Sauter des chiffres aux notes
Par Margaret Jetelina
Assis à son piano à queue, qui occupe une grande place dans son minuscule loft de Vancouver, Darren Lee, ancien directeur en fiscalité de KPMG, s’investit tout entier dans le romantisme de Ravel, Albéniz et Rachmaninoff. Il sourit en allongeant la dernière note et dit : «C’est grâce à la musique que je reste sain d’esprit. On peut transmettre dans la musique beaucoup d’émotions qui ne s’expriment pas avec des mots.» Et, en vue des récitals et de sa participation à des concours internationaux à venir, Darren répète actuellement jour et nuit.
Le prochain concours, le Boston International Piano Competition for Exceptional Amateurs, qui aura lieu en juin, rassemble une quarantaine de pianistes du monde entier. Puis, en 2006, Darren Lee se présentera au prestigieux Concours des grands amateurs de piano à Paris. Ces deux événements offrent des prix en argent et l’occasion de se produire en récital. «Je suis au début de ma “carrière” dans les concours internationaux», explique-t-il.
Darren Lee, qui est âgé de 30 ans, avait été finaliste au Concours de musique du Canada dans les années 1990, mais avait mis ses aspirations musicales en veilleuse afin de se doter d’un filet de sécurité : une carrière en comptabilité. «Après tout, la musique est un domaine difficile dans lequel nombre de gens talentueux ne réussissent pas à percer, dit-il. C’est une question d’offre et de demande. Or, la demande n’est pas assez grande.» (Il faut bien un comptable pour résumer la situation à l’aide d’un principe économique…) «Je ne voulais pas être obligé d’enseigner le piano pour subvenir à mes besoins», ajoute-t-il. Darren a donc pris le temps de s’établir comme comptable puis, en octobre 2004, il a quitté KPMG pour se concentrer sur le piano. Il accepte maintenant des contrats de consultation, donne des cours de préparation à l’EFU et rédige du matériel pédagogique pour les programmes CFA et CPA.
Incompatibles la musique et la comptabilité? Pas pour Darren, qui dit : «L’exécution d’une pièce musicale relève bien plus de l’analyse que de l’art. Nombre de problèmes techniques sont réglés avec la même rigueur qu’en comptabilité.»
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