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Entre l’ordi et le chevalet
Par Adriana
Ermter
Julie Mortreux n’est pas
de celles qui peignent par numéros. Non, en fait, avant même d’apprendre à lire, elle était déjà passionnée
par la couleur. «Comme la plupart des enfants, j’étais fascinée par les formes et je passais des heures à
colorier», dit-elle. Puis, à 11 ans, Julie a troqué ses Crayola pour le crayon à mine. «Ma famille a quitté
la France pour Miami, et j’ai commencé à dessiner. Il n’est pas facile pour une adolescente de déménager,
surtout vers un pays où la langue et la culture sont différentes. J’ai donc commencé à dessiner pour tenter
d’établir un équilibre dans ma vie», dit-elle. En 1986, la famille Mortreux a encore déménagé, à Montréal
cette fois, où elle s’est installée pour de bon. «J’aime cette ville. C’est un heureux mélange de culture
européenne et américaine — pour la culture, la nourriture, les arts», précise Julie. C’est donc à Montréal
qu’elle a cultivé sa sensibilité artistique.
Après le secondaire, Julie a suivi des cours au Centre des arts Saidye Bronfman. Puis, en 2000, elle a
obtenu un baccalauréat en administration des affaires aux HEC. En 2001, elle a fait une spécialisation en
comptabilité professionnelle et obtenu le titre de CA en 2003. Maintenant, tout en étudiant en vue d’obtenir
une licence de syndic dans le domaine de l’insolvabilité, Julie continue ses cours d’art. «Je suis vraiment
sensible. La peinture me permet d’exprimer toutes mes émotions, parce que, dans ma carrière de CA, je dois
mettre les émotions de côté», dit-elle.
Et ça se voit. Avec ses
huiles aux teintes lumineuses, rien d’étonnant à ce que les trois quarts de ses 30 œuvres se soient vendues
en quelques minutes lors de sa première exposition, tenue en mars dernier à Québec. «Je préfère peindre des
personnes; je ressens leurs émotions et les expose sur la toile», dit Julie, qui souhaite exposer l’an
prochain à Montréal. «Je travaille encore à ma collection. Il faut beaucoup de temps pour créer tous les
tableaux» mais, heureusement, il est plus rapide d’en déterminer la valeur. «Ma formation de CA m’aide à
percevoir la valeur des choses, dit-elle. C’est ainsi que j’ai compris ce que valaient mes œuvres. J’ai
acquis une solide expérience en affaires, ce qui manque à la plupart des artistes. Je connais mes
chiffres!».
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