octobre 2002 — ÉDITION IMPRIMÉE    
 
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Évaluation globale
Par Fina Scroppo
Photographe : Paul Orenstein

Le nouveau processus d'accès à la profession fournira
aux nouveaux CA une expertise de calibre mondial

«Bienvenue chez Ashby Cohen», annonce Susan Ashby, associée directrice, à des étudiants qui visitent le cabinet pour la première fois. Ashby Cohen ressemble à n'importe quel autre cabinet d'experts-comptables — il compte plusieurs associés, un responsable de mission, du personnel administratif et toute une variété de clients. Mais ce cabinet n'a pas pignon sur rue, car il s'agit d'un cabinet virtuel sur Internet, un portail. Il vise à donner aux étudiants de l'Atlantic School of Chartered Accountancy l'occasion d'appliquer leurs connaissances dans un milieu de travail simulé. C'est une sorte de «terrain d'entraînement» pour les futurs CA et l'un des moyens utilisés dans la démarche des ordres provinciaux vers la réforme de la formation des comptables agréés au Canada.

À l'autre bout du pays, dans l'Ouest, des stagiaires comme Devawn Ramos, de Terrace (C.-B.), constatent que des changements similaires sont apportés au programme d'agrément des CA dans leur région. Devawn, mère de deux enfants et employée du cabinet local McAlpine & Co., est inscrite à un programme de 24 mois où, dans le cadre de modules de 10 semaines, le matériel didactique est distribué et évalué sur Internet et appliqué ultérieurement dans des ateliers interactifs d'une durée de trois jours.

Jusqu'ici, dans le cadre de ses études à la CA School of Business (CASB), Devawn a agi à titre de conseillère financière d'entreprises fictives en phase de démarrage, comme Natalee's Gourmet Foods, dont elle a suivi la transformation en société par actions en deux années seulement. Elle a préparé des états financiers, évalué des contrats de société et examiné les conséquences fiscales de la constitution en société. Elle a aussi développé des compétences plus poussées en élaborant un plan antisinistre pour une autre entreprise fictive, Restaurant Supplies, et en a amené une autre, Western Canadian Environmental Systems Ltd., à faire un appel public à l'épargne.

La modification du programme de la région de l'Ouest, où l'on est passé de la formation en classe dans de grands centres urbains à la formule de l'étude interactive en ligne, a permis à Devawn de s'inscrire dès cette année au programme d'agrément des CA plutôt que de devoir attendre que ses enfants grandissent ou de choisir une tout autre orientation. «Cela m'ouvre de nombreuses portes», déclare Devawn, âgée de 29 ans. «J'ai hésité pendant plusieurs années. Je savais ce que je voulais faire mais, chaque fois que je songeais à quitter ma famille pour de longues périodes, je paniquais; donc lorsque le projet pilote a été annoncé, j'ai vraiment saisi l'occasion d'y participer.

«Jusqu'ici, ajoute Devawn, le jeu en vaut la chandelle. Ce que nous apprenons est vraiment plus utile. Le programme augmente la valeur des étudiants aux yeux des employeurs, parce que nous ne faisons pas qu'apprendre les aspects techniques, nous appliquons aussi les connaissances acquises. Je comprends beaucoup mieux les notions maintenant. Je peux pousser mon travail beaucoup plus loin. Avant, j'étais limitée à ce qui avait été fait dans le dossier l'année précédente, mais je peux actuellement aller plus loin dans mon travail sans que l'on doive me pousser dans cette direction.»

Rory Reinbolt, employeur de Devawn et associé du cabinet McAlpine & Co., dit qu'il a fini par apprécier le nouveau programme. «En tant qu'employeur, nous étions un peu sceptiques au début et nous nous demandions comment le programme fonctionnerait parce qu'il était nouveau. Nous voulions nous assurer que, compte tenu du temps limité dont elle disposait, Devawn fasse un choix qui ne l'obligerait pas à trop se déplacer», ajoute-t-il.

Rory Reinbolt a été impressionné par l'aspect pratique du programme, surtout quant à son rapport au type de travail et de clients du cabinet. «Le programme prépare davantage le CA à son travail. Le matériel didactique est plus pertinent et s'approche davantage de la réalité.»

