FINANCES PERSONNELLES
+ Plan de couverture
+ Remise en jeu
+ L’achat d’une propriété aux États-Unis
+ Plus
PME
+ En mode survie
+ 10 services valeur ajoutée
+ Marchés étrangers
+ Au sujet des PME
+ Intelligence d'affaires
+ Plus
IFRS et ISA
+ Point de contrôle
+ PCGR sociétés fermées
+ Normes canadiennes d'audit
+ Les ISA dans le monde
+ Pour réussir le passage obligé
+ Plus
TECHNOLOGIES
+ Systèmes CRM
+ Gestion de performance
+ Enquête 2009 sur les logiciels
+ Les PME à l’heure du système PEARL
+ Plus
LIEU DE TRAVAIL
+ Prévention de la fraude
+ CV chronologique gagnant
+ Certifié entreprise
+ Plus
EXPERTISE
+ Les fiducies à l’étranger sous pression
+ Survivre à la crise
+ Avantages fiscaux R-D
+ Guide fiscal VERT
+ Prix de transfert
+ Plus
Par Fred Blauer
Les CA disposent maintenant d’une gamme de logiciels ouverts parmi lesquels ils peuvent choisir celui qui convient le mieux à leurs clients
Au tout début de l’informatique, il était impossible d’exécuter un programme conçu pour le Système 34 d’IBM sur un mini-ordinateur VAX de Digital Equipment Corp. Les logiciels devaient être rédigés pour un environnement d’exploitation particulier qui comprenait le plus souvent du matériel. Aujourd’hui, tout a changé, IBM et, plus tard, Microsoft, ayant introduit les normes PC et DOS/Windows respectivement.

Selon le modèle logiciel traditionnel, le code source (instructions de programme) est protégé par un brevet, soit la propriété intellectuelle, pour que personne ne puisse l’utiliser, le copier ou le modifier sans l’avoir acheté ou obtenu sous licence de l’auteur.
On assiste, de nos jours, à un virage vers les logiciels ouverts qui, contrairement aux logiciels propriétaires, peuvent être utilisés, copiés et modifiés sans aucune restriction, et vers les logiciels normalisés, qui tournent sur n’importe quelle plateforme. Ce mouvement est alimenté par des sociétés comme IBM, Novell, Google et Sun, de même que par la puissance d’Internet et par l’esprit d’innovation de développeurs du monde entier.
L’excellent essai d’Eric S. Raymond, intitulé La cathédrale et le bazar, montre comment des contributions aussi nombreuses et divergentes ont pu donner naissance à des produits de si haute qualité, une approche qui semble toutefois fonctionner. (Un échantillon représentatif de ces programmes est présenté sur le site GPLPedia à www.gplpedia.com/#GPL.)
Linux
La philosophie initiale du logiciel libre a été épousée par l’Américain Richard Stallman, fondateur de Free Software Foundation, qui milite pour le logiciel libre et ouvert, et créateur de GNU, premier système d’exploitation libre et ouvert fondé sur Unix. Le logiciel libre du système d’exploitation Linux développé par l’ingénieur finlandais Linus Torvalds est bien connu. On l’utilise beaucoup sur des serveurs, des ordinateurs personnels et comme solution de rechange gratuite à Windows de Microsoft.
Les distributions Linux ont proliféré, mais les trois plus courantes sont celles de Red Hat, Novell et Canonical. Cette dernière propose Ubuntu, une distribution GNU/Linux créée par Mark Shuttleworth, un développeur sud-africain devenu milliardaire, puis astronaute en Russie. Ayant vendu sa société spécialisée dans la sécurité Internet, Thawte, au prix de 500 millions de dollars, il a décidé de faire sa part pour la communauté du logiciel libre qui avait contribué à sa réussite. Il a ainsi fondé la société Canonical et promis de distribuer gratuitement son principal produit logiciel et de le garder libre et ouvert.
Son slogan est «Ubuntu, le Linux pour les êtres humains», et la distribution est disponible sans restrictions sur son site Web. J’utilise ce système pour exploiter toutes mes applications personnelles et de PME, ainsi que pour mettre à l’essai divers nouveaux systèmes que j’expérimente. Les systèmes Linux semblent moins vulnérables aux attaques des logiciels malveillants que d’autres et ne nécessitent donc pas l’installation et la mise à jour continuelle d’un antivirus.
