|
Évaluation des comités de vérification*
L’amélioration de la performance d’un certain nombre de comités de vérification élève les attentes
envers l’ensemble des comités.
*Le présent
texte est la version intégrale d’un article résumé dans le numéro de mai 2008 de
CAmagazine.
Les comités de vérification au Canada
sont-ils efficaces? La taille de l’entreprise a-t-elle une incidence sur leur efficacité? Voilà deux des
questions auxquelles le plus récent sondage annuel de KPMG auprès des membres des comités de vérification
tentait de répondre. Dans l’ensemble, le jugement des répondants sur l’efficacité de leur comité est positif.
Toutefois, le pourcentage de participants qui attribuent une cote élevée à leur comité à cet égard augmente
avec la taille de l’entreprise.
Plus de 230 personnes ont répondu
au sondage mené au début de 2007 par l’Institut des comités de vérification de KPMG et l’Institut des
administrateurs de sociétés, et 62 % d’entre elles ont attribué la cote «très efficace» à leur comité de
vérification, résultat pratiquement identique à celui de 2006. Ce pourcentage atteint toutefois près de
80 % chez les répondants provenant d’entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse le milliard de
dollars, alors qu’il chute à 43 % pour celles qui ont un chiffre d’affaires de moins de
100 millions de dollars.
De l’avis de
Michael Meagher, directeur général de l’Institut des comités de vérification, cet écart entre la perception
des grandes entités et celle des plus petites (écart qui ne ressortait pas autant des résultats du sondage de
2006), combiné aux différences observées sur le plan de leurs pratiques, n’est pas seulement important :
il est à certains égards inquiétant. Par exemple, le contrôle interne, la gestion des risques, la conformité
aux lois et règlements, et les jugements et estimations comptables comptent parmi les zones de surveillance
prioritaires de l’ensemble des comités de vérification, mais l’importance accordée à ces questions dans leur
programme de travail varie en fonction de la taille des entreprises.
C’est à l’égard
des jugements et estimations comptables que l’écart est le plus marqué. En effet, cette question est citée
comme l’une des principales priorités du comité de vérification par à peine 20 % des représentants
d’organisations ayant un chiffre d’affaires inférieur à un milliard de dollars, alors que 58 % des
répondants des plus grandes entreprises y voient une préoccupation majeure. Un pourcentage similaire
(59 %) de membres de comités de vérification aux États-Unis et au Royaume-Uni partagent cet avis, selon
un sondage mondial mené en 2007 par l’Institut des comités de vérification auprès de plus de
1 300 membres de comités de vérification.
Michael Meagher
attribue la similitude des résultats entre le Canada et les États-Unis au fait que beaucoup de grandes
sociétés canadiennes sont également inscrites auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) des
États-Unis et sont donc tenues de faire des rapprochements avec les PCGR américains. En ce qui concerne le
Royaume-Uni, il est possible que l’attention prioritaire portée aux jugements et estimations comptables
trouve son origine dans les nouvelles obligations d’information imposées par les Normes internationales
d’information financière (IFRS). «Si tel est le cas, la question est susceptible de rester prioritaire pour
les organisations canadiennes encore quelques années, compte tenu du passage aux IFRS du Canada d’ici
2011.»
Pour le moment,
le contrôle interne figure parmi les principales priorités des organisations au Canada (pour 63 % de
l’ensemble des répondants), tout comme au Royaume-Uni (56 %) et aux États-Unis (66 %). «Il ne fait aucun
doute que les règles sur le contrôle interne à l’égard de l’information financière proposées par les
Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) ont eu une incidence sur l’importance accordée à la
question au pays», estime Michael Meagher.
Fait intéressant,
note-t-il, le contrôle interne est une préoccupation beaucoup plus grande pour les répondants des États-Unis
que pour les participants du Canada et du Royaume-Uni. «Nous pensons que cela tient en partie au fait que les
sociétés américaines en sont rendues à un stade bien plus avancé que leurs homologues canadiennes et
britanniques dans leurs travaux en vue de satisfaire aux obligations d’attestation du contrôle interne.»
La majorité des
répondants canadiens classent la surveillance de la gestion des risques au deuxième rang de leurs priorités.
Cette question semble toutefois revêtir légèrement plus d’importance dans les moyennes entreprises (dont le
chiffre d’affaires se situe entre 100 et 999 millions de dollars).
Les répondants au
sondage de 2006 ne s’entendaient pas sur la question de savoir si la surveillance du programme de gestion des
risques d’une entreprise devrait incomber au comité de vérification, de mentionner Michael Meagher. «Les
résultats de 2007 indiquent que de nombreux comités de vérification s’intéressent maintenant de près à la
gestion des risques.»
Par ailleurs,
plus de petites entreprises (36 %) que de moyennes et de grandes entreprises (22 % et 9 %
respectivement) citent la stratégie globale comme l’une de leur trois zones de surveillance prioritaires.
La conformité aux
lois et règlements constituent également une grande priorité pour un peu plus de 50 % des petites
entreprises. À titre comparatif, 35 % des représentants des grandes organisations y voient une grande
priorité, ce qui se rapproche des résultats obtenus auprès de leurs homologues du Royaume-Uni et des
États-Unis (environ 30 %). Michael Meagher croit que les règles des ACVM sur l’attestation du
contrôle interne expliquent probablement en partie l’attention portée à la conformité.
Bien que la
surveillance des TI arrive, dans le sondage de 2007, au dernier rang des priorités des comités de
vérification, Michael Meagher prévoit que cette question gagnera en importance du fait que les comités de
vérification devront commencer à superviser les attestations du contrôle interne délivrées par des
dirigeants.
Lorsqu’on leur a demandé quels étaient
les secteurs précis des TI dont la surveillance incombait principalement au comité de vérification, près de
60 % des répondants ont indiqué la conformité et les contrôles des TI, et un peu moins de la moitié des
participants ont indiqué la poursuite des activités, la sécurité de l’information / protection des
renseignements personnels. Par ailleurs, près du tiers des personnes interrogées jugent que la surveillance
exercée par le conseil d’administration à l’égard de ces secteurs devrait être renforcée.
Autre constat, quelque peu
surprenant : un comité de vérification sur cinq n’a pas encore mis en place de processus
d’autoévaluation. Encore une fois, la taille de l’organisation y est pour quelque chose. En effet, selon
Michael Meagher, cette lacune touche davantage les comités des petites entreprises, 35 % d’entre eux ne
s’autoévaluant pas. Quant aux comités de vérification qui procèdent à des autoévaluations, leur satisfaction
à l’égard du processus a augmenté par rapport à 2006, bien que deux tiers des répondants estiment qu’il y a
encore matière à amélioration.
D’ajouter Michael Meagher :
«L’amélioration de la performance d’un certain nombre de comités de vérification élève les attentes envers
l’ensemble des comités. Certains comités de petites entités devront réagir parce que les actionnaires
évalueront leur performance à la lumière des pratiques des autres comités.» Il conseille d’ailleurs à tous
les comités de vérification d’examiner leurs mécanismes de surveillance et leurs priorités en vue de
continuer à accroître leur efficacité.
Les réponses au sondage de 2008 sont
actuellement analysées. Pour de plus amples renseignements, rendez-vous à http://www.kpmg.ca/fr/services/audit/committee.html.
|