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      octobre 2009
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Bien sortir de la crise

By Marcel Côté

L'économie mondiale sort péniblement d’une récession provoquée par la crise financière de 2008. Grâce à l’intervention musclée et concertée des gouvernements à l’échelle mondiale, nous avons évité que cette crise ne se transforme en dépression comparable à celle des années 1930.

Sans précédent
D’une part, les gouvernements se sont attaqués au redressement du système financier. En quelques semaines, à l’automne 2008, ils ont injecté des centaines de milliards de dollars dans ce système afin d’éviter une crise de liquidités. À l’exception de la faillite de Lehman Brothers aux États-Unis, maintenant perçue comme une erreur, la réorganisation du système financier s’est faite sans heurts. En six mois, les autorités monétaires du monde entier ont démontré qu’elles avaient compris les leçons de la crise de 1930-1932, alors que le système financier s’était effondré.

D’autre part, depuis l’automne 2008, les gouvernements se sont substitués aux consommateurs qui, frappés par la crise, avaient grandement restreint leurs dépenses. Les États-Unis ont injecté l’équivalent de 4 % de leur produit intérieur brut (PIB) dans l’opération. Au Canada, où nous sommes moins touchés par la crise, l’injection de fonds représentait 2 % du PIB du pays.

Le pire est passé
Toutefois, la croissance économique ne reprendra que lentement. Les consommateurs, encore sous le choc, demeurent incertains de l’avenir. Ils ont raison d’être prudents, car nous ne sommes pas encore sortis de la crise.

Les banques centrales devront retirer les réserves de capitaux investis dans les institutions financières, et qui deviennent progressivement excédentaires.

Les gouvernements devront mettre fin aux programmes de dépenses conçus pour suppléer temporairement à la demande des consommateurs.

Sans un retrait sur ces deux fronts, le monde entier risque fort de connaître une période d’inflation.

Se retirer n’est pas facile
Au Canada, le gouvernement fédéral devra résorber un déficit budgétaire de 50 milliards $, un défi de taille, qui exigera d’amputer plus de 10 % du budget.

Les politiciens font bien meilleure figure dans le lancement de programmes que dans le retrait de ces derniers, car ceux qui bénéficient des largesses gouvernementales se battront pour continuer à y avoir droit. Néanmoins, par le passé, le Canada a donné une leçon au monde entier sur ce plan, résorbant en trois ans, au milieu des années 1990, son déficit structurel.

La recette était simple et il ne faudrait pas l’oublier. Le ministre des Finances de l’époque, Paul Martin, a mis en oeuvre un régime minceur qui répartissait le redressement en trois grandes actions d’égale importance.

Il a d’abord haussé les taxes, demandant aux contribuables de financer le tiers de la réduction du déficit. Les programmes fédéraux ont écopé du deuxième tiers, qui s’est traduit par des restrictions budgétaires et des suppressions de postes. Enfin, les transferts aux provinces et aux particuliers ont constitué le troisième tiers des réductions. En trois ans, à la faveur d’une croissance économique qui a gonflé les revenus, le gouvernement a totalement résorbé le déficit structurel canadien, et a connu par la suite dix ans d’excédents budgétaires. La dette fédérale, qui représentait 71 % du PIB en 1995-1996, a diminué à 30 % en dix ans, permettant en prime, des réductions substantielles d’impôt.

Tous les Canadiens ont participé à l’élimination du déficit en 1995-1996. S’il souhaite sortir une fois pour toutes de la crise actuelle, Ottawa devra se préparer, d’ici 18 mois, à utiliser la même recette.


Marcel Côté est associé fondateur de SECOR Conseil à Montréal.