juin 2006 — ÉDITION IMPRIMÉE    
 
Contenu
   
 

Comment gérer ses millions*

Dans le club des biens nantis du Canada, ce sont les gens qui ont fait fortune plutôt que ceux qui ont hérité qui prédominent de plus en plus. Et ils sont nombreux à avoir recours à la gestion intégrée de leur patrimoine pour protéger les trésors chèrement acquis.

*Le présent article est la version intégrale d’un article résumé dans le numéro de juin-juillet 2006 de CAmagazine.

Par Terry Jenkins

 

Au Canada, le nombre de millionnaires croît par dizaines. Selon le Canadian Wealth Management Report de Cap Gemini, 295 000 Canadiens détenaient plus d’un million de dollars en actifs financiers investissables en 2000. Et si l’on en croit le Canadian Millionaire Report 2005 de Taddingstone, le Canada comptera 600 000 millionnaires d’ici cinq ans (voir le Tableau 1).

Le rapport de Taddingstone signale que seulement 24 % des millionnaires doivent leur fortune à un héritage. Les autres ont gagné leurs millions eux-mêmes, généralement grâce à l’exercice d’options sur actions, à la vente d’immeubles ou d’entreprises, et aux économies et placements. Plus de la moitié des millionnaires canadiens sont au milieu de la cinquantaine et ont des familles relativement petites comptant peu de personnes à charge (1,6 chacun). Même si les détenteurs de fortune peuvent avoir des maisons, des avions et des automobiles dans divers endroits du monde, plus de 85 % des millionnaires canadiens considèrent qu’ils sont chez eux en Ontario, au Québec, en Colombie-Britannique et en Alberta (voir le Tableau 2).

BMO Banque privée Harris estime qu’au cours des 20 prochaines années, les baby boomers transféreront environ un billion de dollars à leurs enfants, un montant suffisant pour créer un million de nouveaux millionnaires. Cependant, être riche n’est pas chose simple. Les complexités associées à la richesse peuvent avoir l’effet d’un raz-de-marée sur la fortune d’une famille, sabordant le trésor familial (sans parler des liens de parenté). Selon un sondage réalisé auprès de plus de 3 000 familles bien nanties du Canada et des États-Unis, le transfert du patrimoine d’une génération à la suivante se traduit par une érosion de la fortune dans 70 % des cas.

Voici certaines réalités associées au fait d’être actuellement millionnaire au Canada.

  • La génération tartine : Selon Statistique Canada, 70 % des baby boomers – soit un grand nombre de millionnaires – s’attendent à devoir prendre soin de leurs enfants majeurs et de leurs parents vieillissants, ce qui leur laissera moins de temps pour s’occuper de leur portefeuille.
  • Le village mondial : Bon nombre de Canadiens fortunés doivent gérer leur patrimoine dans différents ressorts territoriaux dont les divers lois et règlements sont en constante évolution. Ils s’inquiètent aussi des conséquences des fluctuations de l’économie mondiale, des guerres et des pandémies sur leur portefeuille.
  • La planification de la relève : Cela constitue une préoccupation majeure pour les entrepreneurs canadiens. Selon une récente étude de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, près de la moitié des PME ont l’intention de fermer leurs portes d’ici cinq ans. Seul un petit pourcentage des millionnaires potentiels a établi un plan de relève en bonne et due forme.
  • Les cadeaux : Le don d’une somme d’argent importante aux enfants sans directives peut entraîner l’érosion de la fortune familiale. Nous avons tous entendu parler des enfants bénéficiaires de fiducie qui, en l’espace de trois générations ou moins, ont fait fondre tout l’argent de grand-papa. C’est pourquoi les clients prudents font dès maintenant des plans pour préparer la succession et enseigner à leurs enfants la façon de gérer leur portefeuille.
  • Le remariage : La tendance durable selon laquelle un nombre important de mariages aboutiront à un divorce (et souvent à un remariage) complique la préservation et la distribution du patrimoine. Les couples remariés doivent décider, par exemple, s’ils excluront le deuxième conjoint de la succession au profit des enfants nés du premier mariage, ou s’ils incluront la nouvelle famille reconstituée. Une bonne communication avec les membres de la famille concernés est cruciale pour éviter les écueils émotifs. Une planification successorale appropriée demeure un outil essentiel de préservation du patrimoine.

Tableau 1 :  La richesse au Canada autour de 2005

 

 

Nombre de millionnaires : 350 000

Ventilation :
          310 000 millionnaires      (1 M$ - 5 M$)
            47 000 millionnaires      (5 M$ - 10 M$)
            18 000 millionnaires      (> 10 M$)

Tableau 2 :  Répartition des millionnaires canadiens

 

Colombie-Britannique

65 000

Alberta

50 000

Ontario

160 000

Québec

70 000

Reste du Canada

30 000


Une approche intégrée
Traditionnellement, bon nombre de Canadiens bien nantis faisaient affaire avec de multiples conseillers dans les domaines suivants : opérations bancaires, impôts, planification d’entreprise et planification générale de la succession. Si les besoins bancaires de ces Canadiens concernaient habituellement l’épargne ou les emprunts, certains consultaient un autre conseiller pour leurs placements. Toutefois, la meilleure façon de répondre à tous les besoins des Canadiens fortunés d’aujourd’hui consiste à recourir à une approche intégrée.

Du fait de l’augmentation du nombre de millionnaires canadiens, deux méthodes distinctes de préservation du patrimoine sont apparues. Les moins de 60 ans qui ont fait fortune ont tendance à se tourner vers une gestion efficace des flux de trésorerie, tandis que le groupe des 60 ans et plus (qui sont davantage susceptibles d’avoir hérité de leur richesse) se tournent davantage vers la gestion des actifs. La gestion intégrée du patrimoine a de plus en plus la faveur des deux groupes.

L’approche intégrée va bien au-delà des simples «conversations avec son banquier». Elle donne accès à une équipe multidisciplinaire de professionnels qui travaillent en collaboration pour gérer le réseau complexe des intérêts financiers, juridiques, commerciaux et familiaux, de façon à atteindre un équilibre approprié. Ainsi, BMO Banque privée Harris jumelle chaque client avec un conseiller dévoué qui travaille ensuite avec une équipe interne de spécialistes en planification de la relève, gestion des placements, planification successorale et fiduciaire, philanthropie et transmission du patrimoine pour régler les questions pertinentes. Le conseiller est la personne-ressource du client au quotidien, mais les membres de l’équipe intégrée travaillent ensemble à élaborer des solutions personnalisées adaptées aux besoins particuliers de chaque client. La facturation est fonction d’une échelle mobile, selon les services utilisés.

Parfois, c’est le principal conseiller externe du client (son comptable, par exemple) qui envoie ce dernier à la banque parce qu’il ne peut offrir la gamme de services que l’approche intégrée fournit. Dans ce cas, le comptable et l’équipe travaillent de concert pour proposer les meilleures solutions au client.

Selon les recherches de Williams Group, une société californienne de services conseils en gestion du patrimoine, l’approche intégrée permet d’accroître la probabilité de préserver le patrimoine d’un client pour les générations futures. La viabilité financière ne va pas de soi. Les clients doivent trouver un gestionnaire de patrimoine qui accorde la priorité à leurs intérêts et leurs besoins, et qui travaille en collaboration avec eux pour trouver des solutions à la complexité de leurs finances et tenir compte de leurs nombreuses activités, de manière à préserver leur patrimoine et leur tranquillité d’esprit.


Terry Jenkins est premier vice-président et premier directeur général, BMO Banque privée Harris à Toronto.