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      septembre 2004
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Nouvelles de la profession

Un résumé des initiatives et projets en cours à l'ICCA

Parlons de vos inquiétudes

Le but premier du Groupe de travail sur la planification stratégique était de déterminer la meilleure voie à suivre pour que, en plus d'être synonyme d'excellence dans les compétences traditionnelles de la profession comptable prééminente, la marque CA soit reconnue pour sa capacité d'adaptation à un marché de plus en plus complexe et compétitif. Le Groupe de travail était notamment chargé d'examiner de près les marchés financiers et commerciaux dans lesquels les CA doivent être les meilleurs pour que la marque puisse prospérer.

L'analyse du potentiel de croissance et des options stratégiques de la profession a été constamment focalisée sur la capacité de la profession de produire des dirigeants de confiance reconnus et respectés à l'échelle internationale. Le regroupement donnera naissance à une nouvelle profession et à une image de marque délivrée du stéréotype erroné de faiseur d'additions.

L'environnement dans lequel évolue la profession comporte des opportunités et des défis, et il y a urgence. Il est malheureusement fort probable que les autres titres professionnels mineront irrémédiablement la position dominante des CA sur le marché si les membres optent pour mener de l'intérieur le renforcement du champ d'exercice gestion.

Les contraintes de temps qui accompagnent les défis et les opportunités qui s'offrent à la profession ne devraient cependant amener personne à croire que les principales parties prenantes n'ont pas été consultées et que les études, recherches et sondages les plus récents n'ont pas été examinés. Les inquiétudes au sujet de la dilution de la marque, par exemple, constituent un souci constant pour le Groupe de travail, qui continue de préparer et de diffuser les informations qui permettront aux membres de prendre une décision éclairée.

Il serait désastreux que le regroupement se traduise par un affaiblissement de la valeur du titre de CA plutôt que par son renforcement. Pour juger de la réalité d'une telle menace, les CA doivent examiner le projet sous divers angles.

Normes
L'affaiblissement des normes arrive souvent en tête de liste des inquiétudes exprimées. Les normes d'admission des deux professions diffèrent actuellement en ce que celles des CA sont axées sur la formation théorique et pratique en vérification et en certification, tandis que celles des CMA sont axées sur la gestion.

Les deux programmes, toutefois, exigent que les candidats détiennent un diplôme universitaire, aient suivi certains cours universitaires préalables précis, réussissent à un examen ou à une évaluation d'envergure nationale, suivent un programme de formation professionnelle (les candidats CMA étant soumis à une évaluation continue tout au long et à la fin du Programme de leadership stratégique) et fassent un stage d'expérience pratique.

Il subsiste un doute chez certains CA quant à la rigueur du processus d'admission des CMA. Un membre nous a écrit ne pas pouvoir comprendre qu'on puisse vouloir «abêtir la profession». Richard Korzeniewski, CMA, M.B.A., CFA, CPA, souhaiterait que les arguments soient présentés de façon plus rationnelle, «sans dénigrement». Fort de sa panoplie de titres, il ajoute : «J'aimerais rassurer ce membre en lui disant que je ferai tout mon possible pour ne pas abaisser le niveau de la profession.» Le Groupe de travail croit que la nouvelle profession pourra combiner les forces des deux programmes, en donnant aux étudiants la possibilité d'opter pour un cheminement en vérification/certification, en gestion ou en fiscalité. Cette pluralité des domaines d'exercice fera de la profession un choix plus attrayant pour les candidats potentiels. La certitude qu'un plus grand pourcentage de comptables professionnels seront assujettis aux règles déontologiques les plus strictes et aux PCGR constitue l'un des arguments les plus solides en faveur du regroupement.

Selon les principes directeurs pour le regroupement, il a été convenu que les règles de déontologie de la nouvelle profession seraient les règles qui s'appliquent actuellement aux CA. Ces règles pourraient même être renforcées dans certains domaines par les dispositions du Code de déontologie des CMA.

