septembre 2004 — ÉDITION IMPRIMÉE    
 
Contenu
   
 

Les nouveaux logiciels qui peuvent faire une différence

Enquête 2004 sur les systèmes comptables et ERP*

Michael Burns

Par Michael Burns

*Il s'agit de la version intégrale de la chronique Banc d'essai parue dans le numéro de CAmagazine de septembre 2004.

Voici donc notre sixième enquête annuelle sur les systèmes comptables et ERP. Plus vaste et améliorée, la présente édition s'enrichit de nouveaux produits majeurs, dont les produits SAP, qu'on ne retrouvait pas les années précédentes. La plupart des fournisseurs de systèmes comptables et ERP ont constaté que l'un des meilleurs moyens d'attirer de nouveaux clients est de passer par les CA… et que l'un des meilleurs moyens de joindre les CA est l'enquête annuelle publiée dans CAmagazine. Certains fournisseurs n'y figurent pas, cependant, le grand absent étant PeopleSoft.

L'enquête regroupe des données nouvelles et mises à jour pour 57 produits, en date de juin 2004. Autre nouveauté, les fournisseurs ont été invités à donner les pourcentages de leurs ventes par industrie à partir du Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN). (Voir www.naics.com/info.htm#Structure pour en savoir plus sur le SCIAN.) Chaque industrie a ses caractéristiques propres et le fait d'utiliser un produit conçu pour une industrie en particulier présente des avantages. De plus, les responsables de l'implantation connaissent bien les meilleures pratiques pour chaque industrie. Plutôt que d'avoir à les initier aux rudiments de votre industrie, vous devriez pouvoir compter sur eux pour faire des suggestions d'amélioration.

Nous avons ajouté les données tirées du SCIAN notamment en raison du regroupement continu des fournisseurs de systèmes comptables et ERP. Le marché est maintenant composé de géants (Microsoft, Best Software, SAP, etc.) qui comptent un nombre incalculable d'installations, qui ont des partenaires dans toutes les grandes villes, et qui investissent des sommes considérables dans la R et D et le marketing. Les fournisseurs plus petits ne peuvent rivaliser avec eux qu'en se distinguant, c'est-à-dire en ciblant une industrie ou quelques-unes (plus elles sont spécialisées, mieux c'est). Aussi, si vous songez à changer de système, pensez aux grands noms, mais jetez aussi un coup d'œil du côté des fournisseurs plus petits qui misent sur votre industrie.

Vous savez sûrement que ACCPAC et BusinessVision ont été achetées par Sage Group, également propriétaire de Best Software, un des plus grands fournisseurs mondiaux de systèmes pour les petites et moyennes entreprises (PME). Avec l'acquisition d'ACCPAC, l'entreprise a un chiffre d'affaires prévu de plus de 1 milliard de dollars US, et compte plus de 4 millions d'utilisateurs et près de 20 000 partenaires dans la distribution et le développement de logiciels. Selon Vasu Desikachary, directeur général de Best Canada, l'entreprise domine maintenant le marché canadien de la PME. Les produits de Best, notamment MAS 90, MAS 200 et MAS 500, sont populaires aux États-Unis, et ACCPAC et BusinessVision le sont au Canada. La stratégie de Best consiste en partie à disposer d'une masse critique de produits MAS suffisante pour rivaliser avec les autres grands fournisseurs de logiciels. Selon Vasu Desikachary, l'entreprise axera ses efforts de marketing sur les produits vedettes dans chaque pays, ce qui signifie qu'elle mettra l'accent sur ACCPAC au Canada. Comme lors des autres acquisitions de Best, ACCPAC Advantage, ACCPAC Simply Accounting et BusinessVision conserveront leur identité et leur équipe de développement.

Le lancement de SAP Business One a été un autre fait marquant de la dernière année; la nouvelle suite est destinée aux entreprises dont le chiffre d'affaires s'échelonne entre 5 et 100 millions de dollars. SAP Business One n'est pas une version allégée du système haut de gamme de SAP (mySAP ERP), mais un produit entièrement différent. SAP a fort à faire pour en finir avec le mythe selon lequel ses produits sont trop complexes et trop chers pour les PME. (Voir la chronique Banc d'essai dans le numéro d'août 2004 de CAmagazine pour en savoir plus sur SAP Business One ou cliquer ici). SAP nous a fourni trois sondages, un sur mySAP ERP, un autre sur SAP Business One et un dernier sur mySAP All-in-One, qui vise les entreprises dont le chiffre d'affaires se situe entre 100 et 250 millions de dollars. Cette version réduite de mySAP ERP est préconfigurée pour des secteurs d'activité particuliers.

