mars 2004 — ÉDITION IMPRIMÉE    
 
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Vérifications nouveau genre

Par Jim Carroll

Pour les comptables en cabinet et en entreprise, il n'est pas nécessairement facile de déterminer précisément les opportunités et responsabilités que leur réserve l'avenir. Ainsi, qui aurait pu prévoir les lourdes exigences qu'imposerait la Loi Sarbanes-Oxley?

Pourtant, en se tenant à l'affût, il est possible de repérer des événements susceptibles d'avoir une incidence sur notre profession. Prenons par exemple une situation récente mettant en cause Diebold Electronic Systems, un fabricant de systèmes de vote électronique utilisés dans un nombre croissant d'États américains.

L'été dernier, un chercheur universitaire a constaté que certains documents qu'il avait découverts dans une section publique du site Web de Diebold comportaient le code source des machines à voter. Après examen, il a conclu que le code révélait un certain nombre de défauts de sécurité critiques, susceptibles de permettre la «manipulation du vote». Préoccupé par la question, il a posté ses constatations sur le Web, accompagnées des documents originaux. La nouvelle s'est vite répandue dans Internet, et Diebold s'est retrouvée sur la sellette. De nombreux observateurs ont fait remarquer qu'en plus, les machines ne comportaient aucune piste de vérification papier. En conséquence, quelqu'un aurait pu manipuler des résultats d'élections sans laisser de trace.

Les événements se sont bousculés par la suite. D'abord, Diebold a rapidement réagi en menaçant de poursuivre le chercheur pour atteinte au droit d'auteur en vertu du Digital Millennium Copyright Act. Cela n'a fait qu'ajouter de l'huile sur le feu : furieux parce que Diebold semblait tenter de camoufler un problème assez grave, les gens se sont mis à poster les documents sur leurs sites Web. Même un membre du Congrès, alarmé par ce qu'il avait vu, a créé un lien depuis son site vers les documents subtilisés, mettant ainsi Diebold ouvertement au défi de corriger la situation. Inquiets, les responsables électoraux de la Californie ont rapidement exigé qu'à l'avenir, toutes les machines à voter susceptibles d'être utilisées devraient faire l'objet d'un examen de la sécurité et comporter une piste de vérification papier appropriée.

Prenant conscience qu'elle était en train de perdre une bataille de relations publiques de plus en plus féroce, Diebold fit marche arrière et laissa tomber sa poursuite, au moment même où on annonçait que l'Electronic Frontier Foundation, une organisation qui tente de sauvegarder la liberté dans l'ère numérique, allait défendre le chercheur, voyant là un enjeu lié à certains aspects fondamentaux de la démocratie.

En quoi cette situation peut-elle nous éclairer sur l'avenir de notre profession? C'est simple : nous serons de plus en plus sollicités pour participer à la conception, au développement, à l'implémentation et à l'utilisation des systèmes de traitement d'opérations non financières.

Cet exemple porte sur des faits survenus aux États-Unis, mais il laisse présager ce qui nous attend. Alors que l'automatisation envahit d'autres sphères de la société, nous devons veiller à l'intégrité de notre monde où la technologie devient omniprésente et être prêts à offrir notre expertise, tant pour le déploiement que pour l'utilisation. En fait, il faut s'attendre à ce que les comptables jouent un rôle de plus en plus important dans la vérification, non seulement des systèmes de vote électronique, mais de bien d'autres systèmes.

Pour en savoir plus sur le vote électronique

Commentaires du secrétaire d'État de la Californie sur le vote électronique
 www.ss.ca.gov/executive/press_releases/2003/03_106.pdf

Page d'Electronic Frontier Foundation sur le vote électronique  www.eff.org/activism/e-voting

Vérified Voting  http://www.verifiedvoting.org


Jim Carroll, FCA ( jcarroll@jimcarroll.com ou www.jimcarroll.com ), est un auteur, chroniqueur et conférencier bien connu.