Spécial web
Email    Print    Feedback

La conversion aux IFRS accuse-t-elle du retard?

À seulement sept mois de l’échéance du 1er janvier 2011 pour le passage aux Normes internationales d’information financière (IFRS), la moitié des sociétés ouvertes en sont à moins de 60 % de leur conversion aux IFRS, selon ce que révèle un nouveau sondage.

Selon le sondage mené par la Fondation de recherche des dirigeants financiers canadiens (FRDFC), l’institut de recherche de DFI Canada (FEI Canada), et commandité par PricewaterhouseCoopers (PwC), les entreprises canadiennes qui ont presque terminé leur conversion sont notamment les grandes sociétés ouvertes et les entreprises à tarifs réglementés. Parmi les dirigeants de sociétés ouvertes, plus de la moitié (53 %) ont indiqué que l’état d’avancement de leur conversion était de 60 % ou plus. (En juin dernier, environ 80 % des sociétés ouvertes n’avaient pas encore effectué la moitié des préparatifs prévus dans leur processus global de conversion). Parmi les quatre premiers secteurs d’activité qui indiquent avoir réalisé leur conversion à plus de 60 %, celui des services publics est le plus avancé (73 %), suivi des secteurs des assurances (63 %), de l’extraction minière et pétrolière (50 %) et de la fabrication (46 %).

Selon Diane Kazarian, leader national en matière d’IFRS chez PwC, «La taille de l’entreprise joue la plupart du temps un grand rôle en raison de l’expertise et des ressources qui sont en place. Dans les entreprises de taille plus modeste, les chefs des finances disposent souvent d’un personnel plus restreint. En outre, les grandes entreprises ont débuté plus tôt leur conversion en raison de la complexité de leur processus». Le sondage indique en outre que près de 30 % des entreprises dont les revenus sont inférieurs à 49 millions de dollars ont déclaré ne pas posséder les ressources nécessaires à la mise en œuvre de la conversion.

La conversion aux IFRS pourrait entraîner des changements importants. Par exemple, 28 % des entreprises canadiennes prévoient une baisse du résultat net présenté, 22 % s’attendent à une chute du résultat par action et 28 % s’attendent à une augmentation des obligations au titre des régimes de retraite dans l’année d’adoption des IFRS. La communication des chefs des finances avec la direction, les actionnaires, les analystes et autres parties prenantes devra être soutenue au cours des sept prochains mois afin d’expliquer les changements apportés à l’information financière, ainsi que le processus de transition.

Étant donné que les IFRS instaurent un nouveau langage de l’information financière, leur adoption va avoir des répercussions directes sur la présentation et le contenu des états financiers. «À mesure que l’on avance dans les dernières phases de la conversion, les entreprises devront consacrer plus de temps à expliquer les changements essentiels, dit Ramona Dzinkowski, directrice générale du CFERF. Les chiffres, la présentation et les notes que les analystes et les actionnaires ont l’habitude de voir dans les états financiers vont changer; la communication à cet égard devra donc devenir la priorité des chefs des finances.»

Dans l’ensemble, 51 % des répondants indiquent que les nouvelles normes d’information financière vont entraîner un changement dans la valeur des actifs de leur entreprise, qu’il s’agisse d’une augmentation ou d’une diminution. «Nous nous attendons à une plus grande volatilité dans les états financiers établis selon les IRFS», déclare Diane Kazarian.

Lors de l’adoption initiale, les entreprises sont tenues de présenter une année de données comparatives retraitées selon les IFRS. Par conséquent, la majorité des directeurs financiers (61 %) prévoient que leur bilan d’ouverture préliminaire en IFRS sera terminé d’ici la fin du deuxième trimestre de l’exercice 2010.

Soulignons un problème important auquel sont confrontées toutes les entreprises : les effets de l’adoption des IFRS sur les clauses restrictives des contrats d’emprunt. Le sondage a révélé que seulement 6 % des répondants n’étaient pas au courant des incidences des IFRS sur les clauses restrictives des emprunts. En revanche, 31 % des répondants ont déclaré être très au courant de ces conséquences et semblaient bien connaître la façon dont les IFRS sont susceptibles de toucher un groupe important de parties prenantes externes, comme les prêteurs.

«Dans l’ensemble, le sondage indique que malgré les progrès considérables accomplis vers la mise en oeuvre de janvier 2011, il reste encore beaucoup de travail à faire au cours des sept mois nous séparant de l’échéance. Les IFRS peuvent avoir d’importantes conséquences sur les systèmes de TI, les processus des services des finances, et dans bien d’autres services, comme la formation, les communications et les activités commerciales. Les entreprises doivent se laisser suffisamment de temps dans l’échéancier de la transition pour pouvoir parer aux problèmes imprévus qui pourraient survenir à mesure qu’ils avancent vers la date de basculement du 1er janvier 2011», ajoute Diane Kazarian.

Cette étude est le troisième volet d’une série traitant des activités de transition au Canada. Les résultats sont fondés sur les réponses de 146 dirigeants financiers principaux de partout au Canada qui ont participé au sondage au cours des mois de mars et d’avril de cette année.

Pour de plus amples informations, visitez : www.pwcifrs.ca ou www.feicanada.org.