Édition Imprimée
      novembre 2009
Email    Print    Feedback

Remise en jeu

L’effondrement des marchés a mis les investisseurssur la touche. Le conseiller financier a unrôle crucial à jouer pour les ramener sur le terrain.

Par Garnet Anderson
Illustration : Michael Austin

Les marchés ont joué aux montagnes russes, et les plongeons l’ont emporté, et de loin, sur les remontées. Ajoutez à cela une population vieillissante et des revenus réduits, et on comprend facilement pourquoi tant de Canadiens sont anxieux. À l’heure où ils se tournent vers des professionnels pour obtenir des conseils, le comptable agréé doit connaître le contexte pour pouvoir répondre à leurs préoccupations.

Comment en est-on arrivé là? Les facteurs qui ont causé l’effondrement des marchés mondiaux ont fait couler beaucoup d’encre. On ne s’étalera donc pas là-dessus. Rappelons simplement que les causes étaient multiples et interdépendantes : des déséquilibres commerciaux persistants; la politique d’accession à la propriété menée par le gouvernement américain; le laxisme des banques centrales; des organismes de réglementation sous-financés et impuissants; des banques surendettées et insuffisamment bien gérées; des agences de notation accommodantes; des investisseurs grégaires et des consommateurs dépensiers. Les acteurs ont beau changer, l’Histoire est pleine d’épisodes de bulles.

À chaque cycle, la peur et les attentes rationnelles cèdent la place à l’avidité, à l’envie et à l’excès de confiance au fur et à mesure de la croissance économique. Puis un événement imprévisible crève la bulle, la peur s’installe et la déroute commence.

Au moment où l’on écrit ces lignes, il semble que la Seconde Grande dépression ait été ramenée au rang de Grande récession (ce qui n’est déjà pas mal). Les faillites de banques se sont espacées, les indices boursiers ont rebondi et le rendement des obligations d’entreprise n’affiche plus un écart énorme.

La reprise de la bourse, qui précède historiquement le redressement de l’économie d’environ trois mois (voir le tableau ci-dessous illustrant le décalage entre le S&P 500 et l’économie américaine), indique que nous sommes en bonne voie de redressement. Il n’en demeure pas moins que le commerce mondial, l’utilisation des capacités, les comptes publics ainsi que le niveau d’emploi ont considérablement souffert et, même si l’opinion dominante veut que les indices boursiers aient touché leur point bas en mars 2009, ce n’est pas une garantie.

Si cette thèse semble extravagante (l’indice boursier mondial MSCI exprimé en devises locales était après tout plus bas de 56,3 % le 9 mars 2009 par rapport à son sommet du 13 juillet 2007; quant au S&P/TSX, son recul se chiffrait à 50,6 %), il faut songer au sort peu enviable de la Bourse de Tokyo ces 20 dernières années. Sa valeur est toujours de plus de 70 % inférieure au sommet atteint en 1989.

Où en est-on?
Toujours dans le creux! Le calcul est élémentaire, mais il continue à dérouter les investisseurs. Il faut un rendement de 100 % pour compenser une chute boursière de 50 %. Autrement dit, les portefeuilles vont avoir besoin de temps pour s’en remettre. Ce n’est pas grave pour les investisseurs dans la trentaine, mais c’est un problème qui peut être lourd de conséquences pour les rentiers âgés qui risquent d’épuiser leur capital.

Comment s’en sortir?
Le tableau ci-dessus montrant l’indice des valeurs américaines à forte capitalisation recense les phases de baisse du marché américain provoquées par une récession depuis 1929.

Le marché baissier moyen a duré 19 mois et a fait perdre 37 % de la valeur à l’indice. Il a ensuite fallu 33 mois en moyenne pour que l’indice atteigne à nouveau son sommet précédent. Si le creux a été atteint en mars 2009 et que le rétablissement suit exactement l’évolution historique moyenne, les investisseurs devront donc attendre décembre 2011 pour voir le S&P 500 retrouver son sommet de 1576 points atteint en octobre 2007. En d’autres termes, l’investisseur doit supporter la chute, puis endurer stoïquement un lent rétablissement pour simplement reconstituer son patrimoine. Ce n’est qu’ensuite, dans les 13 mois suivants, en moyenne, qu’il recommence à s’enrichir progressivement.