Pour ce qui est de l'épineuse question du droit d'exercer l'expertise comptable, tous les membres seraient soumis au programme d'inspection professionnelle des CA, et les membres qui font la vérification de sociétés ouvertes seraient soumis à la surveillance du CCRC. Dans la plupart des provinces, les CMA qui travaillent en cabinet font l'objet d'une inspection professionnelle tous les trois ans et, en Colombie-Britannique et en Saskatchewan, l'inspection est menée par l'ordre provincial des CA.

En 2003, la profession de CA a adopté la nouvelle règle de déontologie 206, qui exige que tous les membres s'assurent que les états financiers donnent une image fidèle selon les PCGR. Le regroupement avec les CMA assurerait l'application d'une norme unique et de haute qualité. De toute évidence, l'intérêt public s'en trouverait mieux protégé, ce qui aiderait à rehausser la valeur du titre de CA et l'image de ce dernier.

Niveaux de rémunération
En moyenne, les salaires et les taux horaires des CMA sont inférieurs à ceux des CA. Cela amène certains membres à conclure que les CMA représentent une valeur proportionnellement moindre. Du coup, ils présument que le regroupement des CA et des CMA entraînerait une baisse de la rémunération des CA et que le nombre accru de CA fera chuter le marché des salaires.

Les recherches menées pour le compte du Groupe de travail montrent que la rémunération offerte sur le marché dépend surtout, en fait, de la nature du poste et de l'expérience de la personne; le titre apparaissant sur le CV compte pour beaucoup moins. Les formations accumulées par M. Korzeniewski, par exemple, sont impressionnantes, mais l'impact d'une personne sur les niveaux de salaire dépend d'éléments plus concrets liés aux réalités du travail. Les entreprises tendent plutôt à tenir compte des fonctions du poste et des qualités personnelles de l'individu qui les remplit.

«Je ne souscris pas à la théorie voulant que le regroupement aura pour effet de "diluer" le titre de CA et d'affecter négativement les salaires», indique John Watson, FCA, vice-président directeur et chef des finances d'EnCana Corporation de Calgary. «Je crois que le marché est efficient et saura tenir compte des nouvelles réalités. Le fait qu'une personne détienne un titre ou un diplôme plutôt qu'un autre n'est jamais, en soi, un facteur déterminant. C'est le candidat dans son ensemble que nous considérons, et ce qu'il peut nous apporter.»

Opportunités sur le marché
Un certain nombre de jeunes diplômés et de candidats au titre de CA craignent que la hausse du nombre de CA qu'entraînerait le regroupement ne fasse augmenter la concurrence sur le marché de l'emploi. En fait, c'est le contraire qui se produira.

Les entrevues qui ont été faites avec des chefs d'entreprise et des recruteurs du secteur de la finance montrent que le marché est loin d'être saturé. En raison de la complexité croissante des exigences en matière de conformité qui s'appliquent aux entreprises de toutes tailles, il est très peu probable que le marché de l'emploi se contracte dans un avenir proche. «Nous étudions quels sont les besoins propres à chaque segment, comment ces besoins sont satisfaits à l'heure actuelle et comment ils pourraient l'être à l'avenir, précise Steve Glover, président du Groupe de travail et directeur administratif de l'ordre de l'Alberta. Cette analyse comprend une évaluation du potentiel de croissance, de la concurrence et des facteurs clés de succès dans chaque segment.»

Comme le souligne Nathalie Francisci, présidente du cabinet de recrutement montréalais Venatus Conseil ltée : «Les experts-comptables sont en très grande demande. Les changements apportés dans le domaine de l'information financière et de la conformité et les exigences nouvelles imposées par diverses autorités se sont grandement répercutés sur le recrutement dans le secteur de la finance et de la comptabilité. Il y a actuellement une pénurie d'experts dans certains champs d'activité (vérification interne, exigences de la Loi Sarbanes-Oxley, regroupements d'entreprises, information financière, etc.). En plus, vu les problèmes d'ordre démographique que connaît la profession de CA, on pourrait finir par retrouver cette dernière sur la liste des professions menacées de disparition. L'unification des CA et des CMA facilitera la transmission de l'expertise et fera tomber les barrières qui séparent les deux groupes.»