Cette année, notre enquête inclut une grande variété de systèmes comptables et ERP, allant de QuickBooks à SAP. Pour vous aider à vous y retrouver, nous avons placé chaque système dans une catégorie tenant compte du chiffre d'affaires des clients et du coût. Il s'agit d'une manière pratique mais imparfaite de faire la distinction entre les systèmes. Par exemple, une organisation au chiffre d'affaires peu élevé peut avoir une vision internationale ou des processus d'affaires complexes qui la font passer dans une catégorie supérieure. De façon générale, on peut dire qu'il y a un problème si on compare des systèmes qui sont distants de deux catégories.

Catégorie 1

Catégorie 2

Catégorie 3

Catégorie 4

Catégorie 5

Chiffre d'affaires des clients

> 100 M$

> 50 M$

> 10 M$

> 5 M$

< 5 M$

Droits de licence

> 300 K$

> 150 K$

> 50 K$

> 5 K$

> 100 K$

Frais d'implantation : droits de licence

> 2:1

> 1,5:1

> 1:1

> 0,5:1

< 0,5:1

Vous avez peut-être remarqué que nous avons modifié les critères par rapport à l'année dernière. Nous avons réduit considérablement le chiffre d'affaires dans les catégories 1 à 3. La raison en est que les fournisseurs ciblent les entreprises du marché intermédiaire, la majorité des grosses prises ayant déjà été faites.

Vous vous demandez peut-être quelle est la différence entre un système ERP et un système comptable. À l'origine, on considérait les systèmes ERP comme une solution intégrant tous les processus d'affaires d'une même organisation, tandis que les systèmes comptables n'étaient jugés pertinents que pour les finances. Le rayon d'action de la plupart des systèmes comptables est beaucoup plus large aujourd'hui et l'écart avec les systèmes ERP a été comblé. Toutefois, les deux types de systèmes ne font pas justice généralement aux organisations de services, qui nécessitent des applications d'automatisation des services professionnels (PSA). (Pour en savoir plus au sujet des systèmes PSA, voir la chronique Banc d'essai dans le numéro de mars 2004 de CAmagazine ou cliquer ici.). Dans notre enquête sur les logiciels comptables et ERP, vous trouverez des produits axés sur les finances, la distribution et la fabrication plutôt que sur la gestion des feuilles de temps, la facturation horaire, la gestion des opportunités, la gestion des ressources et la gestion des connaissances, toutes des activités qui sont associées aux systèmes PSA.

Tendances
La bonne nouvelle pour les acheteurs est que les fournisseurs se livrent une guerre sans merci pour conquérir les clients. Les gros fournisseurs qui ont pénétré le marché sont prêts à acheter des parts de marché et ont l'argent nécessaire pour le faire. Cette situation a créé des pressions énormes sur les prix et vous pouvez vous attendre à des réductions auprès de la quasi-totalité des fournisseurs. Ceux-ci se sont rendu compte également que le gros de leur chiffre d'affaires provient des clients existants. Ils ont suivi l'exemple des experts-comptables en ce sens que leurs clients représentent une source de revenu régulière. Les fournisseurs facturent environ 18 % en frais de maintenance par année, selon le prix courant plutôt que le prix réduit. Ils font de l'argent également lorsque leurs clients achètent des licences supplémentaires ou de nouvelles fonctions. Dans le passé, les clients considéraient comme raisonnable de conserver le même système pendant cinq ans. Aujourd'hui, cela ne suffit plus. Personne ne veut passer par une implantation qui prend beaucoup de temps et qui coûte cher à moins qu'elle ne soit absolument nécessaire.

Autre tendance importante, les affaires occupent à nouveau le premier plan. Sans analyse de rentabilisation convaincante, aucun investissement n'est fait dans la technologie. Dans certains cas, les résultats de l'analyse sont évidents parce que le système en place ne bénéficie plus d'un soutien ou qu'il ne correspond plus à la taille de l'organisation. La solution haut de gamme ne constitue pas toujours le meilleur choix et vous devez avancer des arguments solides pour justifier votre choix. Vous constaterez que les fournisseurs sont tout à fait disposés à vous aider à préparer votre analyse de rentabilisation, mais ne vous fiez pas aveuglément aux chiffres qu'ils vous donnent, compte tenu de leur manque d'indépendance.

