Combattant pour la liberté
Par Rosie Lombardi
En 1966, lorsque Neil Tudiver a obtenu son titre, la seule chose qu'il aurait pu négocier est son salaire, alors qu'aujourd'hui, son travail consiste à faciliter les négociations des 70 organisations que représente l'Association canadienne des professeures et professeurs d'université (ACPPU), groupe national établi à Ottawa qui fait aussi la promotion de la liberté universitaire. À titre de négociateur en chef, le CA de 60 ans fournit aux leaders des syndicats, et de groupes, des conseils stratégiques et de la formation. Lorsque la tension est trop forte, il est aussi invité à la table de négociation.
Mais cela ne ressemble pas à la carrière traditionnelle que Neil Tudiver entrevoyait. C'est que les cours de comportement organisationnel et de psychologie sociale du programme de M.B.A. qu'il a entrepris à l'Université du Michigan en 1966 ont suscité chez lui une fascination pour la dynamique de groupe, et sa participation aux activités politiques de gauche à l'université a influencé ses choix de carrière. «Je voulais m'attaquer à des domaines utiles sur le plan social», affirme-t-il. À cette fin, Neil Tudiver a entrepris dans le cadre de son doctorat une étude portant sur le développement économique de collectivités ayant un taux élevé de pauvreté et a découvert que sa formation de CA était très utile relativement à l'approche systématique de l'analyse financière. Finalement devenu professeur de travail social à l'Université du Manitoba, il s'est porté à la défense de la liberté universitaire dans Universities for Sale: Resisting Corporate Control over Canadian Higher Education. L'ouvrage, publié en 1999 par James Lorimer & Co. et l'ACPPU, lui a valu l'invitation de se joindre à l'ACPPU où il est négociateur en chef et continue de se battre pour la liberté universitaire. Ses compétences de CA servent Neil Tudiver lorsqu'il doit passer au peigne fin les finances universitaires. «Si nous détruisons la capacité des universités de mener des recherches indépendantes dans des domaines comme la santé, nous risquons de nous retrouver sans recherches fiables, dit-il. C'est notre santé et notre sécurité mêmes qui sont menacées.»
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