Édition Imprimée
      octobre 2009
Email    Print    Feedback

Au service de la musique

Par Sandra E. Martin
Photographe : Chris Lee

 

Zarin Mehta fait sa marque dans l'administration des orchestres symphoniques, combinant sa passion pour les chiffres et la musique.

Lorsque vous parlez à Zarin Mehta du pouvoir de la musique, vous prêchez à un converti. À titre de président-directeur général du New York Philarmonic, ce CA de 71 ans sait comment un concert peut faire lever les foules et parfois réussir là où les diplomates et les politiciens ont échoué.

L’année dernière, l’orchestre a fait les manchettes en se produisant en Corée du Nord, pays qui autorise peu d'étrangers à pénétrer ses frontières. Il passera encore à l’histoire ce mois-ci en se produisant au Vietnam et peut-être à Cuba, marquant un jalon prodigieux, non seulement pour les arts, mais aussi pour les relations extérieures des États-Unis. «La diplomatie fait partie intégrante du mandat du New York Philharmonic, déclare M. Mehta, Quand l’orchestre se produit à l’étranger, il représente notre pays.»

Le CA, dont le père était violoniste et chef d’orchestre, a baigné dans l’univers de la musique classique depuis sa plus tendre enfance, à Bombay. Il ne jouait toutefois pas d’un instrument, préférant écouter des disques. Par ailleurs, ses parents, qui savaient combien il était difficile de gagner sa vie comme musicien, souhaitaient que leurs deux fils s’orientent vers des carrières plus lucratives. Si son frère aîné, le chef d’orchestre Zubin Mehta, a rapidement troqué la médecine pour des études en musique, Zarin s’en est tenu à son projet initial de devenir comptable. «J’étais bon en maths et les chiffres ne me faisaient pas peur», se souvient-il.

Après avoir obtenu son titre de CA en 1962, Zarin Mehta a déménagé au Québec où il a exercé la comptabilité pendant près de 20 ans chez Coopers & Lybrand (maintenant PricewaterhouseCoopers), devenant associé en 1970, avant que l’Orchestre symphonique de Montréal le nomme directeur général, comblant ainsi son goût pour les mathématiques et son amour de la musique.

M. Mehta croit qu’on doit diriger un orchestre de la même façon qu’on dirigerait une entreprise et non un organisme de bienfaisance, et sa méthode a fait ses preuves. Il a été investi membre de l’Ordre du Canada en 1987 pour avoir assuré une stabilité financière sans précédent à l’Orchestre symphonique de Montréal. Et, sous sa férule administrative, le New York Philharmonic a toujours eu des fonds pour enregistrer des CD, sensibiliser le public à la musique et faire des tournées à l’étranger. De dire M. Mehta : «Si vous vous contentez de vous produire dans votre ville, personne ne saura combien vous êtes bon.»