avril 2005 — ÉDITION IMPRIMÉE    
 
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Prêts hypothétiques

Par Yan Barcelo
Illustration : Jean-François Martin

Jean-François MartinLes banques canadiennes sauront-elles à la fois améliorer leurs relations avec les PME et faire le plein pour l’avenir?

«Ma banque est un mal nécessaire», affirme Jean Julien, président d’Exprocom, une société-conseil informatique de Montréal. Même s’il ne la voit surtout pas comme une ennemie, il qualifie les liens qu’il entretient avec elle de «relation typique d’amour/haine».

L’attitude de Jean Julien est fort répandue, particulièrement dans le secteur des PME telles qu’Exprocom, qui emploie 20 consultants et se spécialise en téléphonie IP. L’étude Banking on Competition, menée en 2003 par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), le confirme par son aspect critique à l’endroit des banques. Le chiffre le plus frappant de l’étude concerne le nombre de prêts refusés aux membres de la FCEI  de 2000 à 2003, il est passé de 10,5 à 16 %, une hausse de 50 %.

Certes, ce fut une période particulièrement éprouvante pour l’économie, et plusieurs banques ont abandonné des secteurs entiers (acier, détail, haute technologie). Mais cette réalité ne justifie pas à elle seule la tendance. Une étude d’Industrie Canada, Le financement des PME au Canada, fait état d’une situation plus difficile encore. Cette dernière date de 2002, mais porte sur l’an 2000, qui fut pourtant économiquement très effervescent. On y apprend que 23 % des PME ont fait une demande de prêt au cours de cette période et que 18 % d’entre elles ont essuyé un refus. «Plusieurs de ces entreprises ont pu modifier leur demande et obtenir au moins quelque chose», souligne Peter Webber, directeur, Politique de financement de la petite entreprise, chez Industrie Canada à Ottawa. Celui-ci ne peut toutefois préciser quelle proportion a pu recevoir un prêt ou quel en était le montant.

Où dénicher du financement

Votre PME a un projet à cœur? Voici quelques conseils pour le réaliser :

Ne vous contentez pas d’un seul fournisseur financier. Parce qu’ils jugent qu’ils n’ont pas le temps de rechercher du financement, trop d’entrepreneurs sont à la merci d’une seule institution bancaire. Ils s’attirent ainsi de mauvaises surprises lorsque la banque décide de resserrer les cordons de la bourse. En faisant affaire avec différents fournisseurs, vous vous assurez de disposer d’un levier de négociation si, un jour, votre banque vous «prend pour acquis».

Magasinez vos services financiers. Les institutions n’offrent pas toutes les mêmes services. Par exemple, alors que plusieurs banques négligent les secteurs du vêtement et de l’exportation, ceux-ci figurent parmi les spécialités de la banque HSBC. Et ne comptez surtout pas uniquement sur les banques : des institutions comme la BDC, Investissement Québec et nombre d’autres organismes pourront financer l’ensemble de vos projets ou une partie. Le site Strategis du gouvernement du Canada peut s’avérer une aide très précieuse dans votre recherche : www.strategis.ic.gc.ca/sources.

Cultivez votre relation avec votre banquier. De nombreuses
entreprises se contentent d’ouvrir un compte d’affaires et ne font rien pour se faire connaître de leur directeur de compte. Essayez de le rencontrer au moins une fois par année.

Soyez clair et transparent. On n’a qu’une seule chance de faire une bonne première impression. Pour y arriver, ayez un projet bien articulé et n’essayez pas de cacher des situations difficiles du passé. En tentant de les dissimuler, vous risquez d’instaurer un climat de méfiance alors qu’en les reconnaissant volontiers, vous disposerez le banquier à trouver un moyen de les régler ou de les contourner.

Pour la FCEI, il est clair que les banques délaissent le secteur des PME. Son étude indique que l’activité des banques dans la catégorie des prêts de moins de 200 000 $, s’adressant plutôt aux entreprises de moins de 50 employés, est demeurée stable au cours des dernières décennies. Et, si l’on tient compte de l’inflation, on découvre que l’activité au chapitre des petits prêts est en déclin depuis les années 1980, tandis que la part des prêts plus importants a augmenté. Certains observateurs confirment cette tendance. «Il y a 25 ans, les PME représentaient 25 % de l’économie», rappelle Doug Bruce, directeur de la recherche pour la FCEI à Toronto. «Aujourd’hui, elles ont atteint le taux de 50 % et génèrent 75 % des emplois.» Même si leur poids économique a doublé, les banques leur consentent moins de prêts.

