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Les pertes n’ont pas la cote
Par Ian Davidson
Volatilité du portefeuille
Année
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Rendements du portefeuille 1 |
Rendements du
portefeuille 2
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Placement
1 million $
Volatilité élevée |
Placement
1 million $
Volatilité faible
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1
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8 %
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6 %
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1 080 000,00 $
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1 060 000,00 $
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| 2 |
14 % |
10 % |
1 231 200,00 $ |
1 166 000,00 $
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| 3 |
12 % |
4 % |
1 083 456,00 $ |
1 212 640,00 $
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| 4 |
20 %
|
8 % |
1 300 147,20 $ |
1 309 651,20 $ |
| 5 |
-15 % |
2 % |
1 105 125,12 $ |
1 335 844,22 $ |
| 6 |
12 % |
10 % |
1 237 740,13 $ |
1 469 428,65 $ |
| 7 |
35 % |
18 % |
1 670 949,18 $ |
1 733 925,80 $ |
| 8 |
25 % |
12 % |
2 088 686,48 $ |
1 941 996,90 $ |
| 9 |
-20 % |
2 % |
1 670 949,18 $ |
1 980 836,84 $ |
| 10 |
13 % |
8 % |
1 888 172,58 $ |
2 139 303,78 $ |
| Rendement moyen |
8 % |
8 % |
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| Valeur du placement initial de 1 million $ après 10 ans |
1 888 172,58 $
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2 139 303,78 $
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Différence 251 131,21 $
Comme Un
placement fructueux résulte en grande partie de l’absence de pertes, la diversification constitue un bon
moyen de protection
Le secteur du placement a
son propre vocabulaire pour décrire les événements ou les tendances qui le marquent. Par exemple, dans le
milieu, on parle de la «variabilité des rendements des investissements». Ainsi, alors que les investisseurs
se préoccupent des gains et des pertes, et qu’ils sont très heureux lorsque leur portefeuille est à la
hausse, les variations à la baisse, à savoir les «pertes», n’ont pas la cote.
Pour vraiment faire des gains sur placement, il faut limiter les pertes. Prenons l’exemple de deux
portefeuilles de un million de dollars chacun. (Voir «Volatilité du portefeuille» ci-dessus.) Les deux
portefeuilles ont un taux de rendement moyen de 8 % sur 10 ans. Le portefeuille 1 est plus volatil
et affiche des gains et des pertes plus importants; il s’agit d’un portefeuille non diversifié, représentatif
de la composition de l’indice S&P/TSX. Le portefeuille 2 est diversifié et comprend de nombreuses
catégories d’actifs. Il génère souvent un rendement moindre que le portefeuille 1. Par contre, au cours
des années où le portefeuille 1 subit des baisses, le portefeuille 2 reste stable.
Dans le portefeuille 1, on constate des pertes pour trois des dix années présentées, soit les années
3, 5 et 9. Les pertes des troisième et neuvième années surviennent près des fins d’exercice et freinent
considérablement la croissance du portefeuille. Les pertes sont asymétriques, de sorte que si la valeur de un
dollar investi perd 20 % (pour s’établir à 0,80 $), l’investisseur doit obtenir un rendement de
31 % sur ses 0,80 $ pour revenir à la valeur de 1 $. Lorsque les titres perdent 99 % de
leur valeur, comme dans le cas des actions de Nortel, il y a très peu de chance de récupération. En outre,
les investisseurs réagissent beaucoup plus fortement aux pertes qu’aux gains.
Dans le portefeuille 1, au cours des années 6, 7 et 8, les rendements sont de 12, 35 et 25 %, pour un
total de 72 %. Il s’agit du type de gains que l’on voit dans une conjoncture cyclique de reprise
d’activité. De 1998 à 2000, les gains importants étaient attribuables au secteur technologique et ont été
suivis d’un recul de 41 %.
Au cours des trois dernières années, le marché boursier canadien a généré des rendements importants
provenant de trois secteurs seulement : le pétrole et le gaz, les produits miniers et les services
financiers. En 2005, le secteur pétrolier et gazier a à lui seul généré 60 % des gains de la Bourse de
Toronto. Les prix des combustibles fossiles pourraient grimper indéfiniment, mais ils ne garderont pas le
même rythme rapide, car l’inflation augmentera et la consommation diminuera. Au cours du premier trimestre de
2006, ces trois secteurs représentaient 75 % des titres inscrits à la Bourse de Toronto.
Au cours des 15 dernières années, la volatilité du marché s’est accrue. Alors que les hausses du cours des
actions sont rapides, les baisses sont soudaines. Il est très difficile pour l’investisseur moyen de se
débarrasser de titres avant tout le monde lorsque les mouvements sont imprévisibles.
Examinons les rendements des années 5 à 9. Ils sont de -15, 12, 35, 25 et -20 %. Ces variations
signifient que la valeur cumulative d’un dollar pour les années 5 à 9 serait de 1,28 $ la neuvième
année, même si le rendement total des trois années intermédiaires a été de 72 %. Si le recul de
l’année 9 (-20 %) était moins important mais plus durable, disons 7 % par année pendant trois
ans, les rendements cumulatifs du portefeuille auraient également subi une hausse.
