Édition Imprimée
      septembre 2005
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Le coin des lecteurs

LA PERFORMANCE HISTORIQUE

 

Marcel Côté a rendu un mauvais service aux lecteurs qui songent à investir en prévision de leur retraite («REER : actions ou en obligations?», juin-juillet). Son article est entièrement consacré à l’analyse de la performance passée et à la projection du passé dans l’avenir. Pas un mot sur l’évolution probable de l’économie mondiale, sur le fait de savoir s’il y aura inflation ou déflation, si la valeur du dollar américain et la supériorité économique des États-Unis continueront d’être menacées. Ce sont-là certains des facteurs importants à prendre en compte pour planifier un portefeuille d’actifs. Puis, il a le culot de dire, en parlant des gestionnaires de fonds, «[l]’année prochaine, ce sera un autre groupe de gestionnaires qui fera partie de la moitié des gagnants, alors ne vous fiez pas à la performance historique». Je conseille aux lecteurs de ne pas tenir compte de ce chroniqueur dans leurs activités d’investissement.

Robert McInnes, CA, Port Hope (Ont.)

 

Réponse de Marcel Coté : Je déteste faire cela mais, de temps à autre, les vérités simples doivent être répétées. Les conseillers en placement agitent toujours le spectre de la crise économique pour justifier leurs services, qui sont chers et en général inutiles. Depuis que l’investissement en actions est devenu un phénomène de masse, dans les années d’après-guerre, il y a eu nombre de ces «crises», dont quelques guerres, plus de 10 récessions et au moins une bulle spéculative majeure. Toutefois, au cours de cette période, l’investisseur à long terme (n’importe qui dont l’horizon d’investissement dépasse cinq ans) aurait été mieux servi en achetant un vaste portefeuille d’actions représentant le marché boursier en général, plutôt que de suivre l’avis des conseillers en placement avec leurs combinaisons : actions de croissance, actions mûres, obligations et liquidités. Des portefeuilles aussi vastes sont offerts à très bon marché par les bourses, ce qui représente un autre 2 % de rendement annuel, composé année après année! Il pourrait arriver une crise dans l’avenir qui viendrait contredire cette vérité, de la même façon qu’un météorite pourrait s’abattre sur votre ville : on ne sait jamais! Mais, en attendant, ceux qui reconnaissent cette vérité sont simplement plus riches.

QUI A DIT QUOI?

 

J’ai lu avec intérêt «Second début» (juin-juillet). Je dis «avec intérêt» parce que j’y ai aperçu mon nom. Toutefois, s’il n’avait pas été indiqué, je ne me serais sûrement pas reconnu dans les propos qui me sont attribués. Je crois que la citation représente davantage ce que l’auteur, Robert Colapinto, pense que j’aurais dû dire.

Bien sûr, les faits semblent exacts, mais je crois que la personne qui m’appelé pour vérifier l’article avant publication aurait dû vérifier que les guillemets se référaient à un genre d’affirmation que j’étais susceptible d’énoncer.

Michael Jarvis, CA
King City (Ontario)

 

Réponse de la rédaction : Merci pour votre lettre. La rédaction est un processus complexe qui nécessite constamment des compromis, notamment pour transformer des propos exprimés oralement en un texte qui se lise bien. Quiconque a déjà transcrit une entrevue enregistrée sait que la parole est fragmentée, qu’elle ne respecte pas la grammaire et qu’elle est souvent incohérente. Il est donc quasi impossible de reproduire exactement dans un texte une citation orale, et il appartient au rédacteur de la rendre lisible. Nous nous efforçons toutefois de transmettre l’essence des citations et nous effectuons les vérifications nécessaires pour nous assurer qu’elles sont exactes. Nous sommes désolés de n’avoir pu transposer vos propos avec justesse.

