FINANCES PERSONNELLES
+ L’achat d’une propriété aux États-Unis
+ Inquiétudes post-emploi
+ Plus
PME
+ En mode survie
+ 10 services valeur ajoutée
+ Marchés étrangers
+ La juste evaluation
+ Faire croître ma PME
+ Vos actifs à la rescousse
+ Plus
IFRS et ISA
+ Sept normes côte à côte
+ Normes canadiennes d'audit
+ Pour réussir le passage obligé
+ Plus
TECHNOLOGIES
+ Systèmes CRM
+ Gestion de performance
+ Enquête 2010 sur les logiciels
+ Plus
LIEU DE TRAVAIL
+ Profession plurielle
+ La RSE : vraiment gagnante
+ Santé et productivité
+ Prévention de la fraude
+ CV chronologique gagnant
+ Gare aux fausses notes
+ Générations et objectifs
+ Les primes gardent la cote
+ Plus
ÉTUDIANTS CA
+ Certifié entreprise
+ Destination: CA
EXPERTISE
+ Les prix de transfert
+ Plus
By Marcel Côté
Le Canada connaît un problème majeur de productivité, le principal déterminant du niveau de vie d’un pays. Depuis vingt ans, celle-ci croît à un taux bien inférieur à celui des Américains. Il n’est donc pas surprenant que notre niveau de vie moyen se situe aujourd’hui à quelque 80 % de celui de nos voisins du sud, alors qu’il a déjà frisé la parité.
L’innovation est le principal facteur de hausse de la productivité. Les Canadiens sont moins innovateurs que les Américains, mais il est difficile d’expliquer pourquoi. J’ai récemment participé à une table ronde d’experts qui se sont penchés sur cette question, à la demande d’Ottawa.
Sommes-nous innovateurs?
Une innovation implique un changement qui crée de la valeur, soit un nouveau produit ou une façon plus efficace de produire. Les Canadiens semblent aussi inventifs que les Américains lorsqu’il s’agit de développer de nouveaux produits. Qu’il s’agisse du Blackberry ou encore du Cirque du Soleil, nous semblons posséder notre juste part des innovations qui bouleversent l’ordre établi et ouvrent de nouveaux marchés. Mais de tels succès ne composent qu’une infime partie des innovations qui, d’année en année, stimulent la croissance économique.
En fait, la plupart des innovations portent sur l’amélioration de produits existants, soit leurs caractéristiques, soit leur processus de production ou encore leur distribution. À ce titre, les entreprises canadiennes sont moins performantes, semblent moins se démarquer par l’innovation et se contentent trop souvent de suivre et d’imiter ce qui se fait ailleurs, et seulement lorsque la concurrence l’exige. Pourquoi agissent-elles ainsi, alors qu’aux États-Unis, les entreprises se concurrencent en innovant?
La stratégie des entreprises
La petite taille du marché canadien, dix fois moins grand que le marché américain, le protège partiellement de la concurrence des entreprises américaines, qui hésitent à franchir la frontière (p.ex. les grands magasins Target), ou qui confient le marché canadien à des distributeurs canadiens, comme dans le cas de la production d’émissions de télévision. Notre marché devient alors souvent l’apanage d’un club fermé d’entreprises qui ne se sentent pas obligées d’innover pour concurrencer. Elles se satisfont de coûts plus élevés (c’est plus cher au Canada) ou de produits légèrement dépassés (ce n’est pas encore arrivé au Canada). Cet état d’esprit donne lieu à une productivité en recul par rapport aux États-Unis.
Cette nonchalance des entreprises contraste avec la fébrilité de nos gouvernements qui soutiennent, par de nombreux programmes, la poursuite de recherche et de développement (R-D), espérant en voir sortir des innovations. Le problème, c’est que cette approche est inefficace pour stimuler l’innovation. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la R-D ne crée pas nécessairement de l’innovation, car celle-ci n’en dépend qu’en partie. En fait, beaucoup d’innovations n’exigent pas de R-D. En outre, la R-D menant à l’innovation se déroule rarement dans des laboratoires subventionnés par les gouvernements ou dans les universités.
Nous devons repenser nos stratégies publiques d’innovation, actuellement trop axées sur la R-D. Celle-ci reste utile car elle apporte la connaissance, mais il y a une grande différence entre le progrès des connaissances, aussi nobles soient-elles, et celui de l’innovation économique.
Que faire?
Le grand défi du Canada consiste à amener les entreprises canadiennes à se concurrencer davantage par l’innovation en encourageant d’abord l’expérimentation et le changement, plutôt qu’en subventionnant la R-D. Nous devrions aussi faciliter l’arrivée de nouveaux concurrents, canadiens et étrangers, dans les secteurs trop fermés à la concurrence et où les entreprises ne se sentent pas obligées d’être innovatrices. Nous pourrons ainsi relever notre taux de productivité.
Marcel Côté is founding partner at SECOR Consulting in Montreal