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Par Marcel Côté
La flambée du prix des matières premières stimule la croissance économique des provinces de l’Ouest. Le boom n’est plus limité à l'Alberta et à la Colombie-Britannique, mais il s’étend maintenant à la Saskatchewan en raison de sa production de potasse, de sables bitumineux et de céréales, et même au Manitoba, également pour sa production de céréales.
Nombreux sont ceux qui soutiennent que l’économie au Canada est en train de subir un déplacement majeur de son centre de gravité vers l’Ouest. Devrait-on dire aux jeunes de quitter le Canada central pour aller faire fortune dans l’Ouest?
Un déplacement fort modeste
En 2008, les quatre provinces de l’Ouest absorbent 32,5 % du produit intérieur brut (PIB) du Canada. Par contre, selon le Conference Board du Canada, leur part du PIB en 2018 ne dépassera pas 33 %.
En ce qui a trait à leur population, cette part n’augmentera que de 0,5 % pour atteindre 30,6 %. En fait, les provinces centrales continueront de défendre leur position dominante dans l’ensemble canadien.
L’Ontario devrait même voir son poids démographique augmenter de près de 1,2 % pour atteindre 40,2 % en 2018, reflétant son attrait puissant auprès des immigrants, facteur principal de la croissance de sa population. La part du PIB créée au Québec et en Ontario devrait aussi progresser. En somme, aucun recul du Canada central n’est envisagé d’ici 2018.
Calgary, ville champignon
C’est peut-être la croissance très rapide de Calgary qui en pousse plusieurs à conclure à un renversement de situation. Calgary, qui compte aujourd’hui 1,2 million d’habitants, connaît un boom immobilier exceptionnel.
Des projets totalisant plus de dix millions de pieds carrés d’édifices à bureau sont sur la table, pour s’ajouter aux quelque 50 millions de pieds carrés de locaux pour bureaux déjà en place. En comparaison, la ville de Montréal, dont la population est trois fois plus importante, dispose de 72 millions de pieds carrés de locaux commerciaux à louer et d’à peine quelques millions à l’état de développement. Calgary peut-elle envisager de dépasser Montréal à titre de deuxième place d’affaires au Canada?
En fait, il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Si, au cours des dix prochaines années, Calgary maintenait la même croissance démographique de 2,8 % qu’elle a connu de 2003 à 2007, soit trois fois et demi plus que le 0,8 % de Montréal, sa population ne s’élèverait quand même qu’à 1,5 million d’habitants en 2017. Selon le même critère, la ville de Montréal compterait alors quatre millions d’habitants. En 2017, Vancouver demeurera 80 % plus importante en matière de population que la ville de Calgary, si les tendances actuelles se maintiennent.
Un paysage économique stable
Le paysage économique du Canada évolue lentement. Si on le compare sur une période de cent ans, les différences sont énormes. Sur vingt ans, elles le sont toutefois beaucoup moins. La hausse du poids économique de l’Ouest est plus lente que ne le suggèrent les manchettes de journaux. Toutes les régions connaissent une croissance et chacune comporte sa propre dynamique. Les ressources naturelles soutiennent l’Ouest tandis que les industries du savoir et de l’immigration alimentent le Canada central.
Les provinces atlantiques se tournent de nouveau vers les ressources naturelles, avec les découvertes récentes d’hydrocarbures. En raison de la progression de la pyramide des âges, les jeunes sont très en demande sur le marché du travail partout au Canada. À eux de choisir le mode de vie qu’ils préfèrent. Toutes les régions du Canada leur offrent actuellement un avenir prometteur.
Marcel Côté est associé fondateur de SECOR Conseil à Montréal.