J’ai une version du logiciel Windows Fundamentals for Legacy PCs qui s’exécute dans une «machine virtuelle», ou partition logique du disque dur, au cas où il me faudrait revenir à l’ancien système pour des raisons de compatibilité. Les deux logiciels fonctionnent très bien en parallèle dans un réseau. De cette manière, il est possible de conserver d’anciens environnements avant d’en adopter définitivement un nouveau.
Logiciel libre
De nombreuses administrations publiques européennes ont déjà adopté les logiciels fondés sur des normes ouvertes. Au Canada, FACIL (fondation qui fait la promotion de l’informatique libre au Québec) poursuit le gouvernement québécois pour n’avoir pas eu la possibilité de répondre à un appel d’offres concernant la mise à niveau des logiciels propriétaires de Microsoft utilisés dans la fonction publique. FACIL accuse le gouvernement provincial et son équivalent fédéral d’un retard prononcé par rapport à d’autres administrations publiques en matière d’adoption des logiciels libres. Les gouvernements du monde entier cherchent à réduire leurs coûts et leur dépendance à l’égard d’éditeurs de logiciels particuliers.
La France, par exemple, a migré plus de 400 000 postes de travail du secteur public vers des logiciels libres en 2006, tandis que les Pays-Bas ont interdit l’utilisation de produits propriétaires au sein de leur administration. Le fait que tant de gens et d’entreprises utilisent encore Microsoft Office demeure un mystère, puisque la plupart auraient tout ce dont ils ont besoin avec l’équivalent de source ouverte, OpenOffice, qui ne coûte rien et dont les mises à jour sont gratuites.
Il existe d’autres types et catégories de programmes libres. Les plus courants sont les logiciels d’infrastructure ou à la demande. Par exemple, la pile technologique libre la plus utilisée s’appelle LAMP, pour «Linux/Apache/MySQL/PHP ou Python». Apparemment, Google et d’autres sociétés de TI utilisent abondamment les piles de logiciels libres pour leurs serveurs et services. Des géants comme Sun, Novell, Yahoo et IBM investissent dans le nouveau modèle de développement communautaire et achètent des éditeurs de logiciels libres comme OpenOffice, openSuse, MySQL, Zimbra.
SaaS ou l’informatique dans les nuages
Les nouvelles applications Web 2.0 ou de type «informatique dans les nuages», aussi appelées SaaS (pour «Software as a Service») ont fait beaucoup parler d’elles dans les médias.
Selon ce modèle, une seule application est accessible par des milliers de clients au moyen d’un navigateur Internet, selon une architecture multilocataire. Le client n’a ainsi pas à investir dans des serveurs ou des licences de logiciels, et le fournisseur n’a qu’une application à gérer, ce qui réduit les coûts par rapport à l’hébergement traditionnel. Des exemples de ce type de modèle de livraison de logiciels sont la suite Google Office en ligne et Gmail, gratuit mais non libre (c’est-à-dire que le code source n’est pas disponible). Il convient de faire une distinction importante entre libre et gratuit : le terme «logiciel libre» vient de l’anglais free software, où free s’entend dans le sens de free speech (libre expression) et non dans le sens de free beer (gratuité). Un nouveau programme d’informatique en mode SaaS, myERP.com, a été lancé lors de «la journée des développeurs Google» qui a eu lieu à Paris en 2008.
Il s’agit d’un nouveau logiciel ERP fondé sur le cadre GWT (Google Web Toolkit) et intégré aux applications Google. Il fournit une solution adaptée aux besoins des entreprises : logiciels de CRM, de comptabilité, de vente, d’approvisionnement, de logistique, de gestion des stocks, de production et de point de vente pour le secteur du commerce de détail. Il s’apparente à une application de bureau, mais il est accessible directement sur Internet au moyen d’un navigateur Web. Aucune installation ni gestion ne sont nécessaires : myERP.com gère les processus d’arrière-plan (sauvegarde, sécurité, disponibilité, etc.) et il est entièrement libre avec son accès illimité à la totalité des fonctions. On peut acheter des services additionnels comme le soutien, la formation et la personnalisation.
