile d’accéder aux données parce que la plupart des systèmes utilisent des bases de données dites «ouvertes», comme Microsoft SQL Server ou Oracle. Certaines bases de données sont compatibles avec l’interface ODBC (open database connectivity), soit une interface universelle de connexion aux bases de données.

Les deuxième et troisième problèmes de définition des données et de mise en correspondance sont comme une épine dans le pied de la technologie. Les services Web et XML (eXtensible Markup Language) font désormais figure de solution en la matière. Il s’agit de permettre à n’importe quel logiciel, écrit dans n’importe quel langage et tournant sur n’importe quel système d’exploitation, de se connecter à un autre logiciel et d’échanger des informations avec lui. XML est le langage qui rend les services Web possibles. Web et XML feront l’objet de notre article du mois prochain.

Le quatrième problème a trait à la validation et à l’intégrité des données de sources externes. Nombre de systèmes offrent actuellement une interface de programmation (API, selon l’acronyme anglais), permettant d’effectuer les mêmes contrôles de validation et d’intégrité que si les données étaient directement saisies dans le système. Le cinquième problème, la synchronisation, est traditionnellement résolu par une forme ou une autre de programmation, ce qui coûte cher et peut être risqué. Les programmeurs ont de nombreux outils à leur disposition pour faire ce travail d’intégration; il vaut mieux les leur laisser.

L’échange de données informatisé (EDI) s’est développé à la fin des années 1960 dans le but de surmonter les obstacles à l’intégration entre partenaires commerciaux. Bien qu’il soit devenu, pour les fournisseurs, le moyen le plus répandu de communiquer avec les grandes entreprises de détail, l’EDI est perçu comme une solution difficile et coûteuse à mettre en œuvre.

On doit se méfier de quiconque nous dit que l’intégration est facile, qui vante les mérites de bases de données ouvertes, d’interfaces universelles de connexion aux bases de données, d’interfaces de programmation ou de n’importe quelle autre technologie.


Michael Burns, M.B.A., CA, est président de 180 Systems (www.180systems.com), cabinet-conseil indépendant dont les services comprennent l’analyse des processus, la sélection de systèmes et la vérification informatique. On peut le joindre au 416-485-2200 ou à mburns@180systems.com.