La réforme de la formation est actuellement dans une phase de transition, mais les étudiants sont d'avis que les changements opérés s'avèrent nécessaires pour suivre l'évolution du marché international. Le nouveau processus procure aux étudiants CA l'«avantage concurrentiel» requis pour répondre aux exigences du monde des affaires, selon Norbert Woo, étudiant inscrit au programme coopératif de l'Université de Waterloo (Ontario), qui se présente à l'EFU ce mois-ci. Magalie Lebel Lemire, qui a passé l'EFU en 2001 et a terminé son stage chez Lemire, Dessureault, Désaulniers, Drolet, Gélinas & Lanouette, conformément aux exigences de l'Ordre des comptables agréés du Qué-bec, ajoute qu'un programme plus intégré aidera les étudiants à mieux apprendre. «La courbe d'apprentissage est moins lon-gue», explique-t-elle.

Pour les concepteurs du nouveau processus de formation et d'évaluation, les motivations qui sous-tendent la réforme du système ne se limitent pas à la simple création d'un avantage concurrentiel. «Nous voulions élargir le titre de CA sans écarter nos acquis — la force, l'image de marque, la réputation — et non seulement persuader le marché que nos compétences étaient plus étendues», indique Nick Kirton, associé de KPMG à Calgary et président du Comité sur la formation et l'admission de l'ICCA chargé de guider les services de formation au cours des 30 derniers mois. «De nombreux comptables agréés possédaient déjà des connaissances substantielles en finance et une meilleure connaissance des technologies de l'information. Fondamentalement, la perception de ce qu'est un comptable agréé s'était élargie. Nous devancions en fait notre propre programme de formation.»

HISTORIQUE DE LA RÉFORME

1996 : Le Rapport du Groupe de travail pancanadien sur la vision de la profession envisage un professionnel de la finance moderne.

1997 : Mise sur pied du Groupe de travail sur la révision des processus de formation (GT-FORM) — dont le mandat consistait à concevoir un plan directeur pour mettre en œuvre les changements décrits par le Groupe de travail sur la vision de la profession.

1998 : Le GT-FORM publie un rapport dans lequel il recommande l'adoption d'un nouveau modèle de formation et d'un nouveau système de diffusion. Le GT-FORM élabore la Grille de compétences des CA — dans laquelle sont décrits six domaines d'expertise technique ainsi que les valeurs et compétences fondamentales.

2000 : Le Comité sur la formation et l'admission de l'ICCA est chargé de guider les services de formation vers les réformes.


Les attentes à l'égard du CA moderne s'étaient tellement accrues, selon Nick Kirton, que le Programme d'examen des CA sur lequel se fondent les systèmes de formation et d'évaluation a continué de prendre de l'ampleur au fil des ans. «Le Programme d'examen qui était en place s'élargissait sans cesse. De plus en plus d'éléments y étaient intégrés — en finance, en technologies de l'information, et dans d'autres domaines — si bien que les «coutures» menaçaient de céder. C'était devenu un casse-tête, et il fallait trouver une meilleure façon de faire.»


Il existait un sentiment semblable en 1996, lorsque fut initié le parcours menant à la réforme, avec la publication du Rapport du Groupe de travail pancanadien sur la vision de la profession. On avait d'abord envisagé un professionnel de la finance moderne capable de répondre aux besoins d'un marché en rapide évolution, mais dont la formation et l'évaluation demeureraient conformes aux traditions rigoureuses associées au titre de comptable agréé.

Pour réaliser cet objectif, la profession a créé un an plus tard le Groupe de travail sur la révision des processus de formation (GT-FORM). «Son mandat consistait à concevoir un plan directeur pour apporter les changements décrits par le Groupe de travail sur la vision de la profession. Le GT-FORM cherchait les meilleures méthodes existantes pour dispenser la formation, et il a finalement proposé un programme fondé sur les compétences, qui était vraiment à la fine pointe à ce moment-là», de dire David W. Smith, président-directeur général de l'ICCA et ancien président du Comité sur la formation et l'admission. Depuis 2000, le Comité a pesé le pour et le contre des options proposées par les formateurs, l'ICCA et les ordres provinciaux.

PRÉSENTATION DES PROGRAMMES

Le Québec — Ordre des comptables agréés du Québec
Structure du programme de formation : le programme de formation professionnelle (PFP) est un programme de deuxième cycle de 30 crédits, qui s'étend sur trois ou quatre sessions selon les universités. Certaines universités offrent aussi la possibilité d'obtenir un diplôme de maîtrise. Le programme comporte des sessions de cours à plein temps ainsi qu'une combinaison d'études à temps partiel et de formation pratique.
Expérience de travail requise : 24 mois.
Visitez le site http://releve.ocaq.qc.ca/fr/pfp/programme_par_universite.asp pour obtenir plus de détails sur le programme.

