octobre 2006 — ÉDITION IMPRIMÉE    
 
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L’art des affaires

Lors du décès du magnat de la presse Kenneth Thomson, le Canada a perdu un grand collectionneur. Les rapports entre l’art et les affaires ne cessent de s’amoindrir. Au début des années 1990, on lisait dans un catalogue d’exposition que l’art est un symbole présenté par l’entreprise à ses employés et ses clients. Plus récemment, d’importantes sociétés ont vendu tout ou partie de leur patrimoine artistique et, aujourd’hui, l’art est considéré comme un moyen de renforcer les liens avec la collectivité ou comme un actif parmi d’autres.

«Il fait trop gris là-dedans.»
Le pdg CHARLES BELL, lors de sa visite des nouveaux bureaux du siège de General Mills en 1958. Il a ensuite réuni une collection d’art moderne, afin d’égayer l’espace de travail.

«La plupart des entreprises peuvent gagner plus d’argent en investissant dans leur activité principale.»
En 1990, le conservateur de la Banque TD, PAT JAMES, affirmait que la maximisation du rendement ne constitue pas le principal motif des
entreprises dans leurs achats d’œuvres d’art.

«En sortant [ces] œuvres de nos bureaux, nous faisons connaître leur valeur à la collectivité.»
Petro-Canada s’est défait de 800 œuvres d’art en 2000. Elles ont été données à des musées ou vendues au profit d’organismes de bienfaisance.

«Nos œuvres d’art constituent un actif. […] Nous les examinons de temps en temps… en nous [demandant] comment en tirer la meilleure valeur pour nos actionnaires.»
GORDON WONG, porte-parole de la Pétrolière Impériale Ltée (propos tenus en 2003).

«Depuis quelque temps, [les collections des entreprises] se font plus discrètes : les sociétés invoqueront peut-être des raisons de sécurité, mais je pense plutôt que c’est le souci du profit des actionnaires qui prime.»
Propos tenus en 2005 par le marchand d’œuvres d’art de Calgary, DOUG MACLEAN.

 Steve Brearton