mars 2005 — ÉDITION IMPRIMÉE    
 
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La voie du succès dans les PME*

La croissance des revenus ne constitue pas l’objectif supérieur pour bon nombre d’entrepreneurs. Il demeure que ceux qui prennent le pas sur leurs pairs partagent certaines caractéristiques telles que des études plus poussées, le recours à des conseillers et la connectivité Web.

* Il s'agit de la version intégrale d'un article paru initialement dans le numéro de mars 2005 de CAmagazine.

Tous les entrepreneurs ne mesurent pas le succès par la croissance des revenus de leur entreprise. Dans le secteur des PME, on fait une distinction entre ceux qui sont «axés sur l'accumulation de la valeur» et ceux qui sont «axés sur le mode de vie», les premiers recherchant la croissance et les seconds, la stabilité à long terme, en misant sur leur entreprise comme source de revenus pour maintenir un certain mode de vie. On estime à quelque 55 % la proportion de propriétaires de micro-entreprises au Canada qui appartiennent au groupe de ceux qui sont «axés sur le mode de vie».

Malgré certaines différences entre les motivations liées au lancement d’une entreprise indiquées dans le tableau ci-dessous, les propriétaires de PME affirment que leur entreprise a enregistré une augmentation cumulative de 27 % de leurs revenus entre 2001 et 2004, selon un nouveau rapport publié par les Services à la PME CIBC.

Facteurs d’ordre non financier motivant la création d’une entreprise

Facteurs d’ordre financier motivant la création d’une entreprise

Le rapport, Les secrets du succès des PME, indique que la moitié de tous les propriétaires de PME ne prévoient pas d’expansion au cours des deux prochaines années. Le quart (25 %) des entrepreneurs qui ne prévoient pas d’expansion mentionnent leur satisfaction à l’endroit de leur situation actuelle comme explication principale. Pour ce qui est des 45 % d’entrepreneurs qui prévoient une expansion au cours des deux prochaines années, 22 % planifient l’achat de nouvel équipement ou technologie et 20 % prévoient embaucher du personnel supplémentaire.

Implications pour les CA
Dans l’ensemble, le rapport montre clairement qu’une approche générale de la comptabilité des PME est inefficace. Les CA devraient être au fait de la réalité actuelle selon laquelle la croissance ne constitue pas le but ultime pour bon nombre de PME. Il devient également de plus en plus important pour les CA de comprendre la nature de chaque entreprise, les motivations du propriétaire de PME et les facteurs qui influent sur le succès de l’entreprise. Cette compréhension devrait se refléter dans les conseils donnés par le CA.

Qu’est-ce qui distingue les entreprises qui connaissent une croissance supérieure?
Encore une fois, en dépit des différences indiquées ci-dessus quant à leurs motivations et à leurs prévisions d’expansion, 63 % des propriétaires de PME s’attendent à une augmentation de leurs revenus en 2005. Afin de les aider à atteindre cet objectif, la CIBC a tenté de circonscrire les facteurs ayant le plus contribué à permettre aux entreprises ayant eu une croissance de leurs revenus supérieure à la moyenne de se distinguer de leurs homologues au cours des trois dernières années.

Les études Au cours des trois dernières années, les PME dirigées par une personne ayant au moins commencé des études postsecondaires ont enregistré une croissance de leurs revenus correspondant à plus du double de celle des PME dont le dirigeant n’avait pas terminé ses études secondaires. Deux propriétaires de PME canadiennes sur trois ont au moins entamé des études postsecondaires.

Le recours aux services de conseillers – Les entrepreneurs qui, de façon régulière, sollicitent les conseils de consultants professionnels ont vu leurs revenus augmenter de 76 % de plus que ceux qui n’ont pas recours à de tels conseils. Tout juste un peu plus d’une PME sur dix (11 %) recourt de façon régulière aux services d’un conseil ou comité consultatif. Les PME dotées d’un conseil ou d’un comité consultatif pouvaient compter principalement sur des experts financiers (68 %), des professionnels spécialisés (48 %) et des conseillers juridiques (32 %). Les CA disposent de l’occasion de sensibiliser les propriétaires de PME quant à l’importance de créer un conseil ou un comité consultatif et de recourir à ses services. Ils peuvent également se positionner en tant que membres clés de ce cercle de conseillers possédant des informations spécialisées en matière de fiscalité et de comptabilité, qu’ils peuvent partager. Le monde des PME se complexifiant de plus en plus, le nombre des propriétaires de PME à la recherche de conseillers est susceptible de croître, ce qui procurera aux CA d’autres occasions de servir ce marché.