Les provinces de l'Atlantique et les Bermudes — Atlantic School of Chartered Accountancy
Structure du programme de formation : les étudiants entreprennent le programme professionnel par un cours technique en fiscalité, suivi de quatre modules; le premier est un cours individuel de deux semaines. Chacun des autres modules est dispensé sur quelque neuf semaines d'apprentissage à distance sur Internet. Chaque module est suivi d'un atelier de trois jours comportant des exercices interactifs similaires. Au terme de ces modules, les étudiants doivent suivre le Finalist Preparation Program qui vise à les aider à se préparer à l'EFU.
Expérience de travail requise : 30 mois.
Visitez le site www.asca.ns.ca/pr_descriptions.htm pour obtenir plus de détails sur le programme.

L'Ontario — Institut des comptables agréés de l'Ontario
Structure du programme de formation : 51 crédits obligatoires (ou 17 cours spécifiques) avant l'admission à la School of Accountancy. Les candidats doivent réussir à un examen fondé sur les connaissances de base pour pouvoir suivre le programme à plein temps de la School of Accountancy, qui comporte une période d'autoformation de six mois et une période de travail interactif de trois semaines à plein temps portant sur des études de cas. Les candidats doivent ensuite réussir à un examen de fin d'études de l'école pour pouvoir se présenter à l'EFU.
Expérience de travail requise : 30 mois (environ la moitié des candidats sont inscrits à un programme universitaire coopératif où alternent sessions de travail et sessions de cours).
Visitez le site www.icao.ca/public/career/be_a_ca/index.html pour obtenir plus de détails sur le programme.

L'Ouest canadien et les Territoires — CA School of Business
Structure du programme de formation : cinq modules dispensés en 10 semaines d'apprentissage à distance sur Internet. Chaque module est suivi d'un atelier de trois jours où les groupes se réunissent pour divers exercices interactifs, par exemple des analyses de cas et des exposés.
Après l'EFU (module 6), les étudiants doivent suivre un volet focalisation (module 7).
Expérience de travail requise : 30 mois.
Visitez le site www.casb.com pour obtenir plus de détails sur le programme.


David Smith souligne qu'après avoir interviewé des employeurs, des étudiants et des formateurs, le GT-FORM «a jugé que l'application et l'utilisation de connaissances ainsi que la résolution de problèmes constituaient véritablement l'essentiel de notre travail quotidien, et ses recommandations ont donc visé à permettre de recréer cet environnement afin de doter les candidats des compétences requises à cet effet». Il s'agissait d'un changement de cap par rapport à l'ancienne méthode fondée sur le programme d'examen, selon laquelle les étudiants abordaient les sujets individuellement plutôt que de fournir des solutions intégrées, ajoute David Smith. «Le passage à une méthode permettant d'avoir accès à l'information pendant l'évaluation par rapport à une méthode axée sur la rétention des connaissances à appliquer dans le cadre de l'évaluation a également représenté tout un changement.»


Les efforts du GT-FORM ont abouti à un document plus peaufiné intitulé alors Grille de compétences des CA du Canada, dans lequel les compétences CA requises des stagiaires sont réparties en deux groupes. Le premier correspond à six domaines d'expertise technique ou de compétences fondamentales : efficacité organisationnelle, contrôle et gestion des risques; finance; fiscalité; certification; mesure de la performance; information et technologies de l'information. Le second correspond aux valeurs et compétences fondamentales essentielles au développement du CA de la Vision, comme le comportement éthique et le professionnalisme, la capacité d'adaptation au changement et les aptitudes à la communication.

(Le document d'origine compte quelques centaines de pages, mais une version plus concise de la Grille de compétences vient tout juste d'être publiée à l'intention des candidats à la profession de CA.)

