Rupture des communications
L'autoroute électronique devait ouvrir la voie à des entreprises qui élaboreraient des produits de divertissement et fourniraient des services de communication groupés, diffusés par des canaux uniques. Certains se sont lancés à la poursuite du Saint-Graal de la convergence et ont souvent obtenu des résultats désastreux. Dans un univers de 500 canaux, on cherche toujours la convergence.
CHIMÈRES On découvre le potentiel de la convergence au début des années 1990, mais les possibilités sont limitées par la réglementation gouvernementale qui bloque l'accès à la radiodiffusion pour les télécoms et qui empêche les entreprises de téléphonie d'établir des liens avec les câblodistributeurs. Selon Robert Kearney, président de Bell Canada, «le temps est venu d'ouvrir tous les marchés des télécommunications».
AU BOUT DU FIL La convergence fait une entrée fracassante au printemps de 1993, lorsque U.S. West, un fournisseur régional de services téléphoniques des États-Unis, annonce l'acquisition de 25,5 % du géant Time Warner Inc. Au Canada, moins d'un an plus tard, Rogers Cable dépose une offre publique d'achat de 3,1 milliards sur l'éditeur Maclean-Hunter Ltd.
IMPOSSIBLE RÊVE? Au milieu des années 1990, la convergence ressemble déjà à un gouffre. Pour le Wall Street Journal, il s'agit d'une «autoroute de l'exagération», dont les coûts seront élevés et qui ne suscite qu'un «intérêt limité». Entre-temps, en janvier 1995, un sondage révèle que 31 % des Canadiens n'ont jamais entendu l'expression «autoroute de l'information».
PROACTIVITÉ L'acquisition précipitée de partenaires plonge certaines sociétés dans un endettement sévère, mais le mariage spectaculaire de Time Warner et du pionnier d'Internet AOL en 2000 lance une autre vague de regroupements au Canada. En 2001, Téléglobe, CTV et The Globe and Mail sont avalés par BCE, et Quebecor se porte acquéreur du Groupe Vidéotron.
RETOUR À LA CASE DÉPART En 2004, l'architecte de la stratégie désastreuse de BCE est parti et son remplaçant ramène la société à se focaliser de nouveau sur son ancien secteur d'activité principal, les télécommunications. Du côté d'AOL Time Warner, la valeur pour les actionnaires a chuté de 180 milliards dans l'année qui a suivi le regroupement.
S. Brearton
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