New York perd du terrain
Depuis près de 100 ans, Wall Street a supplanté Londres comme 1er centre financier mondial. Les marchés
financiers new-yorkais n’ont cependant pas le cœur à la fête ces temps-ci : économie affaiblie, scandales
d’entreprises et exigences réglementaires contraignantes ont diminué l’attraction pour New York. Londres veut
reprendre son titre, perdu lors de la Première Guerre mondiale. Ce n’est pas la première fois que Wall Street
voit son prestige menacé. «La décennie 1990 sera celle du Japon», avait déclaré Steve Maine, de UBS
Securities à New York, en 1989. Il a eu tort, mais le règne de Londres est-il à nos portes?
«L’empire américain s’est éteint le 16 septembre 1985, quand le département du Commerce a annoncé que
la nation était débitrice. Son ascendant reposait plus sur ses atouts militaires que sur son économie.»
GORE VIDAL, écrivain, soutient, en 1986, que l’endettement de 2 billions de dollars US déplace la
puissance économique mondiale vers Tokyo.
«Lower Manhattan était naguère le cœur des services financiers à l’échelle mondiale. On ignore où se
trouve maintenant ce coeur.»
M. MEYERS MERMEL, directeur général de Tenantwise.com, un an après le 11 septembre 2001, croit que plus
de 62 000 emplois quitteront Lower Manhattan et il craint un exode accru.
«Dans les années 1980 et 1990, les opérations d’envergure ne se réalisaient pas hors des marchés
financiers américains. [Mais] les marchés européens et asiatiques gagnent jour après jour en profondeur et en
liquidité.»
MICHAEL COLE-FONTAYN, directeur général de la Bank of New York.
«Londres n’est plus deuxième, mais première avec New York. La surclassera-t-elle comme centre
financier mondial? C’est possible.»
JAMES CAYNE, président du Conseil de la banque Bear Stearns, en 2006, quand New York a décidé d’investir
600 000 $US pour concurrencer Londres.
Steve Brearton
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