Deux ans plus tard, le Comité sur la formation et l'admission de l'ICCA s'est vu confier une responsabilité énorme, celle de guider les services de formation vers les réformes. «Je ne me souviens plus du nombre de fois où nous nous sommes calés dans nos fauteuils en nous demandant si nous étions sur la bonne voie», se rappelle Nick Kirton, qui a été membre du Comité dès sa mise sur pied avant d'en devenir le président. «Notre seule réponse à cela consistait à se référer au CA de la Vision. Nous tentions de modifier la formation de manière à permettre au CA de la Vision d'émerger du processus. C'était notre unique point de ralliement.» Le Comité a eu recours à d'autres critères de mesure pour jauger son travail. Il y avait notamment la question de savoir si les réformes permettraient d'accroître le pouvoir d'attraction du titre de CA. «Tout notre travail aurait été vain si le résultat n'avait présenté aucun attrait aux yeux des candidats potentiels. Il fallait également tenir compte des besoins des employeurs et de l'intérêt public, ajoute Nick Kirton. C'est fondamental pour la Vision.»

Aujourd'hui, le nouveau processus nécessite un ajustement des systèmes de diffusion de la formation dans la plupart des régions et une révision complète dans les autres régions, ainsi que la mise en place d'une nouvelle structure pour l'évaluation uniforme, où l'accent est mis sur l'évaluation plutôt que sur l'examen. Bien que la diffusion de la formation des CA relève de chaque ordre, la formation est dispensée par l'intermédiaire de quatre systèmes régionaux distincts : la nouvelle CA School of Business (CASB) dans l'Ouest, qui sert les quatre provinces de cette région et trois territoires; le système du Québec; celui de l'Ontario; et l'Atlantic School of Chartered Accountancy (ASCA) qui représente les provinces de l'Atlantique et les Bermudes. Chacun de ces systèmes a intégré la Grille de compétences des CA.

COMPÉTENCES VERSUS PROGRAMME D'EXAMEN

À compter de l'an prochain, le nouveau processus d'admission à la profession pour les comptables agréés canadiens sera fondé sur les compétences. Jusqu'à aujourd'hui, l'Examen final uniforme (EFU) était fondé sur le Programme d'examen des CA, qui décrit les connaissances et les compétences particulières que les candidats doivent maîtriser.

Un examen fondé sur les compétences est un examen basé sur «une formation professionnelle dont le but est l 'acquisition de compétences et d'habiletés : ce qu'il faut savoir faire, et implicitement ce qu'il faut savoir» (rapport de l'ICCA, Préparation en vue de l'EFU de 2003 : Présentation générale du nouveau processus d'évaluation uniforme). En d'autres termes, d'après Nick Kirton, président du Comité sur la formation et l'admission de l'ICCA, le nouveau processus d'évaluation et le système de formation se rapprochent beaucoup plus de l'exercice de la profession de CA dans la réalité. «La compétence pour exercer la profession de comptable agréé ne consiste pas tant dans la capacité de mémoriser une foule d'éléments énoncés dans le programme d'examen et de les restituer dans le cadre d'un examen, que dans celle de savoir comment et où trouver les sources de référence appropriées, et d'intégrer et d'analyser l'information recueillie de manière à pouvoir fournir une solution globale à un problème donné.»

Le passage d'un système fondé sur un programme d'examen à un système fondé sur les compétences aboutira à une formule différente pour l'évaluation uniforme de 2003, où l'ancien volet de questions à choix multiples sera remplacé par des études de cas. «Il était impossible d'utiliser un système d'évaluation à choix multiples dans un programme fondé sur les compétences, parce qu'un tel système ne permet pas d'évaluer la manière dont un candidat peut utiliser l'information, mais simplement de déterminer s'il a retenu cette information», de dire David W. Smith, pdg de l'ICCA. Il rapproche le CA formé sur la base des compétences d'un chirurgien compétent. «On préfère avoir affaire à un médecin qui sait comment réaliser une opération dans sa globalité plutôt qu'à un autre qui se spécialise seulement dans les incisions, dit-il. On veut avoir un médecin qui maîtrise l'ensemble de l'intervention.


Même si le système adopté ne correspond guère au système de diffusion national unifié proposé initialement par le GT-FORM, la réforme de la formation s'avère un succès à l'échelle nationale, selon Nick Kirton. Sans doute qu'une administration centrale le rendrait plus efficient, surtout pour les grands cabinets qui ont des bureaux dans tout le pays, mais «il y a des questions légitimes d'infrastructure, ainsi que des implications financières, humaines et politiques», indique-t-il.