Qu’a-t-on appris une fois de plus?
Comme le disait le poète et philosophe George Santayana, ceux qui oublient le passé sont condamnés à le revivre. Au moment où les investisseurs tentent de réparer les dégâts, ils peuvent avoir intérêt à se fonder sur les principes de base suivants du placement pour se tracer une nouvelle route plus judicieuse :

1. La diversification du portefeuille demeure critique. Malheu-reusement, la protection offerte par la diversification géographique est limitée dans la mesure où les corrélations entre les marchés augmentent en temps de crise. Revenez aux principes fondamentaux et envisagez une répartition appropriée entre les liquidités, les titres à revenus fixes, les actions et l’immobilier. Ensuite, faites entrer en ligne de compte la géographie, le style, la devise, le secteur d’activité, la méthode de sélection des titres de valeurs mobilières et le type de véhicule.

2. Investir relève autant de l’art que la science. Théorie moderne du portefeuille, modèle d’évaluation des actifs financiers (CAAM), hypothèse des marchés efficients, modélisation stochastique (valeur à risque) sont autant de concepts géniaux et utiles, mais imparfaits étant donné l’imprévisibilité du monde réel. Les personnes qui ont conçu, édifié et géré les hypothèques à taux ajustables, les titres adossés à des créances avec flux groupés, les structures d’accueil et les swaps sur défaillance de crédit sont évidemment brillantes, mais pas assez pour avoir couvert tous les angles. Les professionnels du placement doivent être bien conscients des limites et des risques des diverses théories et des divers types de placement. Si un instrument est trop complexe à comprendre, la meilleure politique consiste probablement à l’éviter.

3. La tolérance au risque est importante. Les investisseurs connaissent à présent l’effet que leur fait le risque. Il est intéressant de noter que l’effondrement boursier précédent datait de 2000 et, même si le cas de figure était différent cette fois-ci, on aurait pensé que la leçon de prudence aurait été encore relativement fraîche durant la dernière phase haussière. Comprendre la tolérance au risque d’un investisseur (son attitude émotionnelle face au risque) et sa capacité de risque (capacité à faire face financièrement à des pertes) constitue la pierre angulaire de la création d’une stratégie de placement qui n’empêchera pas un client de dormir, quelle que soit la situation. Une seule décision de placement inspirée par l’émotion peut défaire des années de planification et d’exécution soignées.

4. La répartition stratégique des actifs demeure utile. De nombreuses études ont conclu à l’extrême importance de la répartition du portefeuille entre différentes classes d’actifs. Pourtant, certaines sommités soutiennent à présent que la répartition stratégique des actifs, qui consiste à définir des cibles pour chaque classe d’actifs et à rééquilibrer régulièrement le portefeuille pour les atteindre, n’a pas vraiment protégé les investisseurs lors de la débâcle boursière. Y renoncer serait toutefois imprudent, dans la mesure où les investisseurs, tant individuels qu’institutionnels, ont besoin de la discipline d’un plan stratégique pour maîtriser le risque de portefeuille et les émotions qui nous guettent tous.

Même si elles sont intuitivement attrayantes, les solutions de rechange comme la synchronisation avec le marché ou l’assurance de portefeuille présentent des problèmes d’imprécision, de manque de répétitivité, de coûts de transaction et de fiscalité.

5. Nombre d’investisseurs veulent des changements tactiques. Se laisser acculer et encaisser les coups d’un marché en chute libre sans aucune réaction est une attitude que les investisseurs ont du mal à accepter.

Le conseiller ou le gestionnaire de portefeuille devrait mettre en place à l’avance des fourchettes convenues de répartition des actifs, assez larges pour permettre d’amortir les coups du marché par des ajustements du portefeuille, mais pas assez pour abandonner la stratégie de base. Il s’agit là d’un équilibre délicat, l’investisseur devant comprendre le degré de flexibilité offert tout en étant conscient qu’un conseiller ne réussira jamais parfaitement à mettre en œuvre ces ajustements.

