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      mai 2007
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La connexion idéale

Par Yves Godbout

Au domicile ou en entreprise, une connexion informatique efficace est incontournable, surtout avec la croissance des échanges électroniques

L’ère de la connectivité sans fil est-elle arrivée? Les arguments en faveur des systèmes sans fil ou câblés diffèrent, selon qu’on soit à la maison, en contexte de PME ou de grande entreprise.

L’exigence réseautique
Les besoins de la plupart des gens se résument au partage de fichiers, à l’impression, aux applications Web et à la navigation sur Internet, ce qui ne requiert pas beaucoup de bande passante. La majorité des connexions résidentielles haute vitesse ont seulement deux ou trois mégabits; c’est suffisant pour travailler sans problèmes sur Internet. (La connexion Internet haute vitesse a sans doute un débit nominal de quatre à sept mégabits. En examinant le débit réel, on constate que le délai de transit imposé par Internet réduit ce chiffre à deux ou trois mégabits pour la plupart des sites.)

Quand il s’agit de connexion avec des serveurs d’entreprise, le facteur de fiabilité est primordial. En effet, il n’est pas très utile d’avoir une connexion de 100 mégabits qui nous laisse tomber alors que l’on travaille sur un document volumineux ou que l’on se trouve en communication avec le serveur de courriel ou une base de données. Dans la plupart des cas, une connexion plus fiable est préférable à une connexion plus rapide, mais moins stable. À la maison ou dans un café Internet, cependant, on peut se contenter d’une connexion plus précaire si l’on ne fait que naviguer sur Internet ou lire son courrier.

Il existe différentes vitesses de connexion. À l’adresse www.camagazine.com/savytable, on trouve un tableau de comparaison des débits, méthodes et protocoles de connexion courants. Il donne aussi la signification de plusieurs acronymes, permettant de mieux comprendre les questions de réseau.

La maison câblée
Une maison de construction récente dispose peut-être d’un système de précâblage, comprenant un panneau de raccordement au sous-sol où toutes les connexions aboutissent. À partir de ce panneau, on peut relier toutes les prises situées dans différentes pièces de la maison à sa connexion Internet ou entre ces connexions, afin de former son propre réseau domestique. Si l’on est habile sur le plan technique, on voudra peut-être un jour se servir du réseau comme système de divertissement au foyer, que ce soit grâce à une source centrale de musique ou en répartissant les émissions de télévision ou les films par l’entremise de son PC multimédia. Avec le temps, cette technologie sera plus répandue, plus abordable et plus conviviale.

Dans le cas d’une maison plus ancienne ou non câblée, on souhaitera peut-être faire installer l’infrastructure qui permettra le partage d'Internet et des imprimantes. Cette opération peut s’avérer difficile si on compte plusieurs étages et un sous-sol fini. Un travail bien fait supposera tirage de câbles, rebouchage de murs et nouvelles finitions.

La maison sans fil
Si la maison n’est pas câblée et que l’on souhaite partager une connexion Internet ou bénéficier de fonctionnalités réseautiques de base, le réseau sans fil constitue une bonne solution. Moyennant quelques dollars et quelques heures pour se renseigner et procéder à l'installation, on disposera chez soi d’une connexion Internet partagée sans fil. Pas de câbles, ni de trous dans le mur, ni de prises. On pourra utiliser son ordinateur portatif n’importe où, y compris à côté de la piscine. Mais en y réfléchissant bien, peut-être pas.

Comme beaucoup l’ont constaté, le rayon d’action indiqué sur l’appareil est généralement optimal. Une connexion réseau peut être interrompue à tout moment par un autre appareil sans fil utilisant la même fréquence. Dans bien des cas, à moins d’être dans la ligne de visée du routeur, la connexion risque de devenir instable. Un téléphone sans fil, un four à micro-ondes, un appareil utilisant Bluetooth ou une autre technologie sans fil peuvent être des causes de déconnexion car elles partagent généralement la même fréquence grand public de 2,4 GHz. La structure de la maison peut aussi constituer un obstacle. Les murs de béton, les poteaux ainsi que les portes métalliques peuvent interférer avec le signal sans fil. Ce facteur a peu d’importance en ce qui a trait à la navigation sur Internet, mais cela devient très désagréable si l’on est relié à son bureau via un réseau privé virtuel (RPV) ou une connexion «Bureau à distance». Une coupure de connexion pourrait se traduire par une interruption de session, nécessitant une nouvelle authentification, avec les retards et la perte potentielle de données inhérents.

Lorsqu’il s’agit d’installer un système sans fil, on doit penser «sécurité». À cet égard, l’utilisateur d’un réseau sans fil à domicile doit chiffrer les données. Il peut le faire sans difficulté en implémentant le protocole WPA dans l’appareil sans fil.

On ne doit jamais utiliser une connexion sans fil sans chiffrement, à moins d’être prêt à partager la connexion Internet avec ses voisins (on ne voudra sans doute pas être le fournisseur d’accès Internet de tout le voisinage). L’implémentation des fonctions de sécurité de base sur les appareils sans fil est relativement simple et bien documentée. Pour l’usage domestique, les fonctions élémentaires devraient suffire. Mais il vaut la peine, comme pour toute mesure de sécurité, de bien effectuer ses recherches afin de mettre en œuvre une solution adaptée à son environnement.