La CASB, qui a suivi la recommandation du GT-FORM concernant l'adoption d'un système de diffusion plus unifié, a recours à des modules d'études de cas axés sur différentes entreprises à des étapes diverses de croissance et de transition. La CASB, dont le système comporte cinq cours ou modules, diffuse et évalue la formation par voie électronique sur Internet. Chaque cours dure 10 semaines, au terme desquelles les étudiants prennent tous part à un atelier de trois jours afin d'asseoir les compétences acquises dans le cadre d'exercices interactifs, comme des analyses de cas, des débats et des exposés. Les candidats doivent suivre un module supplémentaire une fois qu'ils ont réussi à l'EFU. Dans le module final, les étudiants choisissent un domaine de focalisation ou un champ d'intérêt particulier, qu'il ne faut pas confondre avec une spécialité.

La CASB a été la seule à retenir la suggestion initiale du GT-FORM, soit l'adoption d'une composante focalisation dans le cadre du nouveau système de formation. Cette question a constitué un point important de désaccord dans les autres régions. Certains ont fait valoir qu'il était prématuré d'orienter les candidats avant l'admission à la profession de CA; d'autres ont soutenu qu'il serait trop difficile d'incorporer un volet focalisation dans un programme intégrant de nombreuses compétences techniques. Enfin, nombreux sont ceux qui ont souscrit au principe qui sous-tend la focalisation, à savoir que l'obtention du titre de CA ne représente que la première étape d'un processus d'apprentissage permanent.

«Ce que nous faisons, c'est de rendre le processus menant à l'obtention du titre de CA plus attirant et plus pertinent, et nous souhaitons que cela permettra d'attirer les meilleurs éléments», de dire John Brennan, FCA, directeur général de la CASB. «L'avantage inhérent à l'apprentissage à distance est qu'il procure une certaine souplesse aux étudiants, qui peuvent suivre les cours où qu'ils soient. Le programme présente certains défis, parce que les étudiants doivent de toute façon faire une semaine de travail normale.»

L'Atlantic School of Chartered Accountancy (ASCA) a commencé il y a une trentaine d'années à contribuer à la diffusion de la formation des CA dans l'Est. Depuis 1997, l'ASCA utilise les possibilités offertes par les ordinateurs et fournit des documents interactifs en ligne aux étudiants, indique Dan Trainor, directeur administratif de l'école. Au moment où l'initiative sur la réforme nationale prenait forme, l'ASCA mettait sur pied son groupe de travail Blueprint For Change, formé de personnes provenant des entreprises, de l'enseignement et des cabinets, afin d'évaluer l'incidence des réformes sur la région. Le groupe de travail a conclu que l'ASCA allait dans la bonne direction.

Le programme de l'ASCA ressemble à celui de la CASB, à quelques différences près : les étudiants entreprennent le programme professionnel par un cours technique en fiscalité, suivi par le premier de quatre modules, un cours individuel de deux semaines; les trois autres modules sont supervisés par des facilitateurs et dispensés chacun sur neuf semaines dans le cadre d'un apprentissage à distance sur Internet. Comme dans le cas de la CASB, chaque module est suivi d'un atelier de trois jours comportant des exercices interactifs similaires. À la fin du quatrième module, les étudiants doivent suivre le Finalist Preparation Program qui vise à les aider à se préparer à l'EFU.

«Nous pensons que les changements que nous apportons au programme contribueront à le rendre beaucoup plus intéressant pour les étudiants et plus amusant, indique Dan Trainor. Et s'il est plus amusant, les étudiants consacreront vraisemblablement plus de temps à l'apprentissage, et le temps consacré à l'apprentissage sera beaucoup plus efficace.» Le nouveau programme est assurément plus amusant — il comporte du travail en équipe, des jeux de rôles et de l'apprentissage sur Internet. Lorsque les étudiants se branchent au site, ils sont accueillis par des images numériques, parfois accompagnées de musique, de sorte que le travail ressemble presque à un jeu informatisé.

MISE EN ŒUVRE DE LA RÉFORME : ÉTENDUE ET CALENDRIER

L'EFU de 2002 constituait le dernier examen fondé sur un programme d'examen. La première évaluation uniforme axée sur les compétences aura lieu en 2003.
Voici ce à quoi les étudiants peuvent s'attendre.

L'EFU de 2003 se tiendra sur trois jours :
Il sera basé sur la Grille de compétences des CA. Il comportera trois épreuves : la première durera cinq heures et consistera en une seule simulation globale. Les deuxième et troisième épreuves dureront toutes deux quatre heures et comporteront chacune deux simulations ou plus. Suivant l'approche fondée sur les compétences, les candidats pourront consulter des documents de référence appropriés aux centres d'examen. Au moment de mettre sous presse, le Comité sur la formation et l'admission de l'ICCA étudiait toujours la possibilité de permettre aux candidats d'utiliser l'ordinateur pour consulter la documentation et faire des calculs lors de l'évaluation uniforme de 2003.