Applications de gestion
Si le modèle de développement de logiciels libres fonctionne pour les systèmes d’exploitation et les outils de développement, qu’en est-il des applications de gestion? Il existe plusieurs nouveaux programmes. La plupart des systèmes ERP traditionnels sont vendus selon des licences exclusives et assortis de services et contrats de maintenance comportant des frais. Les logiciels libres sont fournis selon des modèles de génération de revenus et la plupart sont fondés sur des frais de service, de personnalisation et de documentation.
Pour les systèmes SaaS, les revenus proviennent habituellement de la publicité ou des frais d’utilisation du logiciel et d’hébergement du service (comme dans le cas de Netsuite ou de Salesforce). On compte de nombreux systèmes de gestion et de comptabilité allant du point d’entrée au haut de gamme, ainsi que des logiciels conçus pour des secteurs comme la fabrication, la distribution et les points de vente. On peut se procurer des applications pour les systèmes d’exploitation, les utilitaires, la productivité, les finances personnelles, la comptabilité, la gestion de la relation client, la rédaction de rapports, la veille stratégique, la gestion du flux de travaux, la budgétisation et le commerce électronique (B2B et B2C).
Avantages et inconvénients
Les logiciels libres présentent un certain nombre d’avantages. Les nouveaux systèmes sont fondés sur des normes ouvertes et sont généralement indépendants de la plateforme et multilingues. Autrement dit, les applications serveur et client s’exécutent sur Windows, Mac ou Linux dans n’importe quelle langue. La présence d’une communauté de collaboration est un autre avantage important, car elle assure l’accès à du soutien et la pérennité du système si les développeurs disparaissent, puisque le code source demeure disponible. L’intégration peut être réalisée au niveau de l’interface de programmation d’applications ou, s’il y a lieu, du code source.
Beaucoup de systèmes composites et de combinaisons avec d’autres systèmes sont donc possibles, généralement sans licence. Un comptable pourrait ainsi très bien héberger un système pour un client. La plupart des systèmes étant basés sur le Web, toutes les données sont accessibles de n’importe où et peuvent être partagées. De plus, puisqu’il n’y a pas de frais de marketing ni de droits de propriété intellectuelle en sus des services, les coûts sont moins élevés, autre avantage important dans une conjoncture économique difficile. Même la sécurité est meilleure, car les systèmes sont transparents, et leurs lacunes ou bogues possibles, repérés par un plus grand nombre d’utilisateurs.
Toutefois, la multitude de systèmes et d’approches présente un inconvénient : faire un choix peut se révéler fastidieux. Un phénomène appelé «embranchement» (forking) peut en outre entraîner une fragmentation de la communauté.
Si n’importe qui peut copier le logiciel et démarrer son propre projet, un groupe pourrait décider de se dissocier de la communauté et de suivre une voie de développement et de gestion différente. Les résultats d’une première étude du marché des systèmes de gestion libres et ouverts ont été très encourageants et ils justifient des essais plus poussés.
Une comparaison fonction par fonction avec les systèmes propriétaires dépasse cependant le cadre du présent article. À ce sujet, le lecteur peut consulter l’enquête annuelle des logiciels comptables réalisée par Michael Burns (visiter le site www.camagazine.com/ERPenquete08), qui inclut un fournisseur de logiciels libres (xTuple). À mesure qu’ils évolueront, les nouveaux systèmes deviendront des solutions de rechange viables aux logiciels propriétaires pour la plupart des entreprises.
Il faut cependant être conscient des caractéristiques et des risques propres à l’informatique dans les nuages, et ceux qui choisiront cette voie devront chercher à obtenir des garanties en matière de sécurité, de sauvegarde, de temps de disponibilité, etc., et adopter une stratégie de migration possible à l’interne derrière les pare-feu, afin d’éviter une possible interruption des activités. (Voir les sites www.camagazine.com/foss et www.camagazine.com/saas pour consulter une liste de logiciels FOSS et SaaS dans chaque catégorie.)
Fred Blauer, CA•TI, CA•CISA est conseiller en gestion et chef de la direction de Fred Blauer & Associés à Montréal. On peut le joindre à fred@fblauer.com ou par le site www.fblauer.com.
Yves Godbout, CA•TI, CA•CISA, est directeur du service des TI au Bureau du vérificateur général du Canada, et dirige cette rubrique.