La constitution en société par actions – Les PME constituées en société ont bénéficié d’une croissance de leurs revenus de 40 % supérieure à celle des PME à propriétaire unique. Elles disposent généralement d’un système de soutien élargi, et leur propriétaire peut compter sur des ressources et des compétences accrues. Au total, 40 % des PME canadiennes sont constituées en société par actions. Les CA devraient être en mesure d’effectuer le suivi de la croissance et du degré de sophistication d’une entreprise donnée, et devraient accepter de recommander la constitution en société par actions lorsque l’entreprise peut en bénéficier. Les entrepreneurs ne sont pas toujours conscients de tous les avantages de la constitution en société et les CA peuvent fournir des informations pertinentes au sujet de ce facteur important pour le succès des PME.

L’impartition – Les PME qui effectuent du travail en impartition pour d’autres entreprises ont enregistré en moyenne une croissance de 61 % supérieure à celles qui ne peuvent compter sur l’impartition. On s’attend à ce que le rythme d’impartition s’accélère au cours des prochaines années, les grandes entreprises cherchant à réduire leurs coûts et à se concentrer sur leurs activités de base. Voilà qui devrait continuer à faire bénéficier les PME canadiennes d’occasions de croissance intéressantes. À l’heure actuelle, 39 % des PME du Canada effectuent du travail en impartition. L’augmentation des activités d’impartition prévue au cours des prochaines années entraînera probablement une complexification de la comptabilité et de la tenue de livres, particulièrement sur le plan des implications fiscales de la pratique. Les CA doivent s’assurer de demeurer à la fine pointe et de connaître toutes les incidences sur le résultat, y compris sur le plan fiscal.

La technologie et la connectivité – Les entreprises faisant état d’un niveau élevé de connectivité Web ont vu leurs revenus augmenter à peu près deux fois plus vite que celles sans connectivité Web. Les raisons de cet état de choses sont claires. Une connectivité accrue et l’adoption de technologies à même de faciliter le commerce électronique permettent d’améliorer et de renforcer les relations avec la clientèle, favorisent la disponibilité et l’échange d’informations, améliorent l’image de l’entreprise et, dans certains cas, lui permettent d’exercer ses activités selon les mêmes règles du jeu que les grandes entreprises. Quelque 38 % des PME du Canada ont un site Web, et 7 % ont fait d’Internet un outil de transaction important.

Connectivité élevée : Entreprises ayant un site Web permettant le commerce électronique (avec ou sans information sur l’entreprise elle-même) et une connexion Internet.

Connectivité moyenne : Entreprises dont le site Web ne sert qu’à des fins d’information (avec ou sans connexion Internet) ou permet le commerce électronique sans connexion Internet.

Connectivité faible : Entreprises qui n’ont pas de site Web, mais qui disposent d’une connexion Internet.

La conclusion d’une majorité de ventes par Internet à l’extérieur du Canada – Au cours des trois dernières années, les PME qui effectuent plus de la moitié de leurs ventes par Internet à l’étranger ont connu une croissance de leurs revenus de plus du double de celles qui ont conclu moins de la moitié de leurs ventes par Internet à l’étranger. En moyenne, 22 % des ventes par Internet sont faites à des clients de l’extérieur du Canada. Cela complexifie davantage les besoins comptables des PME, en particulier lorsque la réglementation de marchés étrangers ou le risque de change entrent en jeu. Les CA auront vraisemblablement besoin des informations les plus à jour qui soient sur ces questions pour expliquer la complexité et les risques associés aux opérations libellées en devises et pour fournir des conseils fiables concernant la conduite d’affaires à l’étranger.

Les six secrets du succès des PME
Facteurs pertinents (croissance moyenne en % des revenus entre 2001 et 2004) †

† Remarques : Différences statistiquement significatives basées sur un intervalle de confiance de 90 %.
Les propriétaires de PME affirment que leur entreprise a enregistré, en moyenne, une augmentation cumulative de 27 % de leurs revenus entre 2001 et 2004.