Les recherches montrent que, si l'on ne prend pas des mesures pour assurer la croissance de la profession, le nombre de membres diminuera d'ici 10 ans. Le marché offre de nombreux débouchés, renchérit Mme Francisci, mais le bassin de candidats est parfois restreint. Le marché tendu que crée la pénurie de candidats pourrait finir par nuire à la réputation de la profession, parce que les entreprises n'auront d'autres choix que de recruter d'autres profils. Les CMA sont de plus perçus comme aptes à remplir ces fonctions et comme possédant des compétences de grande valeur qui ne sont habituellement pas associées aux CA. Les recherches montrent que les CA sont perçus comme souffrant de lacunes en ce qui a trait à certaines compétences propres au contexte de l'entreprise et de la gestion. La gestion des ressources humaines, l'influence stratégique ainsi que l'influence politique interne (c.-à-d. l'art de faire démarrer et avancer un projet) débordent du champ d'activité traditionnel de la majorité des CA. Les CMA, dont les fonctions tendent à se rattacher plus étroitement à l'entreprise, sont dominants dans ces domaines.

Il semble pourtant que le monde des affaires ait de plus en plus de mal à différencier les deux professions. Les neuf groupes de discussion de CA interrogés par le Groupe de travail ont évoqué l'incapacité d'établir une distinction entre les titres concurrents comme l'une de leurs trois plus grandes préoccupations. Les groupes de discussion n'ont fait que confirmer que les entreprises qui recrutent tiennent compte de l'ensemble du CV d'un candidat, et pas seulement de la présence du titre de CA ou de CMA, ou des initiales M.B.A.

Reconnaissance de fait des CMA
De nombreux membres ont indiqué qu'ils appuieraient le regroupement si les CMA ne recevaient pas d'office le titre de CA. Ils font valoir que les CMA actuels n'ont pas eu à obtenir un diplôme universitaire, n'ont pas eu à réussir à l'EFU et n'ont pas eu à acquérir d'expérience pratique en expertise comptable.

Les membres doivent cependant se rappeler que la profession de CA a évolué au fil des décennies. Un grand nombre de CA d'expérience occupant actuellement des postes de direction n'ont reçu aucune formation universitaire et peu ont eu à passer au travers d'une formation similaire à celle qui est imposée maintenant. L'idée que bon nombre de CA d'expérience seraient incapables de réussir au programme de formation théorique et pratique d'aujourd'hui n'a pourtant pas dissuadé la profession de s'ouvrir au changement et de prendre son avenir en main.

Les changements apportés au stage et au nombre d'heures en vérification ainsi que le passage à la Grille de compétences et à un EFU fondé sur les compétences ont été des initiatives positives prises par une profession respectée depuis longtemps pour son orientation vers l'avenir et non pour son attachement au passé.

À l'instar du processus d'agrément des CA, le processus d'agrément des CMA a évolué considérablement, et ce, toujours en vue de garantir l'excellence future. En plus de posséder des compétences techniques et des compétences en gestion, le CMA est un professionnel de la gestion financière stratégique qui sait travailler efficacement dans tous les niveaux de l'organisation. C'est un comptable professionnel formé selon de hauts standards, dont la conduite est assujettie à des règles déontologiques rigoureuses, et qui est reconnu par la loi dans la plupart des provinces au même titre que le CA.

Il est certes raisonnable de s'inquiéter de la dilution, mais le CDG prévoit que la majorité des membres seront rassurés au fur et à mesure qu'ils recevront des informations sur le sujet. Il veut surtout éviter que cette question ne fasse perdre de vue le bien stratégique futur de la profession. Il est impossible de refaire le passé. La profession ne peut jouer que sur son avenir pour s'assurer de conserver sa place au sommet.


La normalisation en bref.

 

LIENS CONNEXES

Pourquoi se regrouper?, par Robert Colapinto, CAmagazine, août 2004

Forte de 100 000 membres, par Robert Colapinto, CAmagazine, juin-juillet 2004

Oui ou non au regroupement?, par Marcel Côté, CAmagazine, août 2004

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