6. Le fait d’être Canadien a ses avantages. Étant donné le poids des matières premières dans notre économie, le dollar canadien monte durant les périodes fastes, mais décline lorsque l’économie ralentit. Les portefeuilles canadiens se trouvent ainsi dotés d’un amortisseur naturel contre la baisse des placements américains et étrangers. Le problème est que nombre d’investisseurs l’oublient : ils se plaignent alors de leurs pertes de change lorsque le dollar canadien monte et exigent une couverture contre le risque de change. Compte tenu du taux de change actuel et de la difficulté à prévoir son évolution, c’est le moment de mettre en place une stratégie de couverture à long terme. Il faudrait avoir pour priorité de limiter le plus possible les regrets des investisseurs par le recours à une stratégie de couverture partielle.

7. Les actions, un investissement à long terme. La plupart des individus, des fonds de dotation et des caisses de retraite ont besoin d’incorporer des actions dans leur portefeuille pour répondre à leurs obligations à long terme. Compte tenu du supplément de risques encouru, il est logique que les actions dégagent des rendements supérieurs à ceux des liquidités ou des obligations.

Le tableau de la page  22, «Rendements totaux annualisés des actions américaines à forte capitalisation», met en lumière le fait que l’investisseur peut devoir attendre des années avant d’être certain que ses actions afficheront un rendement nominal positif. Il indique aussi que les obligations du Trésor américain peuvent rapporter plus que les actions sur des périodes non négligeables. La plupart des investisseurs ont donc besoin des deux classes d’actifs.

8. Le contrôle diligent vaut son pesant d’or. Même si cela demande de l’expérience et des ressources, il est crucial de rechercher des produits de placement meilleurs ou différents pour améliorer l’expérience que le client a de nos services. Les éclats comme les fraudes perpétrées par Portus et Bernard Madoff soulignent l’importance de se doter d’un processus de contrôle diligent. Le contrôle diligent initial doit se transformer en suivi permanent de façon à repérer en tout temps les maillons faibles. Les investisseurs doivent se demander si, lorsque tout le monde vendait, leur écurie de gestionnaires d’actifs a agi selon leurs attentes.

9. Tirer parti des pertes fiscales. Un des bons côtés de la liquidation massive d’actions est qu’elle a permis à certains de réaliser des pertes fiscales et de générer des rentrées de fonds et à d’autres, d’encaisser des pertes reportables aux fins fiscales, ce qui leur permettra de ne pas payer d’impôt sur leurs plus-values futures. Pour bien tirer parti des pertes fiscales, il faut souvent vendre ses titres, suspendre temporairement son exposition au marché boursier de même que réacquérir le titre d’origine au moment où la Loi de l’impôt sur le revenu le permet.

10. Planification financière. Il ressort des enquêtes  que les clients savent que le monde a changé. Par exemple, le numéro de juillet 2009 de High Net Worth Market Insights, une publication de Phoenix Life Insurance, indique que 49 % des personnes sondées qui sont près de la retraite s’attendent à devoir reporter leur date de départ en retraite. Le sondage sur la confiance à l’égard de la retraite mené par l’EBRI en 2009 indique que 72 % des Américains actifs s’attendent désormais à devoir exercer une activité rémunérée pendant leur retraite.

Même si personne ne veut modifier la date de retraite qu’il prévoyait, son niveau de dépenses ou ses plans de donation, beaucoup doivent s’y résigner. Au lieu de laisser les clients vivre dans un brouillard inquiétant, il vaut mieux réviser leur plan financier pour leur donner les repères qui leur permettront d’avancer et de procéder aux ajustements requis. Cela est particulièrement utile pour les personnes à la retraite ou sur le point de l’être.

Le graphique de la page 22, intitulé «Taux de retrait réel de 4 % sur un capital initial de 100 $», montre que la réussite de la retraite est partiellement attribuable à la chance.

Le graphique montre le résultat de 25 ans de retraits effectués à un taux réel (indexé sur l’inflation) de 4 % par an du capital initial d’un portefeuille simple (composé à 60 % d’actions représentant le S&P 500, à 35 %, d’obligations du Trésor américain et à 5 %, de liquidités) dans le cas de personnes parties à la retraite au début de chacune des décennies écoulées depuis 1930.