La question des analyses de rentabilisation pourrait faire l'objet d'un article à elle seule. Nous allons cependant l'aborder brièvement ici. Premièrement, il faut savoir qui prépare les analyses. Souvent, ce sont les personnes mêmes qui ont le plus à gagner de l'acquisition de la technologie. Leur manque d'indépendance n'est peut-être pas aussi flagrant que celui du fournisseur, mais cela n'en constitue pas moins un problème. Autre préoccupation : les connaissances insuffisantes sur la façon de préparer une analyse de rentabilisation. Le problème ne tient pas aux calculs réels tels que le rendement de l'investissement, la valeur actualisée nette ou le taux de rendement interne mais plutôt aux hypothèses sous-jacentes, qui ne sont peut-être pas complètes, exactes ou raisonnables.

Les services Web semblent vouloir s'imposer comme la tendance de l'heure. Si HTML a permis à tous les internautes de lire une page Web à partir de n'importe quel ordinateur ou système d'exploitation, les services Web et le langage eXtensible Markup Language (XML), une composante des services Web, permettront à toutes les entreprises de s'échanger des données. Par exemple, il sera possible d'envoyer vos bons de commande à votre fournisseur par voie électronique et de recevoir sa facture sans aucune refrappe. Tous les grands développeurs travaillent actuellement à adapter leurs logiciels aux services Web.

Les services Web constituent un élément clé de la plate-forme Microsoft.NET. Le système d'exploitation Microsoft Windows de la prochaine génération (Longhorn) sera articulé autour de la technologie .NET, et Microsoft met au point une application de gestion unifiée entièrement nouvelle qui remplacera un jour ses produits actuels. Les nouveaux produits Microsoft Business Solutions dépendront des versions Longhorn des systèmes d'exploitation client et serveur de Microsoft. Bien que Microsoft ait déjà lancé les applications CRM et Business Portal, qui ont été mises au point à l'aide de la technologie Microsoft.NET, il faudra attendre encore plusieurs années pour voir la nouvelle application d'affaires unifiée. Entre-temps, Microsoft protégera l'investissement de ses clients dans la technologie Microsoft Business Solutions. Le client pourra passer à la nouvelle version sans frais supplémentaires à condition qu'il utilise toujours les dernières mises à niveau et que les fonctions du produit en place et du nouveau soient équivalentes.

Microsoft n'a aucunement l'intention de s'asseoir sur ses lauriers en attendant la sortie de la version .NET. Selon Nancy Teixeira, directrice de produits Microsoft Business Solutions pour les solutions ERP, la société lancera de nouvelles versions de tous ses systèmes ERP, dont Microsoft Great Plains, Microsoft Navision, Microsoft Solomon et Microsoft Axapta, au cours du prochain exercice. Mme Teixeira a indiqué que le lancement le 21 juin de la version 8.0 de Microsoft Business Solutions Great Plains constituait la plus importante mise à jour de l'histoire de Microsoft Great Plains. Le produit a maintenant un aspect et un comportement très proches de ceux de Microsoft Outlook, et des améliorations ont été apportées aux volets distribution, fabrication, comptabilité de projet et analytique.

L'analytique est une autre tendance qui s'impose. Les systèmes ERP créent des volumes de données énormes qui sont difficiles à analyser. Une partie du problème tient au fait que les systèmes comptables traditionnels découpent l'information financière à partir d'une structure comptable. Un grand nombre de systèmes traditionnels offrent des structures comptables considérables qui peuvent être divisées en segments pour la production de rapports sur les services, les centres de coût, les régions ou même les projets. Cette méthode mène à un plan comptable volumineux et néglige des données importantes qui ne parviennent pas jusqu'au grand livre. À l'heure actuelle, plusieurs entreprises offrent des codes d'analyse qui peuvent être joints à des opérations, à des comptes, à des clients, à des fournisseurs, etc. Ne vous laissez pas duper par les fournisseurs qui disent que vous pouvez y arriver en ajoutant des zones définies par l'utilisateur. Les codes d'analyse doivent être intégrés au système pour qu'un rapport financier quel qu'il soit puisse être généré en vue de la sélection et du tri.

