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      août 2009
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Les chefs des finances et les PCGR pour entreprises à capital fermé

Un récent sondage a été réalisé afin de déterminer si les nouveaux PCGR pour entreprises à capital fermé pouvaient faire obstacle au transfert des compétences des dirigeants financiers entre les entreprises à capital fermé et les sociétés ouvertes.

Par Bob Young et Ramona Dzinkowski

Ce texte est la version intégrale d'un article résumé dans le numéro d’août 2009 de CAmagazine.

Le 30 avril 2009, Le Conseil des normes comptables du Canada a publié les PCGR canadiens pour les entreprises à capital fermé qui choisissent de ne pas adopter les IFRS (voir l’article intitulé «Normes nouveau cru» dans le numéro de mai 2009 de CAmagazine. Ce modèle simplifiera les traitements en matière de comptabilisation et/ou d’évaluation dans divers domaines et réduira considérablement le nombre d’informations à fournir dans les états financiers. On prévoit que les nouvelles normes seront disponibles pour adoption anticipée par les entreprises dont l’exercice se termine le 31 décembre 2009. Ces normes intégreront des modifications dans la comptabilisation des instruments financiers et certains types de régimes de retraite, et maintiendront ou amélioreront les options d’information existantes concernant les écarts d’acquisition et autres actifs incorporels, les impôts sur les bénéfices, les filiales, les coentreprises et autres placements. Les autres normes de comptabilisation et d’évaluation correspondront, à quelques modifications près, à celles de l’actuel Manuel de l’ICCA.

Certains chefs des finances d’entreprises à capital fermé se réjouissent de la simplification de règles qui étaient sans doute trop complexes et non pertinentes pour les entreprises à capital fermé. D’autres craignent que l’option «canadienne» en matière de PCGR ait des conséquences défavorables pour le rôle du chef des finances dans les sociétés à capital fermé et pour la profession comptable en général. Plus précisément, dans un contexte d’évolution des normes comptables, cette option fera-t-elle obstacle au transfert de compétences des dirigeants financiers entre les entreprises à capital fermé et les sociétés ouvertes? Par ailleurs, l’expérience acquise et les postes occupés dans des entreprises à capital fermé seront-ils perçus comme ayant moins de valeur que ceux des sociétés ouvertes? Cela pourrait-il mener à une profession comptable à deux vitesses?

Selon un récent sondage réalisé conjointement par KPMG Entreprise et la Fondation de recherche des directeurs financiers du Canada (FRDFC), plus les PCGR pour les entreprises à capital fermé s’écarteront des IFRS, plus les chefs des finances de ces entreprises auront de la difficulté à obtenir des postes au sein des sociétés cotées. Environ la moitié des dirigeants financiers interrogés ont indiqué que dans le contexte de l’adoption des IFRS par les sociétés ouvertes et de la simplification des PCGR pour les entreprises à capital fermé, ils ne pourront pas percevoir les chefs des finances des entreprises à capital fermé comme ayant les mêmes compétences techniques en comptabilité que leurs homologues des sociétés ouvertes. L’étude a également montré que, bien que les dirigeants des sociétés ouvertes aient un léger parti pris sur cette question, les chefs des finances des entreprises à capital fermé ont eux aussi tendance à croire que les compétences techniques des spécialistes des PCGR pour les entreprises à capital fermé seront dévalorisées. Ces constatations ne reflètent peut-être que le statu quo, mais nous croyons que dans l’avenir, les sociétés ouvertes seront portées à choisir leurs dirigeants financiers parmi les candidats qui ont une connaissance approfondie des questions de comptabilité et d’information liées à l’application des IFRS. La conjoncture économique actuelle rend cette hypothèse encore plus probable puisque la capacité d’expliquer les résultats financiers au conseil d’administration et aux parties prenantes externes est un aspect encore plus important du travail du chef des finances.

Parallèlement, l’enquête de la FRDFC indique que les différences entre les normes comptables des entreprises à capital fermé et celles des sociétés ouvertes pourraient bien entraver la capacité des entreprises à capital fermé d’attirer de nouveaux talents et de les retenir. Comme l’a mentionné un dirigeant dans le cadre du sondage : «L’application de PCGR moins complexes par une entreprise à capital fermé pourrait inciter les candidats à choisir des employeurs qui appliquent les IFRS.» Qui plus est, «cela créera un clivage dans la profession comptable et les PCGR des entreprises à capital fermé pourraient être considérés comme des normes de seconde classe.»

L’enquête de la FRDFC constate également que certaines universités canadiennes discriminent déjà et que, dans un proche avenir, elles offriront un programme en comptabilité des entreprises à capital fermé distinct du programme axé sur les IFRS. Certains étudiants suivront le programme sur les IFRS parce qu’ils souhaitent travailler pour des entreprises internationales ou ouvertes, tandis que d’autres opteront pour les PCGR pour les entreprises à capital fermé parce qu’ils se sentent plus à l’aise dans une entreprise exploitée par son propriétaire.

Qu’en est-il alors du sort des chefs des finances et des services de comptabilité des entreprises à capital fermé? Si, à première vue, l’avenir ne semble pas très prometteur pour les chefs des finances ou le recrutement de nouveaux talents, la situation n’est pas désespérée pour autant. Le changement de référentiel comptable fait ressortir la nécessité du perfectionnement professionnel continu pour les chefs des finances des entreprises à capital fermé et pour les professionnels de la comptabilité en général qui souhaitent élargir leurs horizons professionnels. Dans l’avenir, le chef des finances continuera de jouer le rôle de stratège financier, rôle qui requiert d’autres compétences que la seule compréhension des exigences techniques en matière de comptabilité. Et ce sont surtout ces compétences en matière d’analyse et de communication qui demeureront transférables d’une entreprise à une autre, qu’elle soit ouverte ou à capital fermé.

Le rapport intégral du sondage de la FRDFC (en anglais seulement) est disponible à l’adresse http://www.feicanada.org/resources/feic_resources/research_papers.html.


Ramona Dzinkowski, B.A. avec spécialisation, M.A., ABD, est directrice générale de la Fondation de recherche des directeurs financiers du Canada (FRDFC), l’organisme de recherche de Dirigeants financiers internationaux du Canada (DFI Canada).

Robert (Bob) Young, FCA, est associé, Service national de la certification et de la pratique professionnelle, KPMG Entreprise.