Le télétravail bénéficie-t-il à l’entreprise?
Jusqu’à maintenant, les entreprises avaient très peu de critères pour évaluer les programmes de
travail à distance. Une étude récente réalisée par Runzheimer vise à combler cette lacune.
*Le présent texte est la version intégrale d’un article paru initialement dans le numéro de septembre
2006 de CAmagazine.
Le nombre de travailleurs à distance ne cesse d’augmenter d’année en année, mais seule la moitié des
entreprises environ s’est dotée d’une politique de gestion du télétravail, selon une étude de Runzheimer
International.
L’étude intitulée Total Employee Mobility Benchmarking Process est la première à établir une base de
comparaison pour les programmes de travail à distance, notamment le temps écoulé depuis la mise en place du
programme, la sécurité et la responsabilité, et les prévisions d’augmentations des dépenses. L’étude est
surtout axée sur de grandes entreprises américaines, dont beaucoup ont des activités au Canada.
«Les entreprises de premier plan du XXIe siècle se distingueront par la mise en œuvre de programmes
efficaces et bien intégrés qui favoriseront la mobilité des employés, notamment les programmes de
télétravail. Ces derniers confèrent un avantage stratégique indéniable : continuité des activités, capacité
accrue d’attirer et de conserver les meilleurs éléments, plus grande agilité organisationnelle. À l’ère de
l’économie du savoir, les entreprises doivent prévoir qu’un jour, plus de la moitié des effectifs seront
capables de maintenir leur productivité à l’extérieur de leur lieu de travail traditionnel. L’étude de
Runzheimer vise à fournir aux entreprises des points de repère pour les aider à mieux gérer leurs programmes
de télétravail ainsi que tous les aspects relatifs à la mobilité des employés», explique Heidi Skatrud,
vice-présidente de Runzheimer International.
Aux fins de l’étude, les travailleurs à distance sont définis comme ceux qui passent au moins 50 % de leur
temps de travail hors de leur bureau traditionnel, que ce soit à la maison, sur la route, chez des clients, à
l’hôtel ou en congrès.
L’étude révèle que plus du tiers des entreprises répondantes (36 %) prévoient une augmentation de leurs
dépenses relatives aux programmes de télétravail au cours de l’année, tandis que 30 % prévoient les maintenir
à leur niveau actuel et 30 % ne savent pas. Seulement 4 % des répondants envisagent une réduction de leurs
dépenses à ce chapitre.
Par ailleurs, 44 % des entreprises sondées comptent accroître le nombre de télétravailleurs au sein de
leur organisation, tandis que 30 % s’attendent à le maintenir à son niveau actuel et 22 % ne savent pas.
Seulement 4 % des répondants prévoient que le nombre de télétravailleurs diminuera.
Au vu de ces chiffres, il est étonnant de constater que 65 % des répondants ignorent si la productivité de
leurs télétravailleurs a augmenté ou non. Seulement 23 % estiment (ou ont des preuves chiffrées) que la
productivité moyenne des télétravailleurs est supérieure de 23 %.
Plus des deux tiers des répondants (77 %) gèrent leurs programmes de télétravail à l’interne. Les autres
(23 %) externalisent une ou plusieurs fonctions liées à leurs programmes de télétravail. Lorsqu’on leur
demande si elles prévoient externaliser leurs programmes de travail à distance, 79 % des entreprises
répondent qu’elles prévoient conserver cette fonction à l’interne, 17 % indiquent ne pas savoir et 4 %
comptent externaliser une partie ou la totalité des composantes de leurs programmes.
Pas moins de 72 % des répondants se disent préoccupés par la sécurité des actifs de l’entreprise situés à
l’extérieur de ses locaux. Or, une part encore plus importante des répondants (91 %) indique ne pas avoir de
programme d’inspection de l’environnement de travail des travailleurs à distance.
L’administration et la gestion du télétravail n’étant qu’à ses débuts dans la plupart des entreprises,
plus de la moitié des répondants (52 %) indiquent qu’elles ne relèvent d’aucun service en particulier.
La plupart des entreprises ont indiqué que les ordinateurs portables et les logiciels connexes, les
imprimantes, les numériseurs, les télécopieurs, les téléphones cellulaires, les cartes téléphoniques ainsi
que les fournitures de bureau étaient fournis (ou remboursés) aux télétravailleurs, et que les frais de poste
et de messagerie étaient aussi pris en charge. Par contre, moins de la moitié ont indiqué faire de même avec
les ordinateurs de bureau et les logiciels connexes, les assistants numériques ou téléavertisseurs, et les
frais liés aux télécommunications.
Runzheimer prévoit mener à nouveau l’étude Total Employee Mobility Benchmarking Process en 2007. Pour de
plus amples renseignements sur cette étude, consultez le site www.runzheimer.com/Web/COR/NewInitiatives.aspx.
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