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      septembre 2010
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Les entreprises canadiennes prévoient investir dans la lutte aux changements climatiques

La majorité des dirigeants d’entreprise canadiens prévoient une hausse immédiate des dépenses liées à la lutte aux changements climatiques malgré l’environnement réglementaire incertain.

Par Mike Mannella

*Ce texte est la version intégrale d’un article résumé dans le numéro de septembre 2010 de CAmagazine.

Les changements climatiques figurent maintenant en tête de liste des préoccupations des équipes de haute direction des plus grandes entreprises canadiennes. Selon le rapport Action amid uncertainty: the business response to climate change, publié récemment par Ernst & Young, 82 % des dirigeants d’entreprise canadiens croient que la lutte aux changements climatiques s’impose et prévoient une hausse immédiate des dépenses à cet égard malgré l’environnement réglementaire incertain.

À l’échelle mondiale, 70 % des 300 dirigeants interrogés prévoient que leurs dépenses liées aux changements climatiques augmenteront au cours des deux prochaines années; cette proportion augmente de 12 % chez les dirigeants canadiens. De plus, l’investissement sera considérable, puisque près de la moitié des répondants canadiens prévoient consacrer entre 0,5 % et 5 % de leurs revenus à des initiatives liées aux changements climatiques. Pour une société dont le chiffre d’affaires est de 1 milliard de dollars, cela représente une dépense prévue de plus de 5 millions de dollars par année.

Les dirigeants considèrent que des investissements stratégiques dans la lutte contre les changements climatiques peuvent améliorer la capacité d’adaptation future d’une entreprise en raison de la réduction de la consommation d’énergie, des nouvelles possibilités de création de revenus et de l’atténuation des risques qui accompagneront le passage vers une économie à faible émission de carbone. Plus des deux-tiers (71 %) des répondants canadiens ont vu le bien-fondé de ces investissements et ont commencé à instaurer à l’échelle de leur entreprise des programmes de lutte aux changements climatiques visant les principaux facteurs opérationnels, tandis que 11 % des autres répondants canadiens prévoient mettre de tels programmes en place dans les 12 prochains mois.

On remarque déjà une hausse considérable des initiatives liées aux changements climatiques en Colombie-Britannique. L’importance stratégique croissante de ces initiatives est notamment mise en évidence par la carboneutralité du secteur public de la province et des Jeux olympiques qui y ont été tenus, par la taxe sur le carbone ainsi que par la loi provinciale sur l’énergie verte (Clean Energy Act) qui a été annoncée récemment.

Il est essentiel de saisir les occasions que présente la lutte aux changements climatiques pour obtenir un avantage concurrentiel sur le marché. Par exemple, les employeurs font état de leur sensibilisation à l’égard de l’empreinte carbone de l’entreprise pour favoriser le recrutement et favoriser la fidélisation du personnel. À l’échelle mondiale, les répondants prévoient élaborer au cours des 12 prochains mois un plan de lutte aux changements climatiques axé sur les éléments suivants :

Au-delà des considérations relatives aux ressources humaines, 43 % des répondants croient que les analystes financiers tiennent actuellement compte des facteurs liés aux changements climatiques dans les évaluations d’entreprise. Par conséquent, les dirigeants veillent à s’assurer que les marchés financiers soient bien informés de la façon dont leur entreprise gère les risques et les opportunités liés aux changements climatiques.

Le succès des initiatives liées aux changements climatiques repose sur la collaboration ainsi que sur un leadership solide. Plus de 90 % des dirigeants ont indiqué que la gouvernance en matière de changements climatiques relève de l’équipe de direction ou du conseil d’administration de leur entreprise. Le leadership de la haute direction est indispensable à une bonne gouvernance. Pour favoriser une bonne gouvernance, les entreprises devraient envisager d’établir un comité directeur sur les changements climatiques formé de membres clés du personnel plutôt que de déléguer cette responsabilité à une seule personne.

Comme les répercussions des changements climatiques ont souvent une incidence sur des chaînes d’approvisionnement complexes, les entreprises doivent intégrer la lutte aux changements climatiques à tous les aspects de leurs activités. La mise en œuvre de pratiques de gouvernance solides se traduit chez l’ensemble des employés par une compréhension de la stratégie, des objectifs et des processus décisionnels de l’entreprise à l’égard des changements climatiques, la capacité de gérer les risques et d’agir en conséquence.

Les sociétés canadiennes commencent à adopter cette approche globale, étendant leurs efforts contre les changements climatiques à l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement. Ainsi, 70 % des répondants ont indiqué qu’ils collaborent avec leurs fournisseurs pour réduire leur empreinte carbone, ce qui peut également contribuer à réduire les coûts.

Bien que les initiatives liées aux changements climatiques s’inscrivent dans un cheminement tourné vers l’avenir, 89 % des entreprises canadiennes s’attendent à surmonter des obstacles en matière de gouvernance pour atteindre leurs objectifs. Le respect de la réglementation, l'efficience organisationnelle et le changement des comportements poseront bon nombre des principales difficultés anticipées, mais c’est le développement de produits qui arrive en tête de liste, ayant été désigné comme la plus grande difficulté par 79 % des répondants.

Par conséquent, les entreprises doivent entreprendre l’élaboration de leur stratégie dès maintenant. Pour assurer leur compétitivité à long terme, elles doivent commencer par centrer leurs efforts sur la gestion des talents internes et l’ouverture des voies de communication, deux facteurs de succès clés. L’établissement de programmes de développement interne et l’accroissement des communications avec les parties prenantes permettront aux entreprises de mieux comprendre ce que l’on attend d’elles et de déceler les tendances du marché avant leurs concurrents.

L’existence d’un cadre d’action pourra faciliter la mutation de l’entreprise. L’organisation pourra s’y reporter pour arrimer ses initiatives liées aux changements climatiques à sa stratégie générale. L’adoption d’un cadre d’action permettra aux dirigeants de saisir les occasions de servir leurs marchés et de bénéficier d’un avantage concurrentiel à long terme.

Pour de plus amples informations, allez à www.ey.com/ca ou à www.ey.com/CA/fr/Newsroom/News-releases/2010-CCaSS-survey.


Mike Mannella est associé, Services en changements climatiques et développement durable, chez Ernst & Young s.e.n.c.r.l. On peut le joindre à mike.a.mannella@ca.ey.com ou au 604-899-3540.

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