L’entreprise câblée
De nos jours, la plupart des entreprises câblées ou récemment mises à niveau disposent d’un câblage de catégorie 5, 5e ou 6. Elles représentent la capacité de transmission du signal. Il existe toutes sortes de normes techniques dictant la façon d’installer les infrastructures de câblage pour obtenir un service nominal précis. De plus, de nombreuses entreprises se spécialisent dans l’installation de câbles.

Pour la majorité des applications d’entreprise nécessitant la transmission d’un fort volume de données ou dont les utilisateurs ne peuvent pas se permettre de voir leur session interrompue, une bonne connexion est indispensable. Il y a quelques années, une connexion spécialisée de dix mégabits était considérée comme suffisante, mais, de nos jours, la norme est plutôt de 100 mégabits. Le câblage de catégorie 5 et plus répond facilement à cette exigence.

Nous avons constaté récemment une tendance aux connexions d’un gigabit avec le poste de travail. Ce débit demande un câblage de catégorie 5e ou 6. Il n’est cependant pas nécessaire de se précipiter dès maintenant pour acheter du matériel réseau gigabit. Certes, il est sage d’investir dans du câblage mieux structuré, comme celui de catégorie 5e ou 6, si on fait une nouvelle installation ou une mise à niveau, mais il est encore tôt pour le matériel réseau. C’est une technologie coûteuse qui n’est pas indispensable, sauf dans les salles de serveurs et les points de concentration majeurs du réseau. De nombreux bureaux et entreprises utilisent du câblage de catégorie 5, ce qui devrait suffire pendant un certain temps.

Un autre besoin ayant fait son apparition dans l’entreprise est le support de la voix sur IP. De nombreux appareils téléphoniques utilisant ce protocole ont besoin d’électricité pour fonctionner. Les meilleures installations sont fondées sur l’alimentation électrique par câble Ethernet. Elle consiste simplement en l’ajout, à même le câble du réseau, de la tension électrique nécessaire à l’alimentation du téléphone. Ce principe peut paraître simple, mais il peut être déterminant quant à la façon de câbler le réseau et au type de matériel à acheter.

L’entreprise sans fil
Les histoires de réussite sont nombreuses. Toutefois, les réseaux sans fil ne sont peut-être pas la solution idéale pour les entreprises, car ils ne sont pas assez robustes. Ils n’offrent pas la bande passante soutenue, la fiabilité, la sécurité ni l’extensibilité que procure le câblage.

Cela ne signifie pas qu’il faut éviter la connectivité sans fil au bureau. En fait, elle fonctionne bien si elle est adéquatement mise en œuvre pour des endroits précis, comme la salle du conseil et les salles de conférence. Mais elle ne peut pas offrir le rendement à toute épreuve d’une connexion matérielle spécialisée.

À la maison, on ne se soucie pas de la sécurité de son réseau, mais au bureau, on ne peut pas risquer de dévoiler les données de l'entreprise ou des clients aux étrangers. Il faut donc mettre en œuvre des contre-mesures efficaces, telles que les RPV ou d’autres procédés d’authentification qui assureront une bonne protection du réseau.

La connectivité sans fil
Il est maintenant plus facile de se relier à Internet partout sur la planète. Si notre entreprise est accessible par Internet, on peut se connecter à son réseau n’importe où. On doit cependant s’assurer que les fonctions de sécurité appropriées protègent ces connexions et sécurisent nos données. Rappelons cependant que le sans fil facilite la connectivité.

De nombreux endroits offrent une connexion Wi-Fi : cafés, hôtels, salles de conférence, gares, aéroports, trains, avions et même haltes routières. Certaines sont gratuites. D’autres coûtent cher, mais elles offrent toutes un accès facile à Internet et à son propre réseau. Un PC équipé d’un pare-feu personnel configuré convenablement devrait être protégé et productif, même à l’extérieur du bureau.

On peut aussi faire appel à un autre type de connectivité réseautique appelé «connectivité cellulaire». S’il a gagné en vitesse et en fiabilité, il coûte cependant cher et se révèle presque inutilisable pour la plupart des applications. Divers protocoles sont utilisés pour la connectivité cellulaire. Certains d’entre eux offrent plus d’avantages que les autres en matière de débit, mais ils coûtent tous cher, en plus d’être plafonnés à environ 250 mégaoctets par mois. C’est bien peu pour l’utilisateur intensif d’Internet.

Le monde est de plus en plus interconnecté et cette tendance ira croissant. Dans quelques années, nous verrons des améliorations qui rendront la technologie plus accessible en tout temps et en tout lieu. Il n’est pas nécessaire de connaître toutes les complexités de la réseautique pour se débrouiller dans ce monde branché, mais il est utile d’en comprendre les notions de base. En allant à www.camagazine.com/primer, on trouve la terminologie fondamentale sur les réseaux ainsi que des tableaux de référence. Rappelons cependant que la technologie est rapidement périmée; les changements sont nombreux et constants.


Yves Godbout, CA•TI, CA•CISA, est directeur des services des TI au Bureau du vérificateur général du Canada. Il possède une vaste expérience de l’application des technologies de l’information à l’entreprise et à la vérification. Il est président de l’Alliance pour l'excellence en technologies de l’information de l’ICCAet dirige la rubrique «Technologie» de CAmagazine.

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