Le fait que le rapport des PME à leur banque est devenu plus impersonnel et problématique constitue l’un des principaux facteurs de ce déclin. À titre d’exemple, de nombreuses banques ont centralisé leurs activités de prêt commercial dans des bureaux régionaux. Pour les dirigeants de PME, dont le temps est précieux, l’éloignement complique la relation qu’ils entretiennent avec leur banque et raréfie leurs contacts avec leur responsable de compte. Pendant ce temps, les banques multiplient les guichets automatiques, ce qui n’accroît sûrement pas le service à ces entreprises.

Mais le principal problème réside dans le taux de rotation élevé parmi les directeurs de comptes et dans les systèmes automatisés d’évaluation des prêts qui ont accru la dépersonnalisation des relations. «Vingt pour cent de nos membres connaissent un taux de rotation élevé parmi leurs responsables des comptes», rapporte Doug Bruce. Le pourcentage varie d’une institution à l’autre : évalué à environ 10,3 % pour les coopératives d’épargne et de crédit, il atteint 25 % chez TD Canada Trust. Lorsque le directeur des comptes change, les conditions de prêt risquent davantage de se détériorer. «La compréhension acquise par une connaissance de longue date de l’entreprise et de son propriétaire en souffre, ce qui, pour les PME, diminue la possibilité d’obtenir un financement adéquat. Cette situation explique probablement le fait que le taux de rejet soit si élevé, indique Doug Bruce. Et c’est une tendance troublante.»

Une autre tendance inévitable a également son impact. «En 1950, la plupart des décisions de crédit étaient prises par une personne ou un groupe de personnes», de dire Jean Roy, professeur en finance à HEC Montréal. «Les premiers changements ont eu lieu dans le domaine des cartes de crédit avec les systèmes informatisés d’évaluation par score. Le rôle des employés consistait alors à effectuer un relevé des données qui étaient ultérieurement traitées par ordinateur. Le processus a par la suite été étendu au prêt auto et au prêt hypothécaire, puis au prêt à la PME.»

Cette évolution est évidemment motivée par des impératifs économiques. «Un prêt de 500 000 ou de 50 000 $ entraîne à peu près les mêmes coûts administratifs, indique Louise St-Cyr, titulaire de la Chaire de développement et de relève de la PME à HEC Montréal. La banque doit ouvrir un dossier, interviewer le client, évaluer le risque et assurer un suivi. Comme le prêt de 50 000 $ est traité par un système automatisé, l’entrepreneur ne reçoit pas le même accueil que par le passé.» Le système informatique est programmé pour ne traiter que les dossiers qui remplissent fidèlement des critères sélectionnés, que ces critères soient larges ou restrictifs. Et, de préciser Jean Roy, «la gestion des cas d’exception n’est tout simplement pas rentable. Mieux vaut alors appuyer sur la touche “supprimer”».

Un autre facteur explique le fait que les banques s’éloignent de leurs clients, et c’est le phénomène de la titrisation, processus qui consiste à vendre en bloc des titres de créances sur le marché sous forme d’obligations. Un tel modèle, courant chez CIBC, amène la banque à transférer la responsabilité des prêts au marché et à se comporter comme un courtier qui récolte une rémunération. «Le modèle produit dans une certaine mesure un effet pervers, commente Jean Roy. Il a l’avantage de permettre à la banque de consentir davantage de prêts parce la responsabilité est reportée sur le marché, mais il a un impact négatif sur la relation avec le client.»

Les conséquences du retrait des banques se manifestent avec plus d’acuité en région rurale, à tel point que Doug Bruce parle d’un pays bicéphale : un Canada rural et un Canada urbain. «Au cours des dernières années, on a assisté à une centralisation des décisions à Montréal», déclare Anne-France Thibault, présidente de la Chambre de commerce de Rouyn-Noranda et de Legault Gaz Soudures, sa propre entreprise. «Mais la personne qui prend la décision à Montréal ne connaît ni les gens ni les cycles d’affaires au niveau local. Si les banques étaient plus près des régions, dit-elle, elles sauraient qui a un potentiel d’affaires et possède le réseau de contacts pour l’appuyer, et qui ne l’a pas.»

Certains détracteurs croient que les banques ne font aucun effort. «Elles semblent plus intéressées à charger des frais sur les opérations bancaires qu’à consentir des prêts, déclare Anne-France Thibault. Elles ne s’impliquent pas avec les entrepreneurs et surtout les entreprises en démarrage. Certaines institutions retournent même les dossiers de démarrage sans les avoir ouverts. Mais les entrepreneurs locaux sont extrêmement importants. Si on ne les aide pas à partir en affaires, les régions vont se vider.» D’autres croient que les banques n’assument pas les responsabilités économiques et sociales qui devraient être assorties aux privilèges de quasi-monopole que leur confère la Loi sur les banques. «Jusqu’à un certain point, je trouve immoral que les banques fassent des profits faramineux et disent par la suite que les Canadiens en profitent par l’intermédiaire de leurs fonds de retraite», lance un collaborateur du secteur bancaire qui désire conserver l’anonymat.

