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Par Jim Carroll
Un vieil ami et collègue m’a posé une question très intéressante après avoir lu ma dernière chronique sur le réseautage social et le «Web 2.0» :«Est-ce que ça ne ressemble pas à ce que les gens font depuis 25 ans?»
Il a raison jusqu’à un certain point. Les gens communiquent en ligne depuis près de 30 ans grâce à diverses technologies. En fait, c’est le degré de sophistication des outils de communication qui change. Nous continuons à apprendre de nouvelles façons de communiquer et de collaborer, de partager nos connaissances et d’appréhender l’information. Une part énorme du capital intellectuel est employée à trouver des manières d’accéder aux quantités astronomiques d’information partagée, de les conserver et d’en exploiter la valeur (voir la section «Des données en quantité» ci dessous). Il serait intéressant de trouver les mêmes solutions pour le déluge de données financières qu’on produit.
L’occasion se trouverait-elle du côté d’une perspective sociale et collective semblable à celle que l’on voit dans le cas du «Web 2.0»? La révolution du réseautage social nous mène peut-être vers la nouvelle ère de la «comptabilité sociale».
Voici un exemple pour illustrer mes propos. Une des entreprises les plus novatrices que j’ai connues ces dernières années se spécialise dans la distribution de jeux vidéo. Sa mission fondamentale est de s’assurer que les nouveaux jeux parviennent à temps du fabricant au vendeur.
Selon le directeur des systèmes d’information du distributeur, de 45 % à 60 % des rentrées de fonds totales d’un jeu vidéo type sont réalisées dans les quatre jours qui suivent sa mise en vente.
L’entreprise mise donc sur l’excellence en matière d’exploitation. Sa culture d’entreprise, son système d’information, sa structure de gestion et son objectif organisationnel visent la perfection pendant ces quatre jours. La direction a alors analysé les données dont elle disposait et a constaté une lacune énorme : le système financier de l’entreprise ne renseignait nullement sur ce qu’il advenait du produit sur les rayons de ses clients, qu’il s’agisse des grandes chaînes, des petits commerces de jeux électroniques ou encore des distributeurs en ligne.
La direction a alors eu une idée prodigieuse. L’entreprise en question s’est rendue compte qu’elle pourrait accomplir beaucoup, notamment en réglant le problème du manque de connaissance du marché.
Elle a mis en place des outils financiers raffinés, maximisant les produits et la capacité d’exploitation pendant ces quatre journées décisives. En d’autres termes, sa solution financière supposait l’établissement d’une collaboration ou d’une nouvelle forme d’interaction avec un partenaire commercial. Cette façon de faire avec tous les partenaires de l’entreprise donne lieu à une forme de comptabilité sociale. Il n’est pas rare de voir des périodes brèves et marquées de maximisation des produits, une bonne partie de ceux ci entrant, pour un jeu donné, en quelques jours à peine.
Ce cas de figure ne se limite évidemment pas au secteur du jeu vidéo. L’accélération de l’innovation et la réduction du temps d’accès au marché deviennent des facteurs déterminants dans tous les secteurs d’activité.
Les systèmes financiers peuvent jouer un rôle fondamental à cet égard à condition de modifier notre façon de les voir. Outils permettant de consigner et de gérer l’information au sein même de l’entreprise, ils peuvent devenir des ressources de gestion de nos liens sociaux avec les fournisseurs, clients et autres partenaires commerciaux. Un simple changement d’attitude peut nous permettre de découvrir des moyens plus rentables de gérer nos organisations.
Voyez par vous-même • En 2006, selon la revue Business Week, nous avons produit près de 161 milliards de gigaoctets, sous forme de textes, vidéos, images, graphiques, etc. |
Jim Carroll, FCA, est un conférencier, auteur et chroniqueur de renom. On peut le joindre à jcarroll@jimcarroll.com ou visiter son site Web à l’adresse : www.jimcarroll.com.