Communication des changements
Des indications sur les changements apportés au processus d'admission sont déjà fournies dans les publications ou guides mentionnés ci-après. On peut se procurer des copies électroniques de ces documents sur le site Web de l'ICCA ou des copies papier en s'adressant aux différents ordres.

Le nouveau processus d'admission à la profession de CA — donne une vue d'ensemble du nouveau processus d'admission à la profession pour les candidats actuels et futurs.

Préparation en vue de l'EFU de 2003 – Présentation générale du nouveau processus d'évaluation uniforme — présente une vue d'ensemble du processus d'évaluation uniforme de 2003, y compris des exemples de questions afin d'aider les candidats dans leurs études.

Questions fréquentes et fiches de renseignements — porte sur les éléments clés du nouveau processus d'admission, pour distribution sur les campus lors de la campagne de recrutement.

Grille de compétences à l'intention des candidats — vise à aider les candidats à comprendre l'application de la Grille dans le cadre de leurs études, de leur expérience et de la préparation à l'évaluation uniforme.


Contrairement à l'Est et à l'Ouest, où les étudiants devaient se rendre à un nombre limité d'universités, l'Ontario et le Québec disposent de réseaux universitaires étendus qui facilitent la diffusion de leurs programmes professionnels. Au Québec, les universités offrent un programme de formation professionnelle (PFP) de deuxième cycle de 30 crédits depuis 1998. Le PFP comporte des sessions de cours à plein temps ainsi qu'une combinaison d'études à temps partiel et de formation pratique. Comme il intègre déjà une approche fondée sur les compétences, «il ne fera pas l'objet de changements importants, mais certains ajustements seront apportés afin de couvrir adéquatement la totalité des champs d'expertise», indique Diane Messier-Marcotte, vice-présidente, Développement et maintien des compétences à l'Ordre des comptables agréés du Québec. La province a en fait été un précurseur dans l'utilisation d'Internet. Mme Messier-Marcotte a expliqué que, depuis l'adoption du PFP, quelque 60 études de cas ont été postées sur le site Web de l'Ordre et que, dans un proche avenir, le nouveau matériel didactique comportera davantage d'études de cas en technologies de l'information et en gestion des risques, afin de mieux refléter le contenu de la Grille de compétences.

Pour sa part, l'Institut de l'Ontario a déjà pris des dispositions pour l'adoption d'un système fondé sur les compétences. C'est pourquoi, selon Brian Leader, vice-président de la formation à l'Institut de l'Ontario, les changements apportés au programme de formation déjà rigoureux ne constitueront pas une «révolution complète». Ils seront plutôt de nature évolutive et aboutiront à des améliorations significatives sur un certain nombre d'années, comme l'augmentation de l'apprentissage électronique. «Personne ne reste là sans rien faire en disant : "Tout est beau, nous n'avons rien à changer." Nous savons que certaines choses doivent être faites et nous sommes en voie de les faire, mais nous n'avons pas besoin de tout mettre sens dessus dessous tout de suite. Nous voulons voir nos résultats en 2003, puis nous ajuster encore et apprendre graduellement de cette expérience.»


Une fois que les étudiants de l'Ontario ont satisfait à une exigence de 51 crédits (ou 17 cours spécifiques), dans le cadre soit de leur programme menant au diplôme soit d'une formation complémentaire, ils doivent se présenter à un examen sur les connaissances de base qui vise à évaluer s'ils possèdent les compétences techniques minimales requises pour suivre le programme de la School of Accountancy — que Brian Leader appelle «l'école de finition professionnelle».

Le programme de l'école comporte une période d'autoformation de six mois. Il nécessite en outre la présence à plein temps des étudiants pendant une période d'environ trois semaines au cours de laquelle ils intègrent leurs connaissances au moyen de simulations. Les candidats doivent ensuite réussir à un examen de fin d'études à l'école pour pouvoir se présenter à l'EFU. Par la suite, au cours de leurs 12 premiers mois de travail dans un bureau agréé comme maître de stage, ils doivent prendre part à un programme de formation du personnel dont la durée est d'une semaine.