Des stratégies de dépenses et de placements identiques aboutissent à des résultats très variables. Au bout de 25 ans de retraits mensuels prélevés sur le capital initial, les 100 $ de Mme Retraitée 1980 se sont transformés en 552 $, alors qu’il ne reste plus que 40 $ à M. Retraité 1960. Le hasard n’est toutefois qu’un facteur et, souvent, les clients ne sont pas conscients du fait que la part de leur portefeuille qu’ils peuvent dépenser annuellement est très faible s’ils veulent réduire au minimum le risque d’épuiser leur capital.

Dans le scénario du deuxième graphique en page 24, on a simplement fait passer le taux de dépense à 5 % du capital initial du 100 $. En bout de ligne, dans quatre cas sur six, le capital se trouve totalement épuisé.

En résumé, les investisseurs, tant individuels qu’institutionnels, ont subi des revers importants ces dernières années. La durée et la vigueur de la reprise à venir demeurent des questions en suspens. Quoi qu’il en soit, un tel épisode constitue une excellente occasion d’évaluer votre philosophie de placement, vos techniques de composition du portefeuille et la valeur que vous offrez à vos clients. Les grands régimes de retraite ont déjà commencé à intégrer les enseignements de la crise dans leurs stratégies, et les investisseurs canadiens méritent le même type d’examen attentif.

QUELQUES CONSEILS
Par Dan Richards

L’effondrement des marchés boursiers mondiaux de l'automne dernier a eu nombre de répercussions. Les clients revoient leurs plans de dépenses et de retraite. Les organismes de réglementation du monde entier réexaminent leurs politiques de surveillance des pratiques du secteur financier. Les pouvoirs publics ont dû intervenir pour préserver la solvabilité des institutions financières et stimuler l’économie. De même, les professionnels du placement et les universitaires réexaminent les principes de l’élaboration de portefeuilles ainsi que les mesures de contrôle des risques.

Il ressort de discussions avec près de 500 investisseurs, dans le cadre de groupes de discussion ou d’entretiens en tête à tête sur l’effondrement boursier récent, un certain nombre d’attentes des investisseurs à l’égard de leur conseiller financier.

Un certain nombre de ces attentes ne sont pas nouvelles. Les investisseurs sont toujours à la recherche de conseillers ayant la capacité d’écouter, de montrer de l’empathie, de faire passer les besoins de leurs clients avant le reste et de fournir des conseils sur mesure tout en recommandant des solutions choisies parmi le plus grand éventail possible.

Dans le même temps, les attentes ont fondamentalement changé sur un certain nombre de points. Voici quelques recommandations pour aider les CA offrant des conseils financiers à bien communiquer avec la clientèle par les temps qui courent. Quatre nouveaux impératifs ont fait leur apparition :

1) Faites preuve d’empathie
Presque aucun investisseur n’est sorti indemne des événements boursiers de l’automne dernier : malgré le redressement qu’a connu la bourse depuis mars, certains se sentent encore anéantis par l’effet de l’effondrement sur leur portefeuille et leur projet de retraite.

Dans nombre de cas, la priorité du conseiller financier consiste à créer un lien d’empathie et à saisir les sentiments des clients : souvent, le client ne sera capable d’écouter son conseiller que s’il se sent d’abord lui-même écouté.

Pour le conseiller qui n’a pas encore eu de conversation approfondie avec son client sur ce que celui-ci ressent, voici une des meilleures entrées en matière lors d’une rencontre : «Nombre d’investisseurs ont perdu le sommeil à cause des événements boursiers de l’automne dernier. Dites-moi, avez-vous été affecté par la bourse ces derniers temps?»

Carrez-vous dans votre fauteuil et écoutez, en encourageant de temps à autre votre client à préciser ses confidences.

Parfois, le client se sent mieux lorsque son conseiller se confie lui-même. Un conseiller dit par exemple à ses clients : «On a traversé la période boursière la plus incroyablement difficile des dernières décennies. Je suis vraiment désolé d’avoir été incapable de prévoir la baisse et de vous protéger contre le retournement du marché. Malheureusement, presque personne n’a vu venir la chose, pas même certaines des personnes les plus astucieuses et les plus expérimentées dans le domaine du placement.»

2) Fournissez des pistes et une orientation… marquées par un optimisme équilibré
Deuxième impératif : fournir des lignes directrices pour l'avenir immédiat. Presque personne ne se réjouit de ce qui est arrivé à son portefeuille, mais en général, les investisseurs n’en imputent pas la faute à leur conseiller : ils voient que toutes leurs connaissances sont dans le même bateau.