Pourtant, les organismes de réglementation des banques, conscients de la nécessité de leur rappeler ces responsabilités, leur imposent depuis 2001 de produire annuellement une déclaration de responsabilité publique. Le format de présentation préétabli de ces rapports exige la ventilation complète des prêts de moins de 5 millions de dollars, dont la majorité sont consentis aux PME.

Peu de personnes sont toutefois impressionnées par cette initiative. «Parlons-en de ces rapports!» de dire notre source anonyme. «On y écrit à peu près n’importe quoi. Une banque avait notamment annoncé la mise en place d’une chaire de recherche sur la PME à Vancouver. C’était ça, sa contribution.» Selon lui, il serait plus approprié que les banques assument leurs responsabilités et financent les PME qui en ont le plus besoin en leur prêtant l’argent provenant des épargnants.

D’autres croient cependant qu’il ne faut pas accabler les banques de tous les maux. Jean Robillard, spécialiste en redressement d’entreprises et président de Raymond Chabot inc. à Montréal, filiale de Raymond Chabot Grant Thornton, croit pour sa part que les PME entretiennent une vision surannée des banques. «Celles-ci ne sont pas des actionnaires, dit-il. C’est le rôle qu’elles jouaient il y a 20 ans, et elles n’exigeaient même pas le rendement qu’obtient un actionnaire. Cette situation était évidemment avantageuse pour les entreprises qui ne devaient payer que 5 % d’intérêt à la banque plutôt que 15 % de leurs profits à un actionnaire.»

L’attitude paternaliste des institutions financières a toutefois ses mauvais côtés. «Il y a 20 ans, rappelle Jean Robillard, comme la banque était le seul partenaire de l’entreprise, si l’entreprise était en difficulté, la banque rappelait son prêt et la liquidait.» Tout en reconnaissant que les systèmes automatisés ont introduit une relation plus impersonnelle, il croit par contre qu’ils permettent d’assurer un meilleur suivi lorsqu’un prêt a été accordé. «Air Canada aurait été rapidement liquidée il y a 15 ans, poursuit-il. Aujourd’hui, les banques participent à une vaste gamme de services de redressement. Les difficultés sont repérées beaucoup plus tôt, et les équipes de “créances spéciales” peuvent entrer en scène pour corriger le tir avant que la catastrophe ne se produise. Moins de 1 % des entreprises ont recours à la législation en matière d’insolvabilité. Disons que ça ne va pas si mal», conclut Jean Robillard.

Jean Roy rappelle que les banques subissent des contraintes importantes, notamment de la part de la Société d’assurance dépôt du Canada. «Un bureau du gouvernement peut leur demander d’accorder plus de prêts aux entreprises, mais un autre peut leur dire que, si elles prennent plus de risques, leurs primes d’assurance seront plus élevées.»

Lawrence Kryzanowski, titulaire de la Chaire de placement en finance Ned Goodman de l’École de gestion John-Molson à l’Université Concordia, rappelle que les banques doivent disposer d’un levier de 20 $ pour chaque dollar de capital. «Elles assument un immense risque financier et doivent le contrebalancer par une gestion prudente, dit-il. Si elles réalisent de grands profits en gérant ce risque de façon compétente, pourquoi devraient-elles subventionner les PME plutôt que de redonner l’argent aux actionnaires?»

Mais quelle est la mission des banques? Doivent-elles consentir des prêts à haut risque ou préserver les économies de l’épargnant et le rendement pour l’actionnaire? «Maintenons-nous le bon équilibre entre les déposants, les actionnaires et les besoins de l’économie?» demande une autre source. «Cette question réapparaît constamment, et elle devrait faire l’objet d’un débat public. Je pense que de nombreuses personnes demandent aux banques des réalisations qui ne relèvent pas de leur compétence.»

Les banques elles-mêmes ne nient pas qu’il y ait un problème. La Banque Royale et TD Canada Trust sont conscientes des plaintes proférées à leur égard. Lors de son entrevue, Guy Roy, vice-président, Marché de la PME pour la Banque Royale à Montréal, avait bien en vue sur son bureau Banking on Competition de la FCEI. «Lorsque j’ai pris ce poste il y a trois ans, dit-il, les plaintes des PME représentaient pour nous un défi de rapprochement. Il y a cinq ans, on ne faisait pas vraiment attention aux PME, poursuit-il, pour une raison fort simple : le même responsable traitait aussi bien les demandes de 20 000 que de 800 000 $; celles de 20 000 $ avaient alors tendance à être négligées.»