L'analyse n'est pas qu'une affaire de codes. Elle a été associée également à la veille stratégique, à l'aide à la prise de décisions et aux systèmes d'information pour les dirigeants. (Pour en savoir plus sur la veille stratégique, voir la chronique Banc d'essai dans le numéro de juin-juillet 2004 de CAmagazine ou cliquer ici.) Un grand nombre de fournisseurs de systèmes ERP s'en remettent à des systèmes de tierce partie comme Cognos ou Hyperion pour l'analytique. Il faut savoir également que l'analytique est une composante de la gestion des performances (BPM), qui comprend également la consolidation, les prévisions et la gestion des mesures. La technologie BPM fait maintenant sensation en raison notamment de la Loi Sarbanes-Oxley, qui exige que les chefs de la direction et les directeurs financiers des sociétés américaines cotées en bourse certifient que leurs états financiers et les informations fournies donnent une image fidèle des activités et de la situation financière de la société, et donnent l'assurance qu'une structure de contrôle interne adéquate est en place. Beaucoup de systèmes ERP ne fournissent pas les outils nécessaires à la conformité à la Loi Sarbanes-Oxley. (Pour en savoir plus sur la technologie BPM, voir la chronique Banc d'essai dans le numéro de décembre 2003 de CAmagazine, ou cliquer ici.)

Autre tendance importante à l'heure actuelle, la gestion des relations clients (CRM) qui regroupe tous les systèmes ayant un lien avec les clients : gestion des contacts, automatisation du marketing, automatisation de la force de vente et gestion des services. Jusqu'à tout récemment, les systèmes CRM étaient considérés comme des solutions frontales complémentaires des systèmes administratifs ERP. On trouve aujourd'hui quelques systèmes ERP qui masquent la distinction entre les systèmes frontaux et administratifs en offrant une solution unifiée. De plus, les coûts des solutions CRM ont chuté de façon spectaculaire ces dernières années et les PME sont devenues la principale cible des fournisseurs dans ce domaine.

Dernier point, l'automatisation des processus qui porte notamment sur l'acheminement des bons de commande pour l'approbation par voie électronique ou les avis à la direction lorsque les livraisons sont en retard. Dans le passé, seuls les fournisseurs des catégories supérieures offraient cette fonction. On trouve maintenant des fournisseurs du marché intermédiaire qui proposent l'automatisation des processus à la fois pour se distinguer de la concurrence et pour offrir un rendement de l'investissement supérieur à leurs clients.

Sondage auprès des clients
Nous innovons cette année en proposant un sondage impartial sur les systèmes comptables et ERP; tous les CA du pays seront invités à y participer. L'enquête permettra d'évaluer les systèmes comptables et ERP, les fournisseurs et les responsables de l'implantation en plus de fournir des statistiques sur les avantages potentiels. Nous publierons les résultats dans un numéro ultérieur de CAmagazine.

Veuillez prendre quelques minutes de votre temps pour remplir le sondage ici. Nous ne pouvons accepter qu'un sondage dûment rempli par organisation et seuls les CA peuvent participer.

Conclusion
La conversion à un nouveau système entraîne habituellement des coûts élevés et des perturbations pour une organisation. Ce sont parfois les coûts internes liés à l'implantation, plutôt que les droits de licence, les honoraires de consultation ou les coûts du nouveau matériel, qui font le plus mal. L'adoption d'un nouveau système constitue toutefois une occasion exceptionnelle d'améliorer les processus d'affaires et, au bout du compte, d'obtenir un bon rendement de l'investissement.

Si le processus d'implantation est une source de stress pour les employés, il génère aussi de l'enthousiasme et des gratifications. Affectez vos employés les plus talentueux au projet; ils devront être bien informés sur le processus en place, jouir du respect de leurs collègues et de la direction, et démontrer une attitude positive. «C'était le meilleur et le pire des temps» : cette citation de Charles Dickens aurait pu s'appliquer à l'implantation des systèmes ERP.


Michael Burns, M.B.A., CA, est président de 180 Systems (www.180systems.com), qui offre des services conseils indépendants notamment sur l'analyse des processus d'affaires, la préparation d'analyses de rentabilisation et la sélection de systèmes. On peut le joindre au 416 963-1296 ou à mburns@180systems.com.

 
LIENS CONNEXES
  

Cinquième enquête annuelle sur les systèmes comptables et ERP *, par Michael Burns, CAmagazine, septembre 2003