Ce qui rend nombre d’investisseurs insatisfaits, c’est l'impression que leur conseiller est excessivement passif et qu'il ne leur donne pas d’orientation sur ce qu’ils devraient faire à présent. Ces jours-ci, les investisseurs sont à la recherche d’indications sur l’orientation à prendre et, s’ils n'en obtiennent pas de leur conseiller actuel, ils iront voir ailleurs. Malgré l’incertitude qui plane, les conseillers doivent prendre le temps de parler à leurs clients des différents scénarios possibles pour la période à venir et des implications respectives pour leur portefeuille.

À ce titre, le conseiller doit mettre à jour le plan financier de son client ou en élaborer un lorsqu’il n’en existe pas. Un des facteurs d’anxiété actuels chez nombre d’investisseurs provient de l’impression qu’ils n’ont aucune maîtrise de leur avenir financier, problème qu’un plan financier peut contribuer à corriger.

La plupart des investisseurs recherchent par ailleurs chez leur conseiller une vue globalement positive à moyen terme. Il ne s’agit pas d’acclamer le marché à tout-va ou de tout voir en rose (il est important d’exprimer un point de vue équilibré), mais nombre d’investisseurs sont las de l'atmosphère d’apocalypse de ces derniers temps. Ils sont à la recherche d’un conseiller pouvant les aider à tracer une feuille de route réaliste qui les conduira là où ils veulent aller, même si la date d’arrivée est reportée d’un an ou deux.

3) Incorporez de nouveaux points de vue
On entend souvent les investisseurs se plaindre du fait que leur portefeuille n’a pas changé depuis le déclenchement de la débâcle boursière de l’automne dernier. Ils émettent souvent le commentaire suivant : «Si mon portefeuille se justifiait à l’époque, étant donné tout ce qui a changé depuis, je ne vois pas comment il peut encore se justifier.»

Dans le cas des investisseurs dont l’argent se trouve investi dans des fonds communs de placement ou dans des comptes gérés, leur portefeuille a bien sûr été activement géré, et il revient à leur conseiller de les aider à comprendre en quoi leurs placements ont changé.

Dans d’autres cas, il peut être avantageux d’introduire un nouvel élément dans le portefeuille du client, par exemple des obligations d’entreprises de qualité.

Il est clair que toute recommandation doit être appropriée et qu’il ne faut jamais changer pour le plaisir de changer, mais le conseiller qui ne recommande pas les changements qui s’imposent court le risque de voir ses clients penser qu’il les traite par-dessus la jambe.

Cela ne vous interdit pas de recommander comme stratégie la persévérance. Soyez simplement conscient qu’il vous faudra argumenter davantage qu’avant, en exposant toutes les solutions de rechange et les options que vous avez envisagées avant de conclure qu’aucun changement ne se justifie.

4) Intensifiez la communication
Les événements de l’automne dernier ont accru la demande de contacts fréquents. Quel qu’ait été le degré de contact désiré par les clients il y un an, celui-ci est presque certainement plus élevé aujourd’hui. Et la demande ne concerne pas seulement la fréquence : les investisseurs sont à la recherche de commentaires plus substantiels sur les perspectives du marché et l’avenir de leur portefeuille. Nombre de conseillers ne peuvent pas satisfaire à cette demande en augmentant simplement le nombre de rencontres et de coups de téléphone.

Il leur faut donc compléter les moyens de contact traditionnels par de nouveaux moyens : articles envoyés par courriel, conférences téléphoniques ou encore midis-conférences pour ne citer que trois possibilités.

Les gestionnaires de placements ont été contraints de réexaminer leurs pratiques et d’adopter de nouvelles méthodes. De façon similaire, pour être efficaces, les conseillers en placement doivent revoir en profondeur leurs méthodes de communication avec la clientèle, en gardant les quatre impératifs qu’on vient de mentionner à l’esprit.


Dan Richards est président de Strategic Imperatives à Toronto. On peut le joindre à l’adresse suivante : Richards@getkeepclients.com

 


Garnet Anderson, CFA, CA, est vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Tacita Capital Inc., un cabinet familial de Toronto. On peut le joindre à l’adresse ganderson@tacitacapital.com