Bonne performance des services financiers et immobiliers
Bien que l’on associe souvent la PME à un simple commerce de détail, il semble que les PME qui enregistrent la plus forte croissance de leurs revenus se trouvent dans les secteurs des services professionnels ainsi que de la science et de la technologie, suivies de près par les PME du secteur des services financiers et immobiliers. Non seulement y a-t-il de plus en plus de PME qui se lancent dans les services financiers et les domaines connexes à la comptabilité, mais celles qui le font réussissent généralement bien. Les PME du secteur des services financiers et immobiliers (y compris les professionnels de la comptabilité) ont obtenu le deuxième plus important taux de croissance des revenus au cours des trois dernières années. Cela correspond à nos attentes d’une forte croissance soutenue dans ce secteur des PME. Signalons aussi la bonne performance des PME dans le domaine des soins de santé.

Croissance moyenne (%) des revenus entre 2001 et 2004
- Par secteur d’activité


Croissance moyenne (%) des revenus entre 2001 et 2004 selon la situation de famille

Au cours des trois dernières années, les entrepreneurs célibataires ont enregistré une croissance des revenus de leur entreprise de près du double (86 % de plus) par rapport aux entrepreneurs mariés (soit 48,3 % comparativement à 26 %).

Pour leur part, les propriétaires de PME divorcés, séparés ou dont le conjoint est décédé n’ont enregistré une croissance de leurs revenus que de 17,9 % au cours des trois dernières années.

Bien que la croissance des revenus supérieure enregistrée par les entrepreneurs célibataires puisse signifier que ces derniers ont plus de temps à consacrer à leur entreprise, ce résultat peut également être attribuable à l’âge des entrepreneurs de même qu’au stade de développement de leur entreprise, entre autres facteurs.

Chances égales de succès pour les entrepreneurs
Il est important de signaler que plusieurs facteurs paraissent n’avoir à peu près aucune incidence sur la probabilité de succès des propriétaires de PME évaluée selon la croissance cumulative des revenus entre 2001 et 2004. Le sexe des propriétaires de PME ne semble pas jouer de rôle en termes de croissance des revenus des PME, puisque la croissance des PME appartenant à des hommes a été à peu près la même que celle des PME dont les propriétaires sont des femmes. Les immigrants semblent bénéficier de la même croissance des revenus de leur entreprise que les propriétaires de PME nés au pays. L’emplacement de l’entreprise n’est pas, non plus, un facteur pertinent, les taux de croissance des revenus des entreprises à domicile sur trois ans correspondant à ceux des entreprises établies à l’extérieur du domicile de leur propriétaire. Enfin, nous n’avons relevé aucune différence entre la performance des PME dont la mise sur pied est attribuable à la situation économique difficile de leur créateur (entreprises dont la création s’explique au moins en partie par le licenciement, la mutation, le congédiement ou la mise à la retraite anticipée de leur propriétaire) et les entreprises dont la création est le fruit de la décision de leur propriétaire d’être son propre patron.

Au-delà des chiffres, l’indicateur peut-être le plus significatif du succès des PME réside dans la proportion très élevée des entrepreneurs (86 %) qui affirment que, si c’était à refaire, ils n’auraient aucune hésitation à créer leur entreprise.

Les entrepreneurs assument pleinement la responsabilité de leur succès. Neuf propriétaires de PME sur dix (91 %) estiment constituer le facteur le plus important du succès de leur entreprise. Compte tenu de la confiance en eux dont font preuve les propriétaires de PME, les CA devront leur démontrer les avantages potentiels du recours à leur expertise spécialisée.


 Cet article s’inspire d’un rapport publié par Marchés mondiaux CIBC. On peut consulter le rapport complet, Les secrets du succès des PME, à l’adresse http://www.cibc.com/ca/small-business/secrets-success-fr.html.

N.B. : Sauf mention contraire, les données de l’étude proviennent du Profil des PME de 2004 de la Banque CIBC, de Statistique Canada et de Marchés mondiaux CIBC. Sauf mention contraire également, les PME dont fait état l’étude sont définies comme étant des entreprises comptant entre un et quinze employés, leur propriétaire compris, et dont les revenus étaient inférieurs à 5 millions de dollars en 2003.

Pour de plus amples informations sur l’étude de la CIBC sur les PME, visitez http://www.cibc.com/ca/small-business/index-fr.html.

Article connexe : «Croissance des démarrages d'entreprises», CAmagazine, septembre 2004

 
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Un incontournable pour les conseillers aux PME, 10 février 2005

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