Il est possible de réduire le risque de portefeuille au moyen de la diversification. Comme nous l’avons
déjà mentionné, le portefeuille 1 est représentatif de l’indice S&P/TSX. Nous pouvons ajouter des
titres à court terme, des obligations, des actions américaines, des actions de sociétés canadiennes et
américaines à faible capitalisation et des titres des marchés émergents et du marché immobilier. Ces actifs
ne suivent pas tous le même cycle de marché. Une bonne conception du portefeuille réduit la volatilité grâce
à l’ajout de catégories d’actifs non liées, même si cette façon de faire donne également lieu à des
rendements moindres certaines années. Au cours des années 6, 7 et 8, le rendement du portefeuille 1 a
été de 12, 35 et 25 %, alors que celui du portefeuille 2, diversifié, a été de 10, 18 et 12 %.
L’absence complète de pertes du portefeuille 2 au cours des trois années de baisse du
portefeuille 1 compense largement les rendements moindres. Dans la réalité, un investisseur congédierait
son conseiller pendant ces trois années.
Au cours de l’année 8, le portefeuille 2 a gagné 2 % tandis que le portefeuille 1 a perdu
20 %. Il s’agit d’un rendement remarquable de 22 %, qui pourrait malgré tout échapper à l’attention
de l’investisseur moyen. Avec le recul, l’investisseur aurait préféré obtenir un rendement fixe de 4 %.
Diversifier un portefeuille ne signifie pas faire les bons choix d’une année à l’autre.
Il faut oublier les rendements absolus. La presse financière présente beaucoup de chiffres. Bien sûr, si
vous avez investi un dollar exactement pendant la période de mesure, vous obtiendrez le même rendement que
celui annoncé. La plupart des investisseurs font toutefois des placements au fil du temps et non en un seul
versement. Rares sont les périodes de mesure de rendement qui correspondent aux périodes de placement.
Quelques jours de différence peuvent produire des écarts significatifs.
Les statistiques sur les placements ont tendance à reposer fortement sur les fins d’exercice. Il est vrai
que les fiducies de revenu ont connu un rendement annuel moyen de 20 % pendant trois ans. Mais ces
fiducies n’existent que depuis environ trois ans. En octobre 2005, votre fiducie de revenu aurait perdu
10 % de sa valeur, mais cette baisse d’une durée d’un mois, fort désagréable pour le rentier, n’est pas
présentée dans le rendement total sur trois ans.
Certaines agences de notation vantent les rendements récents de leurs produits vedettes. Il ne suffit
toutefois pas de trois bonnes années pour avoir un fonds «cinq étoiles». Il faut compter 10 ans et examiner
les chiffres de chacune de ces 10 années. Les rendements composés sur 5 ans peuvent être passables, mais les
rendements composés sur 10 ans, meilleurs. Les chiffres pour 6 ou 7 ans peuvent eux aussi sembler peu élevés.
Comme on l’indique dans les prospectus, les résultats passés ne sont pas indicatifs des rendements
futurs.
Pour l’avenir, il sera raisonnable de s’attendre à des rendements de 6 à 8 % et, dans un contexte de
faible inflation et de faibles taux d’intérêt, à des rendements moindres. En diversifiant votre portefeuille,
vous pouvez mieux vous protéger contre les pertes. Le Canada ne représente que 2 % du marché mondial des
actions et il surpasse rarement les marchés étrangers. Bien sûr, le dollar américain a reculé et l’indice
S&P a produit de très faibles rendements depuis sept ans. Il faut toutefois se rappeler que, si
l’économie américaine ralentit, il en va de même pour toutes les autres économies du monde. Assurez-vous de
détenir des obligations, des liquidités, des titres de sociétés de marchés émergents et des titres de
sociétés à faible capitalisation.
Vous pouvez aussi examiner les évaluations de la volatilité des fonds communs de placement que fournissent
des sociétés comme Morningstar ou Globe Hysales. Ciblez les fonds de placement visant un rendement supérieur,
à faible risque. Repérez la meilleure et la pire performance de la période. Observez le style de placement
des gestionnaires. Les fonds axés sur la valeur et la croissance à un coût raisonnable sont moins
volatils.
Si les rendements absolus ne sont pas importants, qu’est-ce qui l’est? Demandez à un planificateur
financier de vous préparer un plan financier. Déterminez le montant de capital qu’il vous faut pour atteindre
l’indépendance financière et faites un suivi chaque année. Si vous n’êtes pas satisfait des rendements de vos
placements, augmentez votre capital, travaillez plus longtemps, réduisez vos cibles en vue de la retraite ou
examinez plus attentivement l’incidence de l’impôt sur la valeur de votre portefeuille.
Visez les gains en capital et les revenus de dividendes canadiens et assurez-vous de profiter de la
possibilité de fractionnement du revenu.
Demandez à votre planificateur financier de vous préparer un énoncé de politique de placement (une
formulation mathématique des rendements attendus de la répartition des actifs d’un portefeuille donné), qui
vous aidera à circonscrire vos attentes. Vous pouvez ainsi gérer votre tolérance au risque.
La presse fait ressortir les rendements absolus. Mais un placement fructueux résulte en grande partie de
l’absence de pertes ou de la limitation de celles-ci. Diversifiez votre portefeuille pour mieux vous protéger
contre les baisses. Et accordez plus d’attention à l’accumulation de capital qu’au taux de rendement de la
dernière année.
Ian Davidson,
M.B.A., CFP, CA, RFP, est conseiller financier principal et vice-président chez Gestion de capital Assante,
et il dirige la présente rubrique
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