 

AMBASSADEUR DE LA PROFESSION

 

L’article de Diane Domeyer (Expertise, juin-juillet) m’a laissé sur ma faim, car on n’y aborde pas vraiment les deux sujets auxquels je m’attendais : l’image professionnelle et la tenue du vendredi. En tant que propriétaire d’un cabinet de CA pendant 23 ans, maintenant retraité, j’attache beaucoup d’importance au fait que tous les CA doivent avoir conscience que leur profession est la plus respectée. Nous devons être très fiers de ce que notre titre représente. Par conséquent, un code vestimentaire convenable devrait être observé en tout temps, et nous devrions tous contribuer à véhiculer notre «image officielle», comme si chacun de nous était un ambassadeur de la profession. Il est impératif que nous tous reflétions l’image qu’on nous a laissée en héritage.

John H. Dell, CA, Toronto

 

CARENCES DU TABLEAU DE BORD

 

L’article sur les tableaux de bord de Robert Angel et Hubert Rampersad (mai) soulève des préoccupations légitimes, mais de récentes recherches pointent vers un problème plus fondamental : l’écart entre les indicateurs dont une personne est responsable et les ressources qu’elle contrôle.

À titre d’exemple, un directeur commercial peut être responsable de la satisfaction des clients et de la rentabilité des produits (indicateurs permettant beaucoup de compromis), mais contrôler seulement une fraction des ressources nécessaires pour obtenir du succès. On peut espérer que ce déséquilibre stimulera la créativité et l’esprit d’entreprise, mais il peut aussi mener à l’échec. Ainsi, les tableaux de bord qui contiennent beaucoup d’indicateurs relatifs aux intrants et aux processus peuvent par mégarde restreindre la capacité de faire des compromis par rapport à la sphère de contrôle. Or, la relation entre la sphère de responsabilité et la sphère de contrôle a une incidence profonde sur le comportement individuel et la mise en œuvre efficace des stratégies. Il est donc nuisible de concevoir et mettre en œuvre des tableaux de bord sans tenir compte des ressources contrôlées par les personnes. Pour approfondir ce sujet, on peut consulter Levers of Organization Design: How Managers Use Accountability Systems for Greater Performance and Commitment (Harvard Business School Press, 2005) ou «Designing High-Performance Jobs» (Harvard Business Review, juillet 2005).

Robert Simons, CA
Boston (Massachusetts)

 

DEUX POIDS, DEUX MESURES

 

À titre d’étudiant, j’ai été attiré par la profession de CA pour les compétences qu’on y acquiert, les domaines dans lesquels elle permet d’exercer et l’influence qu’elle offre à ses membres. Je voyais dans cette profession et dans l’indépendance dont elle fait preuve de la grandeur, du sens moral et de l’éthique. Voilà pourquoi j’ai été troublé par l’article «Paradis fiscaux» (mars).

Mon intention n’est pas de faire le procès des paradis fiscaux, mais de m’interroger sur l’à-propos, pour un organisme professionnel, d’endosser ne serait-ce qu’indirectement ces façons d’aider nos concitoyens les plus fortunés à ne pas contribuer leur juste part dans la société. Chacun peut penser ce qu’il veut de la «créativité fiscale».Qu’un membre de la profession soit à l’aise d’orienter ses clients dans cette voie, cela me convient, mais que l’ICCA qui représente une Profession le fasse, cela me va beaucoup moins.

À l’heure où le monde des affaires doit regagner la confiance du public, l’ICCA peut-il expliquer dans son magazine que ABC Inc. peut investir dans des paradis fiscaux et que ses membres peuvent l’aider? Si j’ai été perturbé par cet article, imaginez ce qu’en pensera le citoyen moyen.

Sébastien Brisebois
Étudiant, D.E.S.S., Comptabilité publique

 

Réponse de la rédaction : CAmagazine vous remercie de vos commentaires. Toutefois, il ne faut pas oublier son intérêt principal : les questions de comptabilité et de fiscalité, et le fait que le recours aux paradis fiscaux relève de ces questions. L’article en cause ne fait la promotion d’aucune forme d’évasion fiscale, mais traite de l’utilisation légale des abris fiscaux, des outils que les CA peuvent utiliser pour servir leurs clients.



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