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Passage aux IFRS : on est encore bien loin, selon les cadres financiers

La vaste majorité des cadres financiers du Canada estiment que leurs employés ne sont pas préparés au passage aux Normes internationales d’information financière (IFRS), qui aura lieu en 2011. C’est ce que révèle un nouveau sondage, élaboré par la Canadian Financial Executives Research Foundation (CFERF) en collaboration avec le commanditaire, Ernst & Young. Deuxième à tirer de telles conclusions cette semaine (voir «Peu de sociétés canadiennes sont prêtes pour le passage aux IFRS»), le sondage révèle que les secteurs de la fabrication, du détail et de la distribution sont ceux qui tirent le plus de l’arrière.

Cinq cent dix cadres financiers canadiens provenant de différents secteurs, dont l’exploitation minière, le pétrole et le gaz naturel, les services financiers et la fabrication, ont répondu au sondage. Le secteur des services publics se classe premier pour ce qui est de la préparation : 90 % des répondants disent avoir commencé à évaluer l’incidence de la conversion aux IFRS sur leurs activités. On ne devrait peut-être pas s’en étonner car, en raison de la façon dont sont comptabilisés les produits dans le secteur des services publics, celui-ci sera l’un des plus touchés par le passage aux IFRS.

Selon le Conseil des normes comptables, même si 2011 peut sembler loin, les sociétés canadiennes doivent être en mesure de communiquer leurs plans de convergence en 2008. Toutefois, selon Ramona Dzinkowski, directrice générale de la CFERF, l’organisme de recherche de FEI Canada, «nos recherches montrent que relativement peu de cadres financiers connaissent les différences entre les IFRS et les PCGR canadiens, que la plupart n’ont pas donné d’instructions à leurs comités de vérification, que peu ont calculé les coûts de la conversion et que la majorité ne savent pas encore si leurs systèmes suffiront à la tâche».

Le rapport présentant les résultats du sondage indique également que les grandes organisations ont une légère longueur d’avance en ce qui a trait à la mise sur pied d’équipes chargées du passage aux IFRS. Mais ce pourrait ne pas être suffisant. «Quand on songe que les sociétés ouvertes canadiennes pourraient devoir communiquer leurs plans de convergence dans leurs rapports financiers de 2008, il est clair qu’elles doivent commencer à ressentir l’urgence de la situation», dit Rafik Greiss, associé et leader national en matière d’IFRS chez Ernst & Young Canada. «Être bien préparé ne se fait pas en un tournemain. Planifier longtemps d’avance aidera les sociétés à mieux gérer les difficultés ainsi que les efforts qu’elles devront déployer pour être prêtes. Un plan bien défini fera la différence entre le succès et l’échec. L’improvisation est une approche risquée.»

Pour les entreprises ayant une obligation publique de rendre des comptes, le passage aux IFRS aura des répercussions importantes non seulement sur l’information financière, mais sur des questions plus larges, qui touchent la plupart des organisations et des secteurs d’activité. Le rapport de la CFERF mentionne les meilleures pratiques, les questions d’actualité et les enjeux nouveaux dont les sociétés de toutes tailles devraient être conscientes lors de la conversion.

«Deux préoccupations demeurent prédominantes parmi les cadres financiers : les contraintes sur le plan des ressources et du temps, et la formation requise pour le personnel qui préparera et mettra en œuvre le passage aux IFRS», indique Michael Conway, président et chef de la direction national de FEI Canada. «Les dirigeants financiers ne savent pas vers qui se tourner actuellement pour ce qui est de la formation.»

Les résultats de ce rapport sur l’état de préparation aux IFRS ont été publiés à l’occasion du colloque nord-américain sur les Normes internationales d’information financière, qui a eu lieu à Toronto la semaine dernière. On trouvera la version intégrale du rapport à l’adresse http://www.feicanada.org/.