Guy Roy, dont l’employeur détient le plus important portefeuille de prêts à la PME du Canada, affirme que la Banque Royale a effectué d’importants changements organisationnels qui visent à satisfaire davantage les besoins des PME. Tout d’abord, les décisions concernant l’approbation ne relèvent plus des responsables des comptes, à l’exception des prêts de petite taille. Ceux-ci conservent toutefois le mandat de recommander ou non l’approbation, mais l’évaluation des risques dépend uniquement du service central.

La rotation du personnel affecté à l’approbation avait pour but d’empêcher que les responsables des comptes ne deviennent trop familiers avec les demandeurs de prêts. Mais le fait de leur retirer toute responsabilité décisionnelle élimine à la fois ce danger et le besoin de procéder à la rotation. Enfin, la Royale prévoit former ses directeurs de comptes relativement aux spécificités économiques des différents secteurs de la PME. «On demande par le fait même à nos directeurs de comptes de développer une relation plus étroite avec les clients, explique Guy Roy, afin qu’ils soient mieux en mesure de les conseiller.»

Comme la Royale, TD Canada Trust affirme qu’elle accorde depuis 1996 une importance renouvelée au secteur de la PME. «De 1980 à 1995, les banques étaient plus focalisées sur les grandes entreprises, mais tout a changé au cours des cinq dernières années», reconnaît Nick Stitt, vice-président, Services bancaires aux petites entreprises, chez TD Canada Trust à Toronto. «Je pense que c’est dû à une conscience nouvelle de l’importance de ce marché.» Alors que la banque ne disposait précédemment que de 60 centres spécialisés en prêts aux entreprises, elle est en voie d’offrir des services aux PME dans 1 000 de ses succursales, et compte présentement 260 spécialistes en poste et 65 autres qui vont d’une succursale à l’autre.

La raison de ce revirement est fort simple. La Royale et la TD reconnaissent que la focalisation sur les grands comptes est plus rentable à court terme, mais que le fait de faire affaire avec les PME constitue la meilleure façon de recruter de nouveaux clients et de faire le plein pour l’avenir. «Si les bons systèmes sont mis en place, il n’est pas nécessaire de passer autant de temps avec les petites entreprises. La banque peut alors faire de l’argent avec celles-ci également», de dire Guy Roy.

Jean Roy, de HEC Montréal, croit que les banques sont sérieuses dans leur démarche, parce qu’elles n’ont pas vraiment le choix. «Étant donné que plusieurs grandes et moyennes entreprises comblent leurs besoins financiers dans les marchés, les banques doivent forcément se rabattre sur les PME», dit-il. À ce contexte, s’ajoute la pression gouvernementale qui incite les institutions financières à veiller davantage aux besoins de ce secteur.

Josée St-Pierre, professeure en finance et directrice du Laboratoire de recherche sur la performance des entreprises à l’Institut de recherche sur les PME de l’UQTR, qui a largement étudié la question, a préparé un rapport à cet égard pour Industrie Canada. Alors qu’elle croit à la sincérité des banques, elle n’entrevoit pas que leurs intentions et leurs initiatives se traduiront en des gestes à l’avantage des PME. Et c’est tout le secteur qui risque d’en pâtir. «Certaines PME ont été mal desservies par les banques et ça ne s’améliorera pas», déclare-t-elle. Deux raisons motivent cette affirmation. Premièrement, les Accords de Bâle, qui doivent être mis en application en 2006, exigeront que les banques évaluent beaucoup plus souvent le risque associé aux prêts. «Cette exigence pourrait comporter beaucoup plus de travail, surtout pour les petites transactions, ce qui pourrait amener les banques à en limiter le nombre.» Ensuite, et cette raison est plus importante et culturelle : «Le système évalue seulement les facteurs financiers, alors que les vraies composantes du risque sont ailleurs, indique Josée St-Pierre. La nouvelle économie bouge très vite. La performance de n’importe quelle entreprise repose désormais sur sa capacité d’innover, pas seulement en matière de produits, mais également de processus. Cela l’oblige à régulièrement changer ses façons de faire, ce qui entraîne de l’instabilité sur le plan des ratios financiers. C’est pourquoi les ratios financiers sont de moins en moins pertinents pour calculer la valeur de l’entreprise. Sa vraie valeur réside dans une foule de facteurs intangibles qui ne sont pas reflétés par les états financiers.»

Existe-t-il une façon efficace et peu coûteuse d’établir la vraie valeur du risque que représente une PME? Josée St-Pierre le croit et c’est pourquoi elle a conçu, en partenariat avec Développement économique Canada (une division d’Industrie Canada pour le Québec), un logiciel d’évaluation paramétrable qui évalue une centaine de facteurs de risque en une demi-heure, une heure tout au plus. Le modèle a déjà été testé dans plusieurs succursales de banques et, si une institution financière offrait un tel service, les entrepreneurs se bousculeraient sans aucun doute à sa porte.


Yan Barcelo est un journaliste de la région de Montréal.

 
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