Malgré les différences qui existent entre les systèmes de diffusion de la formation des régions, les systèmes visent tous l'atteinte d'un objectif semblable, que Brian Leader résume bien : «Nous voulons faire en sorte que, lorsqu'une personne entre en fonction, elle soit en mesure de suivre le rythme dès la première journée. Qu'elle soit capable d'apprendre de ses expériences et de développer pleinement ses compétences plus rapidement, plutôt que de se présenter au cabinet avec tout un bagage de connaissances acquises de façon un peu compartimentée et de mettre un certain temps à les intégrer.»

Pour tous les candidats, cependant, le plus grand changement a trait au processus d'évaluation lui-même. Le traditionnel examen de quatre jours à raison de quatre heures par jour est sur le point de faire partie de l'histoire des CA. En effet, le dernier examen fondé sur un programme d'examen a lieu ce mois-ci. La première évaluation uniforme fondée sur les compétences se tiendra en 2003 et s'échelonnera sur trois jours. Même si l'abréviation EFU sera conservée, les étudiants ne seront plus évalués au moyen de questions à choix multiples ou unidisciplinaires; ils devront plutôt passer trois épreuves, à raison d'une par jour, portant sur des simulations plus générales. (Voir l'encadré «Mise en œuvre de la réforme» pour de plus amples informations.) Les étudiants pourront aussi consulter certains documents de référence tels que le Manuel de l'ICCA et la Loi de l'impôt sur le revenu du Canada.

Mais comment un examen à livres ouverts se compare-t-il à l'évaluation rigoureuse associée traditionnellement au titre de CA? «Nous n'aurions jamais mis en place quelque chose de moins rigoureux que ce que nous avions avant, indique Nick Kirton. Le nouveau processus d'évaluation ne vise pas à faciliter l'admission à la profession de comptable agréé, mais il pourrait bien permettre d'y admettre des personnes différentes.»

Le Comité sur la formation et l'admission envisage de permettre l'utilisation d'ordinateurs lors de l'EFU de 2003 pour la consultation de documents de référence et l'emploi de chiffriers, l'intention étant de rapprocher l'évaluation uniforme du monde du travail. Mais des questions de sécurité et les coûts à engager freinent les progrès, selon Nick Kirton.

«De récents progrès ont toutefois été réalisés sur d'autres fronts», mentionne Tim Forristal, vice-président, Formation, à l'ICCA. Au moment de mettre sous presse, de nouvelles lignes directrices à l'intention des employeurs agréés comme maîtres de stage étaient en cours d'élaboration. (De plus, un projet pilote visant la reconnaissance d'une partie de l'expérience pratique acquise par un candidat lors d'un stage hors cabinet était en cours.) On travaillait également à l'élaboration de normes destinées à permettre à toutes les régions d'auto-évaluer leurs programmes de formation et de déterminer leur conformité aux normes nationales établies par le Comité sur la formation et l'admission.

«La profession a fait un bon bout de chemin, souligne David Smith. Je pense que l'esprit de la Vision sera concrétisé en 2003, mais la Vision s'inscrit dans un processus d'amélioration continue et non ponctuel. Lorsqu'on s'engage dans une approche fondée sur les compétences, il faut évaluer de façon continuelle quelles compétences deviennent nécessaires à mesure que le monde poursuit son évolution, et s'adapter en conséquence.»

David Smith ajoute que c'est ce type d'engagement à suivre l'évolution du marché qui maintiendra la réputation des CA. «Ce qui nous distingue le plus à titre de comptables agréés, ce sont nos normes élevées, et je pense que le nouveau programme de formation élève la barre en faisant appel à une nouvelle méthodologie et aux techniques les plus récentes, ce qui permet aux candidats d'acquérir les compétences dont ils ont besoin pour être des comptables agréés de haut calibre, dit-il. De fait, les sondages menés auprès du public indiquent que le resserrement et le maintien de nos normes rigoureuses contribuent à distinguer le titre de comptable agréé des autres titres — aussi bien dans le domaine du droit que dans celui de la comptabilité. Et il s'agit d'éléments qu'il nous fallait conserver, car c'est ce qui crée une partie de notre image de marque globale.» Ce sur quoi des candidats tels que Devawn Ramos et Norbert Woo comptent vraiment.


Une partie de la documentation a été compilée par Ruby Andrew.

Fina Scroppo est une rédactrice pigiste de Toronto.
 
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