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      avril 2008
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Le coin des lecteurs

POURRIEZ-VOUS EXPLIQUER VOTRE JARGON?

Je ne suis pas un expert en informatique, mais j’envisageais avec intérêt la lecture de «Partie de pêche… en ligne!» (Technologies, décembre 2007).

J’ai toutefois été déçu par le contenu de l’article, rédigé par des experts en informatique et, à mon avis, trop technique pour des néophytes comme moi. On n’y définit que le sigle «DNS» (système de noms de domaine); aucune explication n’accompagne des sigles comme «URL» ou «TCP/IP», qui appartiennent peut-être au jargon quotidien des experts, mais ne sont pas compris de tous. Je crois que l’article serait plus utile si on expliquait les sigles à l’intention des lecteurs qui en ignorent le sens.

Peter Yardley
Toronto

Réponse de Yves Godbout : Vos commentaires sont appréciés. Nous nous efforçons de simplifier le plus possible les articles de la rubrique «Technologies». Le texte que vous mentionnez visait à attirer l’attention des lecteurs sur les quatre grandes règles suivantes :

1-Il ne faut pas cliquer sur les hyperliens contenus dans les courriels.
2-Il n’est pas possible de reconnaître un site Web frauduleux en le voyant.
3-Il faut faire preuve de beaucoup de prudence en transmettant des données confidentielles sur le Web.
4-Le navigateur Web et le système d’exploitation doivent être mis régulièrement à jour pour assurer une protection accrue (la vôtre et celle de votre système).

Les termes que vous avez relevés sont définis avec précision dans Wikipedia. (http://wikipedia.org).

Ce site Web constitue probablement la première ressource à consulter lorsqu’on se trouve devant des termes ou des sigles dont on ignore le sens.

Voici une brève définition des sigles que vous avez indiqués :

  • Le sigle URL correspond à l’anglais Uniform Resource Locator (littéralement «localisateur uniforme de ressource»). Il s’agit de l’adresse Web qu’on entre généralement dans la barre d’adresse d’un navigateur Web.
  • L’appellation TCP/IP est inspirée du nom anglais de deux des protocoles les plus importants de la famille de protocoles TCP/IP :le Transmission Control Protocol (littéralement «protocole de contrôle de transmissions») et le Internet Protocol (soit le protocole Internet ou protocole IP). Ces derniers sont en outre les deux premiers protocoles de réseau à avoir été définis. Autrement dit, le sigle TCP/IP renvoie à la façon dont l'information circule dans les réseaux.

CHAPEAU!

Dans sa «Lettre au gouverneur de la Banque du Canada» (Perspectives, numéro janvier-février 2008), Marcel Côté se demande comment la Norvège et la Grande-Bretagne ont réussi à mieux maîtriser l’appréciation de leur monnaie face à l’euro que le Canada ne l’a fait dans le cas de son dollar par rapport à la devise américaine. Il ne donne aucune réponse. Quelques explications me viennent toutefois à l’esprit.

La parité entre le huard et le billet vert ne s’explique-t-elle pas davantage par la chute de ce dernier que par une envolée du premier? L’alourdissement considérable de la dette publique, les déficits budgétaires annuels et les sommes engouffrées dans le complexe militaro-industriel aux États-Unis ne peuvent qu’affaiblir la monnaie américaine. L’offre excède la demande, à plus forte raison lorsqu’on enregistre un déficit commercial, ce qui fait baisser sa valeur par rapport aux autres devises.

La Norvège exploite des gisements pétrolifères classiques dans la mer du Nord (ce qui coûte beaucoup moins cher que l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta) et elle utilise ses recettes pétrolières pour soutenir son économie. Comme la demande pour la couronne norvégienne est relativement faible, il n’est pas surprenant que la Norvège ait réussi à mieux faire face aux difficultés économiques et aux fluctuations du taux de change que le Canada.

Par ailleurs, en Grande-Bretagne, Margaret Thatcher a utilisé les revenus pétroliers et gaziers pour fermer des mines de charbon et des aciéries, puis pour verser des indemnités aux nouveaux chômeurs. Ces revenus lui ont permis de privatiser des secteurs et de restructurer l'économie.

Or, l’augmentation du taux de chômage qui a découlé de ces mesures a réduit à néant leur effet stimulant. Le gouvernement de Blair-Brown a pour sa part favorisé la croissance économique en laissant les consommateurs s’endetter en contractant des emprunts garantis par des biens immobiliers dont la valeur augmentait.

Comme l’argent affluait, la livre s’est appréciée par rapport à l’euro. Mais la bulle semble sur le point d’éclater : les propriétaires risquent de se retrouver avec une valeur nette négative. Malgré tout, le cours de la livre sterling a très peu fluctué sur les marchés internationaux, variant entre 2 et 2,25 $ au cours des 25 dernières années.

L’Union européenne (UE) a subi l’impact de la réunification de l’Allemagne et s’est élargie aux pays moins riches d’Europe de l’Est. Les fruits de sa force collective ont été réinvestis en UE, ce qui a permis de mettre en place les fondements d’une croissance durable. L’euro commence à peine à prendre de la vigueur, mais on verra sans doute sa valeur s’apprécier face à la livre sterling.

Tout compte fait, j’estime que David Dodge mérite mieux qu’un «D» parce qu’il a mis le Canada à l’abri des excès commis aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Il n’est pas responsable du fait que nos fabricants aient misé sur la faiblesse du huard plutôt que sur l’efficience, ni du fait que les gouvernements provinciaux n’aient pas encouragé la diversification économique. Si nous avions adopté le dollar américain comme monnaie, notre politique monétaire aurait été décidée par Greenspan et Bush… L’homme ne mérite pas de porter le chapeau de nos difficultés : on devrait plutôt lui tirer notre chapeau.

Ivan Dolynskyj, CA
Toronto

Réponse de Marcel Côté : La principale fonction d’une banque centrale est de maintenir la valeur de la monnaie. David Dodge (comme la majorité des gouverneurs de banque centrale des pays industrialisés au cours des 15 dernières années) a bien réussi, puisque l’inflation a pu être contenue. Or, l’atteinte de cet objectif par la Banque du Canada, qui a reproduit l’erreur commise par John Crow en 1990-1991, a donné lieu à un coût réel important pour l’économie canadienne. Les banques centrales d’autres pays à monnaie flottante, celles de l’Angleterre et de la Norvège, par exemple, se sont acquittées de leur complexe mission de façon plus astucieuse. Ces deux pays ont d’ailleurs enregistré des taux d’inflation plus faibles que le Canada depuis 2000. Au fond, c’est la monnaie qui doit être au service de l’économie réelle, et non l’inverse.

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Heidi Veilleux
Troy (Michigan)

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